Abécédaire liturgique

1. Acolyte 2

2. Action de grâce 2

3. Adoration 2

4. Adoration du saint sacrement 3

5. Agenouillement 3

6. Agnus Dei 3

7. Alleluia 3

8. Alliance 4

9. Ambon 4

10. Amen 4

11. Anamnèse 5

12. Anaphore 5

13. Année liturgique 5

14. Antienne 6

15. Ascension 6

16. Aspersion 6

17. Assemblée 7

18. Assomption 15 août 7

19. Attitudes liturgiques 8

20. Aube 8

21. Autel 8

22. Avent 8

23. Azyme 9

24. Baiser de paix 9

25. Baisers liturgiques 9

26. Baptême du Seigneur 9

27. Baptême sacrement 9

28. Bénédiction 10

29. Bénédiction du St Sacrement 10

30. Bréviaire 10

31. Calice 11

32. Canon 11

33. Canon n°01 11

34. Canon n°02 d’après Hippolyte 12

35. Canon n°03 12

36. Canon n°04 d’après St Basile 13

37. Canon n°05 et 06 réconciliation 13

38. Canon n°07, 08 et 09 pour assemblées d’enfants 13

39. Canon n°10 pour les grands rassemblements 13

40. Cantiques 14

41. Carême 1 14

42. Carême 2 14

43. Cathédrale 14

44. Cendres 14

45. Chandeleur 14

46. Chapelet 15

47. Chasuble 15

48. Chemin de croix 16

49. Chœur 16

50. Christ 16

51. Christ roi 17

52. Ciboire 17

53. Cierge 17

54. Cieux 17

55. Clerc 18

56. Collecte 18

57. Communauté 18

58. Communion 18

59. Communion sacrement 19

60. Complies 19

61. Concélébration 19

62. Confirmation sacrement 19

63. Consécration 20

64. Couleurs liturgiques 20

65. Crédence 20

66. Credo 20

67. Culte 20

68. Culte de latrie et de dulie 21

69. Culte des saints 21

70. Dalmatique 22

71. Date de pâques 22

72. Dédicace 22

73. Dédicace de la cathédrale 22

74. Dimanche 23

75. Doxologie 23

76. Église 23

77. Embolisme 24

78. Encens 24

79. Enfants de chœur 24

80. Envoi 25

81. Épiclèse 25

82. Épiphanie 25

83. Étole 25

84. Eucharistie 26

85. Évangéliaire 26

86. Férie 26

87. Fêtes de Marie 26

88. Fêtes du Christ 27

89. Fraction du pain 27

90. Funérailles 1 28

91. Funérailles 2 28

92. Génuflexion 28

93. Gloire de Dieu 29

94. Gloria in excelsis Deo 29

95. Grâce 29

96. Graduel 29

97. Heure médiane 30

98. Homélie 30

99. Hosanna 30

100. Hostie 31

101. Hymnes 31

102. Institutions 31

103. Invitation avant les lectures 31

104. Invitation et réponse après les lectures 31

105. Jeûner 32

106. Jubilé 32

107. Kyrie 32

108. Langue liturgique 33

109. Laudes 33

110. Lavabo 33

111. Lecteur 33

112. Lectio divina 34

113. Lectionnaire 34

114. Lecture (office des) 34

115. Les 7 jours avant noël 35

116. Linges d’autel 35

117. Liturgie 1 35

118. Liturgie 2 36

119. Liturgie dans la vie 36

120. Liturgie des heures 36

121. Louange 36

122. Mariage sacrement 37

123. Mémoire des fidèles défunts 37

124. Mémorial 37

125. Messe 37

126. Messe chrismale 38

127. Ministre 38

128. Miséricorde 38

129. Mois d’Octobre, mois du rosaire 39

130. Mois de Juin mois du Sacré Cœur 39

131. Mois de mai mois de Marie 40

132. Noël 40

133. Octave 40

134. Offertoire 41

135. Offertoire 2 origine 41

136. Office des lectures 41

137. Offrandes 41

138. Onction des malades, sacrement 42$

139. Oraisons 42

140. Ordo 42

141. Ostensoir 42

142. Paix 42

143. Pallium 43

144. Pâque 43

145. Participation 1 43

146. Participation 2 des fidèles 43

147. Participation 3 respect des rôles 44

148. Patène 44

149. Pèlerinage 44

150. Pénitence 44

151. Pentecôte 45

152. Piété 45

153. Place de la liturgie dans la vie chrétienne 45

154. Postcommunion 45

155. Prænotandæ 45

156. Préface 46

157. Présidence de la liturgie 46

158. Président 46

159. Prier 46

160. Prière universelle 47

161. Procession 47

162. Prostration 47

163. Psalmodie 48

164. Psaumes – psautier 48

165. Rameaux 48

166. Récipients pour la messe 48

167. Réconciliation sacrement 49

168. Relique 49

169. Rendre grâce 49

170. Repas du Seigneur 49

171. Report de fête 50

172. Retraite 50

173. Rite de la paix 50

174. Rite pénitentiel 51

175. Rite, rituel 51

176. Rites de la communion 51

177. Rites de la liturgie de la Parole 52

178. Rites de la liturgie eucharistique 52

179. Rites de préparation des offrandes 53

180. Rôles dans la liturgie 53

181. Rosaire 53

182. Rubrique 54

183. Sabaoth 54

184. Sacré cœur (fête) 54

185. Sacrement de l’ordre 54

186. Saint sacrement (fête) 55

187. Sainte trinité (fête) 55

188. Saints en liturgie 56

189. Sanctus ou trisagion 56

190. Scrutin 57

191. Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 57

192. Semaine sainte 57

193. Signe de croix 57

194. Solennité fête mémoire 58

195. Symbole 58

196. Synode 58

197. Tabernacle 59

198. Temps de la messe 59

199. Temps de Noël 59

200. Temps ordinaire 60

201. Temps pascal 60

202. Tierce sexte none 60

203. Toussaint 60

204. Transfiguration du Seigneur 61

205. Transsubstantiation 61

206. Triduum pascal 1 61

207. Triduum pascal 2 61

208. Triduum pascal 3 62

209. Vêpres 62

210. Vigile 62

211. Visitation 62

1. Acolyte

Du grec akolouthein « faire route avec, suivre ». Suivre Jésus, c’est la définition du disciple.

L’acolyte fait route avec l’évêque, le prêtre et le diacre, pour leur rendre les services liturgiques utiles. De nos jours, l’acolyte est essentiellement au service de l’autel.

L’acolyte est ministre extraordinaire – serviteur en renfort – de la distribution de la sainte communion, alors que prêtres et diacres en sont les ministres – serviteurs – ordinaires.

Pour cela, il est institué par l’évêque ou le supérieur majeur de l’ordre religieux. Le verbe instituer vient du latin instituo : placer dans, disposer, préparer, commencer, établir, organiser ; l’institution de l’acolyte participe de ces différents sens.

Ceux qui se préparent au sacrement de l’ordre doivent être institués acolytes (et lecteurs), mais on peut recevoir ce ministère sans être destiné ni au diaconat ni au sacerdoce.

Le service de l’acolyte, comme tout service de Dieu et du prochain prend tout son sens quand on écoute le Christ dire :

« Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Mt - 20 : 28

« Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. (Jn 13, 13-15)

Origine le 13 mai 2011, revu et réécrit le 17 juin 2016

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2. Action de grâce

Transcription du latin classique actio gratiarum = action de remercier.

Gratia signifie faveur, grâce. Gratias agere = remercier : c’est le même sens que  en grec, qui a donné eucharistie.

C’est dire qu’il s’agit

d’une action, donc pas quelque chose de passif, et

d’une réponse, après avoir reçu quelque chose de valeur.

C’est une expression qui court au long des psaumes, prière des juifs encore aujourd’hui, prière de Jésus, qu’il a appris de Marie et Joseph. C’est l’attitude chrétienne devant le don de Dieu en Jésus Christ. Toute prière devrait donc commencer par un merci.

Toute la vie chrétienne devrait être aussi action de grâce. Toute la liturgie est à vivre ainsi, mais spécialement dans la liturgie, la messe.

Plusieurs moments de la messe sont très marqués par ce sens, par exemple la préface (vraiment, il est juste et bon de te rendre grâce) et le moment où, après avoir communié, on se recueille un instant en silence ou accompagné par un chant ou une mélodie pour accueillir en nous corps et sang du Christ et lui dire merci de nous habiter.

Première version 2011 ; revu et réécrit le 8 juillet 2016

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3. Adoration

L’adoration est originellement la prière ou le discours (oratio) adressé (ad) à un quelconque interlocuteur, ce qui souligne la dimension relationnelle de cet acte.

Avant même d’exprimer une vénération ou une demande, l’adoration est ce geste de mettre la main à la bouche (ad os) pour envoyer un baiser à quelqu’un, ou de porter à la bouche le bord du vêtement de qui l’on veut honorer, ou encore de baiser la terre en signe de respect. Ces gestes étaient pratiqués, aux premiers siècles du christianisme, pour honorer l’empereur et ses statues.

Les chrétiens réservaient ces marques d’honneur à Dieu et au Christ : une inscription du Palatin montre un certain Alexamenos qui fait le geste d’offrir un baiser au Christ, représenté par une tête d’âne et attaché sur une croix ; une légende précise : « Alexamenos adore son Dieu ».

Outre le baiser de l’autel par le prêtre et le baiser de l’évangéliaire par le diacre après la lecture de l’évangile — qui manifestent la vénération due à Dieu et à sa Parole —, la liturgie occidentale met en haut relief l’adoration de la Croix, centre de la célébration vespérale du Vendredi saint ; dans la liturgie solennelle de ce jour, on s’avance pour baiser la Croix (en faisant trois génuflexions préalables) : il s’agit d’un hommage royal, bien dans la ligne de la Passion selon saint Jean.

Une adoration de la Croix, comportant un baiser, est prévue le 14 septembre.

Dans un sens plus large, l’adoration est tout acte visant à traduire le culte qui est réservé à Dieu ; on précise « culte de latrie » (voir Latrie). Le plus souvent, c’est le Saint-Sacrement qui est l’objet de l’adoration, exprimée par la génuflexion ou par l’agenouillement. On en parlera plus un autre vendredi.

D’après dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Le 25 mars 2011

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4. Adoration du saint sacrement

C’est quelque chose d’excellent qui a mal démarré et pour de mauvaises raisons. Au Moyen Âge,

  • on a laissé les fidèles oublier le caractère central de Pâques et sa relation à la messe,

  • on a aussi oublié le sacerdoce commun des fidèles et

  • la liturgie est devenue devient l’affaire privée des clercs, isolés dans le chœur entouré d’un jubé, haute barrière en bois sculpté autour du chœur.

On ne communie presque plus, et on veut voir Celui qu’on ne reçoit plus en nous !

La bonne raison de l’adoration eucharistique est ailleurs : c’est faire rentrer dans nos vies le temps d’enseignement et de nourriture qu’est le Jeudi Saint.

L’adoration du Saint Sacrement peut revêtir plusieurs formes, principalement :

  • la visite au tabernacle, plus ou moins longue, souvent en tête à tête silencieux ;

  • l’exposition du corps du Christ dans l’ostensoir ou la pyxide, souvent à plusieurs.

« Pendant ces moments d’adoration, il conviendra d’aider les fidèles à recourir à la Sainte Écriture, qui est un livre de prières incomparable, à employer des chants et des prières adaptés, à se familiariser avec quelques éléments simples de la Liturgie des Heures, à suivre le rythme de l’Année liturgique, et à demeurer dans la prière silencieuse. Ils comprendront ainsi progressivement qu’ils ne doivent pas insérer des pratiques de dévotion en l’honneur de la Vierge Marie et des Saints durant l’adoration du Saint-Sacrement. Toutefois, à cause du lien étroit qui unit Marie au Christ, la méditation des mystères de l’Incarnation et de la Rédemption du Rosaire peut contribuer à donner à la prière une orientation profondément christologique. »

J’ajoute que nous pouvons aussi adorer le Seigneur présent dans nos frères qui viennent de communier.

D’après le directoire pour la piété populaire de la congrégation du clergé de 2001. (n° 32-33.164-165) http ://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccdds/documents/rc_con_ccdds_doc_20020513_vers-direttorio_fr.html01/04/2011
le 2 avril 2011
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5. Agenouillement

La génuflexion est un mouvement de flexion du genou jusqu’au sol, l’agenouillement est une position : les deux genoux au sol. La différence est bien dans la durée : on reste agenouillé.

Dans les deux cas on marque ainsi l’adoration de Dieu, ou une prière plus instante.

C’est une attitude de prière qui – si les articulations le permettent – marque notre position juste devant Dieu : nous ne sommes pas égaux à Dieu : il fait de nous ses enfants, et des enfants qui se mettent à leur juste place devant ce Père plus grand que nous en tout, et d’abord en amour.

L’agenouillement est le plus souvent utilisé devant le tabernacle ou le Saint-Sacrement exposé.

C’est une attitude inscrite dans la culture occidentale et proche-orientale : d’autres attitudes expriment la même chose dans d’autres régions du monde.

19 septembre 2016

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6. Agnus Dei

Cette invocation a été introduite au moment de la fraction du pain, à la messe, au VII° siècle. Ce n’est pas d’abord une demande pénitentielle : dans son contexte, elle est une demande instante de la paix que seul Dieu peut vraiment donner par Jésus mort et ressuscité, puisque la clé de cette invocation est « donne-nous la paix ».

Cette triple acclamation chantée au Christ est la reprise d’une invocation qui se trouve déjà dans le Gloria : « Agneau de Dieu, le Fils du Père, Toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous ».

L’expression est dans la bouche de Jean-Baptiste, au baptême de Jésus dans le Jourdain : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29). Elle rappelle Isaïe : « Ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. Le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous. Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche, comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n’ouvrait pas la bouche » (53, 4.6.7). Dans l’Apocalypse, on nomme 28 fois Jésus comme l’Agneau.

On voit parfois des petites médailles de cire à l’effigie de l’agneau tenant la croix : c’est, à Rome, un souvenir du cierge pascal, donc du Christ vainqueur.

Le 20 janvier 2012
D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

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7. Alleluia

Acclamation hébraïque qui joint à l’impératif de la deuxième personne du pluriel du verbe hâlal (« louer ») le diminutif de Yahvé : hallelou-Yah ; elle signifie donc littéralement : « louez Yah » « louez Yahvé ». Ceci rejoint la demande du « Notre Père » : « que ton Nom soit sanctifié »

On trouve l’Alleluia vingt-trois fois dans les Psaumes, et uniquement en eux, dans la Bible hébraïque

La liturgie juive, comme la liturgie chrétienne, qui utilisent largement, l’une comme l’autre, le livre des Psaumes, ne pouvaient manquer d’adopter l’Alléluia pour en faire un des refrains les plus simples.

L’Église latine en a fait le refrain du psaume que l’on chante avant l’évangile. Cri de jubilation de l’Église, l’Alléluia donne le ton de toute la liturgie ; dans le temps pascal surtout, il revient constamment ; en signe de pénitence, on l’omet durant le Carême.

D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Le 4 mars 2011

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8. Alliance

L’Alliance est le dessein d’amour de Dieu : lui, qui n’a pas besoin de nous, veut librement se lier à un Peuple, avec cette intimité qui appartient au lien conjugal.

La liturgie, Œuvre de Dieu et Œuvre de son Peuple, est l’acte où est scellée l’Alliance que Dieu ne cesse de proposer aux hommes : on peut ainsi définir la liturgie comme « la rencontre de Dieu et de son Peuple pour la célébration de leur Alliance ».

  • Dans l’histoire du salut, les liturgies se distinguent par l’Alliance qu’elles célèbrent. « Tu as multiplié les Alliances avec eux », dit la Prière eucharistique 4.

  • Les liturgies des religions dites païennes peuvent se réclamer, en tout ce qu’elles ont de positif, de l’Alliance scellée avec Noé (Gn 9, 8-17).

  • L’Alliance conclue avec Abraham (chap. 15 et 17) et consommée dans le sacrifice d’Isaac (chap. 22) était destinée à s’épanouir au bénéfice de tout un peuple.

  • Israël naît comme le Peuple de Yahvé lors de la liturgie solennelle de l’Alliance au Sinaï ; c’est le jour de l’Assemblée (Dt 9, 10 ; 10, 4 ; 18, 16) où Moïse, prenant le sang du sacrifice, en verse une moitié sur l’autel qui représente Dieu et l’autre sur le Peuple, en disant : « Ceci est le sang de l’Alliance que Yahvé a conclue avec vous moyennant toutes ces clauses » (Ex 24, 8). Cette alliance est renouvelée, malgré l’infidélité du peuple à l’alliance, dans le culte sacrificiel quotidien, hebdomadaire et dans les fêtes annuelles.

Jésus, Dieu et homme, est l’Alliance. Il vient inaugurer « par une oblation unique » (He 10, 14) la liturgie du nouveau Peuple de Dieu, qui est l’Église. A la dernière Cène, le véritable Serviteur de Yahvé (cf. Is 52, 13 – 53, 1-12), cet Agneau de Dieu qui va, sur le Calvaire, enlever le péché du monde (cf. Jn 1, 29), laisse à ses apôtres le sacrement de son sacrifice, le mémorial de l’Alliance nouvelle. Les paroles qui consacrent le vin en son sang se réfèrent à l’Alliance du Sinaï : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés » (Mt 26, 28 ; cf. Ex 24, 8). Depuis le Calvaire, la liturgie, centrée sur l’Eucharistie, fait entrer les membres de l’Église dans l’Alliance nouvelle et éternelle, jusqu’à ce qu’elle soit consommée dans la Jérusalem céleste. Alors, la « formule de l’Alliance » s’appliquera parfaitement : « Ils seront son Peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu » (Ap 21,3 ; cf. Ex 6, 7 ; Lv 26, 12 ; Dt 26, 17-18 ; Jr 7, 23 ; 11, 4 ; 30, 22 ; 31, 1-33 ; 32, 38 ; Ez 11, 20 ; 14, 11 ; 37, 27 ; 2 Co 6, 16).

Le 20 avril 2011

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9. Ambon

Du grec anabaïnein « monter ».

L’ambon est l’emplacement surélevé où montent ceux qui, dans la liturgie, spécialement au cours de la messe, ont à faire une lecture.

Au retour de l’Exil à Babylone, il est fait mention d’une sorte d’ambon : « Le scribe Esdras se tenait sur une estrade de bois, construite pour la circonstance. Esdras ouvrit le livre au regard de tout le peuple — car il dominait tout le peuple — et, quand il l’ouvrit, tout le peuple se mit debout. Alors Esdras bénit Yahvé, le grand Dieu ; tout le peuple, mains levées, répondit : Amen ! Amen ! puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant Yahvé, le visage contre terre » (Ne 8, 4.5.6).

Pour annoncer la Bonne Nouvelle, Jésus prend soin d’être bien vu et entendu de tous, lors du Sermon sur la montagne ou à l’occasion des prédications au bord du lac. C’est assis sur une éminence ou dans une barque que Jésus prêche l’Évangile.

Aujourd’hui, ceux qui transmettent à l’assemblée la Parole de Dieu se tiennent à l’ambon, pour être vus et entendus du plus grand nombre.

Le 16 novembre 2012

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10. Amen

Mot d’origine hébraïque, de même origine que « Hémouna » = foi. On pourrait traduire « c’est du solide ! j’y crois ! »

Il est utilisé dans la liturgie juive encore aujourd’hui, et la liturgie chrétienne l’utilise de la même façon pour dire son adhésion.

On dit amen, par exemple,

  • à la fin du signe de croix initial de la prière, pour dire son accord à cette invocation de la Trinité

  • à la fin d’une doxologie (gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit…

Le plus important Amen est celui qui termine le canon de la messe, où le président offre le Christ au Père par l’Esprit et où tous répondent Amen.

Le 14 décembre 2012

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11. Anamnèse

Le memoriale latin correspond au zikkâron hébraïque et à l’anamnèsis grecque.

Ces mots expriment l’acte liturgique qui « rappelle » au souvenir de Dieu l’assemblée célébrant l’Alliance (Gn 8, 1 ; 9, 15 ; 19, 29 ; Ex 2, 24 ; 6, 5 ; 28, 12.29 ; 39, 7 ; Lv 2, 2.9.16, etc. ; Nb 5, 15 ; 10, 9 s. ; 1 R 17, 18 ; 18, 26.29 ; Lc 1, 54.55, 72). La mémoire du Peuple rejoint la mémoire de Dieu, le mémorial actualise véritablement les hauts faits fondateurs de l’Alliance.

C’est une prière du Canon de la messe, qui vient immédiatement après la consécration. Elle se greffe, sur l’ordre de réitération qui conclut le récit de l’institution eucharistique : « Faites ceci en mémoire de moi » (en grec ëis tèn émèn anamnèsin, Lc 22, 19 et 1 Co 11, 24.25).

L’acclamation qui suit le récit de l’Institution en fait partie, et les différentes formules du canon qui la suivent, par exemple :

  • n°1 (Canon romain) : « C’est pourquoi nous aussi, tes serviteurs, et ton peuple saint avec nous, faisant mémoire… ».

  • n°2 : « Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, »

  • n°3 : « En faisant mémoire de ton Fils… ».

  • n°4 : « Voilà pourquoi, Seigneur, nous célébrons aujourd’hui le mémorial de notre rédemption »

  • pour la réconciliation n°1 : « En faisant mémoire du Christ, notre Pâque et notre paix définitive »

  • pour la réconciliation n°2 : « Père très bon, ton Fils a laissé à ton Église ce mémorial de son amour ; en rappelant ici sa mort et sa résurrection »

etc. …

Souvenir « eucharistique », c’est-à-dire reconnaissant, de l’Église, l’anamnèse est aussi un appel au souvenir de Dieu ; ainsi l’actualisation liturgique du sacrifice de la nouvelle Alliance peut être comprise comme la rencontre du souvenir descendant de Dieu — dont la mémoire ne saurait être en défaut — et du souvenir montant de l’Église obéissant à l’invitation de son Seigneur.

D’après dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Le 24 juin 2011

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12. Anaphore

Du grec ana « en haut » et phorein « porter ». L’anaphore est l’acte d’élever une offrande à Dieu ; c’est le terme grec du geste sacrificiel. En hébreu aussi, l’offrande est ce qu’on « fait monter » vers Dieu (’ôlâh « holocauste », de ’âlâh « faire monter »). Le sacrifice consiste à « faire monter » la victime dans le domaine divin, « en haut ».

Dans les liturgies orientales, catholiques ou orthodoxes, l’anaphore désigne la même chose que le canon latin.

Tous deux fixent les gestes et les paroles du président de l’assemblée (prêtre ou évêque).

Toutes deux comportent aussi le geste d’offrande du Fils au Père dans l’Esprit Saint (dans la liturgie latine : ‘Par Lui, avec Lui…’).

Il faut bien faire la différence entre ce geste d’offrande et le geste du président (prêtre ou évêque) qui montre le pain et le vin dans le récit de la dernière Cène, geste introduit dans l’Église latine au Moyen-Âge quand on a célébré dos au peuple à l’autel au fond du chœur.

Les anaphores des Églises orientales les plus connues sont celles des liturgies de saint Jean-Chrysostome et de saint Basile, mais il y a aussi celles d’Addaï et Mari, de Der Balizeh, de Sérapion, de saint Marc et de saint Jacques, etc.

20 mars 2015

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13. Année liturgique

L’année chrétienne commence le premier dimanche de l’Avent et finit à la fête du Christ Roi. Les différentes périodes nous font participer à la Révélation progressive de Dieu à travers l’histoire du Salut.

L’Avent (4 dimanches avant Noël) est tout empli de l’attente du Sauveur annoncé

Le temps de Noël et de l’Épiphanie (du 25 décembre au baptême du Seigneur) nous fait rentrer dans la venue de Dieu dans notre temps et dans un corps d’homme.

Le Carême (40 jours) nous achemine vers la Passion et la Résurrection

Le triduum pascal (tres dies) est le centre et le moment qui donne sens à toute l’année liturgique

Le temps pascal (dimanche de Pâques – Pentecôte) nous donne le temps de vivre l’inouï de la résurrection

Le temps ordinaire (entre baptême du Seigneur et Carême, et de la Pentecôte au Christ Roi) n’est pas un temps « banal », mais le temps de l’Église, le temps selon l’ordre des jours, le temps où nous avons à annoncer l’Évangile.

Le 7 septembre 2012

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14. Antienne

Du mot grec ντίφωνον, « antiphônon », formé de ντί, « contre » et φωνή, « voix », signifiant « réponse à ») est le refrain, souvent bref et de préférence chanté, avant et après un psaume ou entre les strophes d'une hymne). Musicalement, l'antienne est l'ancêtre du refrain.



Pendant les offices, l’antienne donne au psaume ou à l’hymne ou au cantique Biblique sa coloration propre pour le jour et dans la célébration liturgique.

Pendant la messe :

  • Il y a une antienne qui introduit au sens de la liturgie du jour s’il n’y a pas de chant d’entrée

  • L’antienne du psaume peut être utilisée comme refrain

  • D’une certaine façon, le verset de l’alléluia est l’antienne de l’Évangile

  • Une antienne peut être dite également s’il n’y a pas de chant après la communion



Dans l’Angélus, l’antienne mariale est un chant bref qui varie selon le temps liturgique :

  • Alma Redemptoris Mater, pour le temps de l'Avent et de Noël (jusqu'à la chandeleur) ;

  • l'antienne de carême Ave Regina;

  • l'antienne pascale Regina Cœli,

  • et enfin la plus connue, le Salve Regina, chantée le reste de l'année.

Un livre de chœur contenant les mélodies des antiennes est un antiphonaire.

12 septembre 2014

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15. Ascension

(Ac, 1,3) Jésus ressuscité se montre à ses disciples pendant 40 jours, c’est-à-dire le temps suffisant, comme les 40 ans des Hébreux au désert, les 40 ans du règne de David et du règne de Salomon, les 40 jours du chemin d’Élie vers l’Horeb, les 40 jours de Jésus au désert, etc. …

Il fallait du temps pour que Jésus, mort et ressuscité, fasse comprendre aux disciples qu’Il avait accompli les écritures. Mais les disciples ne pouvaient prendre encore leurs responsabilités de témoins si Jésus était visiblement là avec eux. Reste, après, à les rendre capables de témoigner. Mais c’est un autre évènement, la Pentecôte.

Le 11 mai 2012

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16. Aspersion

Le mot latin aspersio vient du verbe ad-spargere « répandre vers ou sur ». L’aspersion est donc l’action de répandre un liquide ou de la poussière sur quelque chose ou sur quelqu’un.

Dans la liturgie, l’aspersion consiste habituellement à projeter de l’eau sur des personnes ou sur des objets, en signe de purification.

L’aspersion principale est celle du baptême : par trois fois, l’on verse de l’eau sur la tête de celui que l’on baptise ; c’est la façon la plus habituelle de baptiser bien que le baptême par immersion soit plus ancien et plus significatif. Le geste implique à la fois le fait d’être lavé et le fait de recevoir un principe vital, celui de la vie divine. Toute aspersion comporte ce double effet, négatif et positif. Au cœur de la Vigile pascale, après la rénovation des promesses du baptême, le célébrant asperge solennellement l’assemblée « en souvenir du baptême ». Un rite analogue peut être accompli chaque dimanche au début de la messe.

Quand on se signe soi-même en prenant de l’eau bénite, on appelle sur soi une plus grande libération du mal et une nouvelle effusion de grâce divine.

On asperge aussi les objets ou les animaux lors d’une bénédiction solennelle.

Dans certains monastères, le rite de l’aspersion à la fin des Complies est à la fois un geste de purification au terme de la journée et une sauvegarde pour la nuit qui vient.

D’après om Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
15 février 2013

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17. Assemblée

En Église, c’est le rassemblement des baptisés pour la prière.

Nous sommes là, à la suite d’Israël

  • avec Moïse au Sinaï,

  • avec David pour escorter l’Arche,

  • avec Salomon pour l’inauguration du Temple,

  • avec les prophètes qui rappellent la sainteté de Dieu et son invitation à l’alliance.

Nous sommes là surtout à l’invitation du Christ, à la synagogue de Nazareth ‘‘cette parole du prophète, c’est maintenant qu’elle s’accomplit’’ et le Jeudi saint : ‘‘faites ceci en mémoire de moi’’. Nous sommes là pour prier ensemble, jeunes ou vieux, quelle que soit notre origine ou notre culture, dans nos différences et la fraternité des enfants d’un même Père.

Nous sommes là pour écouter la Parole de Dieu, pour dire à Dieu ‘‘ merci’’ – c’est à dure faire eucharistie, et pour aller porter après, au dehors, ce que nous avons reçu.

Nous ne sommes donc pas là en foule, mais en peuple de Dieu organisé, avec un président de l’assemblée qui nous est donné, avec chacun nos charismes, les dons que nous avons reçu et les services que nous assumons. Tous ensembles, nous formons l’assemblée. Et nous sommes là, non pas chacun pour soi personnellement, mais pour Dieu et pour tous les hommes.

23 août 2013

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18. Assomption
15 août

La fête de l’Assomption célèbre la mort de Marie et sa « montée au ciel », expression voulant dire qu’avec son corps, elle a rejoint Dieu – Dieu qui n’est pas dans un lieu au sens terrestre. L’Église a déduit progressivement que cette mort n’était pas comme la notre, accompagnée de la destruction de notre corps.

Saint Éphrem, en 373, écrit qu’il pense que le corps de la Mère de Dieu ne peut être détruit.

Au IV° siècle, un autre auteur chrétien, Épiphane de Salamine, émet plusieurs hypothèses sur ce qu’est devenu ce corps sans se fixer sur aucune.

Le concile de Calcédoine définit en 451 que Marie est théotokos, c’est-à-dire mère de Dieu.

Grégoire de Tours, à la fin du VI° siècle dit déjà que Marie est montée au ciel corps et âme, directement après sa mort terrestre.

À la même époque, l’empereur Maurice à Constantinople fixe au 15 août la fête de la Dormition de Marie pour tout l’empire d’Orient.

La fête est introduite en Occident par le pape Théodore au VIIe siècle et prend le nom d'Assomption à partir du siècle suivant.

En 1637, le roi Louis XIII désirant un héritier consacre la France à la Vierge Marie et demande à ses sujets de faire tous les 15 août une procession dans chaque paroisse pour cela. Comme Louis XIV naît l'année suivante, la fête célébrée par le Vœu de Louis XIII prend une importance particulière en France.

En 1854 la proclamation du dogme de l’Immaculée conception entraîne de nombreuses pétitions à Rome pour que soit officiellement défini le dogme de l’Assomption. « De 1854 à 1945, huit millions de fidèles, 1 332 évêques, 83 000 prêtres, religieuses et religieux écriront en ce sens. Face à ces demandes répétées, Pie XII demande aux évêques du monde de se prononcer. 90 % des évêques y sont favorables. 10 % des évêques s’interrogent sur l’opportunité d’une telle déclaration ».

Le 1er novembre 1950, Pie XII institutionnalise la fête mariale qui existe depuis quatorze siècles en proclamant le dogme de l'Assomption. Pour l'Église Catholique, n'ayant commis aucun péché, Marie est directement montée au Paradis, avec son âme et aussi avec son corps car épargnée par le péché originel (dogme de l'Immaculée Conception), rien n'oblige son enveloppe charnelle à attendre la résurrection des corps à la fin des temps.

C’est un bon exemple du développement progressif de la foi catholique : même sans base directe dans l’Écriture, la compréhension de celle-ci augmente au fur et à mesure des siècles. Avec quelques nuances (Immaculée Conception) les orthodoxes fêtent la Dormition de Marie. Les protestants, faute de base scripturaire ne la fêtent pas

26 juin 2015

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19. Attitudes liturgiques

Le rôle du corps est important dans la prière : il peut être une gêne ou une aide. La position de notre corps est une expression de notre relation à Dieu. Le corps peut même être prière. Dans le cas général, il y a quatre positions stables· :

La position assis est celle de l’écoute et de la méditation : liturgie de la Parole (sauf Évangile), annonce, temps de méditation silencieuse après la communion, oraison silencieuse (Thérèse d'Avila ou bénédictins).·

La position à genoux exprime la supplication, le repentir, l’adoration (consécration).

La position debout, attitude du ressuscité- relevé, permet de nous tenir devant Dieu dans toute la dignité de notre être créé à son image et à sa ressemblance et régénéré par le baptême. Elle exprime une attitude de disponibilité à suivre Dieu. Attitude de l’accueil de l’Évangile, de la liturgie eucharistique (à l’exception de la consécration où l’on peut s’agenouiller).

La position de l’orant, debout, mains écartées est à la fois accueil et offrande :mains vides et désarmées (Notre Père).

Pendant la messe, et plus généralement pendant toute prière communautaire, on s’efforce d’avoir tous ensemble les mêmes attitudes.

Par contre, dans la prière personnelle, chacun doit trouver la position qui favorise le plus sa prière.

http ://catholique-nanterre.cef.fr/faq/priere_sens.htm#position
le 10 mars 2011, complété 14 octobre 2016

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20. Aube

Du latin « alba » = « la blanche » : L’apocalypse (7, 9-17) montre une multitude en vêtement blanc.

09 Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. 10 Et ils proclamaient d’une voix forte :« Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau ! »

C’est le vêtement blanc du baptême.

« Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ ». (Ga 3,27)

Tout baptisé peut donc porter l’aube, signe de son baptême, spécialement lors de la prière de l’Église.

Et c’est pour cela que les enfants qui marquent les étapes de l’initiation chrétienne portent souvent une aube.

Évêques, prêtres et diacres la portent en dessous de leurs vêtements spécifiques. Ceux ou celles qui ont une autre fonction liturgique peuvent la porter, mais seule.

Le 14 janvier 2011

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21. Autel

L’autel n’est pas une table quelconque, il est consacré par l’évêque ; il contient – en principe – des reliques des saints et à ce titre, prêtre et diacre le vénèrent pour sa sainteté. L’autel est avec l’ambon dans une église une des deux tables de l’alliance. Il est aussi le lieu où l’on fait mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus.

Ce que dit la présentation générale du missel romain : “[79] 117. L´autel sera couvert au moins d´une nappe de couleur blanche. Sur l´autel ou alentour, on mettra des chandeliers avec des cierges allumés Il y aura aussi sur l´autel ou à proximité une croix avec l’effigie du Christ crucifié. Les chandeliers et la croix avec l’effigie du Christ crucifié pourront être portés dans la procession d´entrée. Sur l´autel même, on pourra mettre, à moins qu’on ne le porte dans la procession d´entrée, l’Évangéliaire, distinct du livre des autres lectures.”

Le 07 janvier 2011

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22. Avent

Du latin adventus : acte d’arriver (présent et futur) et fait d’être arrivé (passé). Notre Avent utilise les 2 sens : nous préparons Noël comme l’anniversaire de l’arrivée de Jésus, qui s’est passée il y a 20 siècles et comme son arrivée pour nous aujourd’hui et son retour à la fin des temps. C’est le temps de 4 dimanches préparant Noël. Le premier dimanche de l’Avent fluctue selon les années du 27 novembre au 3 décembre selon que le 25 décembre est un dimanche ou un lundi, etc…

La couleur des ornements liturgiques est le violet pendant cette période. On ne chante pas le Gloria, sauf exception, mais on garde l’alléluia.

On ne fait pas non plus, sauf exception du 8 décembre, de décoration florale, mais on peut faire la couronne de l’Avent avec du feuillage sans fleurs et avec 4 bougies qu’on allume une à une. En effet, l’Avent est un temps d’effort, de préparation à la fête de Noël, fête de l’Incarnation de Dieu en Jésus. Une fête se prépare, et c’est à chacun de trouver comment il se prépare à Noël.

Les protestants luthériens et anglicans célèbrent l’Avent quasiment comme les catholiques. Les orthodoxes ne parlent pas d’Avent, mais de petit Carême, ou carême de Noël : il dure 40 jours alors que notre Avent dure entre 22 et 28 jours.

29 novembre 2013

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23. Azyme

Du grec a-zuma : sans levain. C’est le pain de la Pâque juive, le matzot. C’est le pain qu’a conservé la liturgie latine pour célébrer la messe.

Les orthodoxes préfèrent, eux un pain levé, pour se différentier des coutumes juives. Chez les coptes, c’est un pain levé non salé qui est préparé par les diacres et marqué d’un sceau en son centre : le célébrant choisit parmi plusieurs le pain le plus réussi pour célébrer la messe.

9 janvier 2015

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24. Baiser de paix

Saint Cyrille de Jérusalem (315-387) explique aux nouveaux baptisés le sens du baiser de paix, échangé pendant la messe.

« Ne pense pas que ce baiser soit du même genre que ceux quéchangent sur la place les amis ordinaires. Certes non, ce baiser nest pas de ce genre. Il lie les âmes de mutuelle amitié et sollicite loubli de toute offense. Ce baiser signifie donc que les âmes se fondent (ensemble) et bannissent tout ressentiment.

Cest ce qui faisait dire au Christ : Si tu apportes ton présent à lautel. Et que là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton présent devant lautel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère : alors, viens offrir ton présent (Mt 5, 23-24). Ce baiser est donc une réconciliation, et c’est pourquoi il est saint, comme le proclamaient le bienheureux Paul : Échangez un saint baiser (1 Co 16, 20), et Pierre : en un baiser de charité (1 P 5, 14).

S. Cyrille de Jérusalem

    23ème catéchèse baptismale Migne Paris 1993

    Dans mon enfance, le baiser de paix existait dans les messes solennelles, surtout d'enterrement, quand les fidèles venaient embrasser un osculatoire, objet prévu pour limiter le contact physique entre les fidèles. Le prêtre l'essuyait après chaque baiser. Évidemment, le sens originel était perdu pour les fidèles, et l'hygiène approximatif.

    Ainsi, le baiser de paix n'est pas une innovation due à l'après concile, mais la restauration d'un signe très ancien dont le sens avait été oublié.

le 02 septembre 2011, complété le 4 novembre 2016

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25. Baisers liturgiques

Le baiser en liturgie est une marque d’adoration (ad-os = à la bouche d’où ad-oratio adoration).

La liturgie connaît dans ce sens 3 baisers  : le baiser à l’autel, le baiser à l’Évangile et le baiser à la croix spécialement le Vendredi Saint.

Le baiser à l’autel, par l’évêque, les prêtres et les diacres marque la sainteté de cette table où est offert le corps et le sang du Seigneur, table qui est consacrée par l'évêque et où sont insérées des reliques de saints.

Le baiser à l’Évangile par le diacre, le prêtre ou l’évêque est reconnaissance que Dieu est présent là, dans cette parole qui vient d’être proclamée.

Le baiser à la croix le Vendredi Saint signe notre adoration au Christ crucifié, chemin de notre salut  : ''par ses plaies nous sommes guéris'' (Is. 53,5)

Le baiser de paix n'est pas un geste d'adoration, mais un geste de paix ou de réconciliation entre baptisés, et pour le sacrement de l'ordre, un geste d'unité dans le sacrement.

30 septembre 2016

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26. Baptême du Seigneur

C’est une des fêtes de Jésus, une des fêtes de Dieu, la fête qui clôt le temps de Noël, temps de la vie cachée de Jésus. Jusque là, à Bethléem, en Égypte, et à Nazareth, Jésus est un enfant, puis un homme qui vit la vie ordinaire des gens. Et commence avec cette fête le temps de la vie publique de Jésus.

Jean-Baptiste est déjà reconnu largement dans ses actes, sa tenue et ses paroles comme un prophète. Et là, dans cette fête, Jean-Baptiste reconnait en public Jésus, son cousin, comme l’envoyé de Dieu.

C’est une manifestation de la Trinité : Jésus est reconnu par la voix du Père et l’Esprit Saint est sur lui : c’est comme la Pentecôte de Noël.

C’est bien l’enjeu de la vie chrétienne que de reconnaitre, comme Jean Baptiste, que Jésus nous est envoyé par Dieu, à chacun, personnellement et tous ensemble.

10 janvier 2014

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27. Baptême sacrement

Baptizein = plonger

Être baptisé, c’est être plongé dans la mort et la résurrection du Christ, c’est revêtir le Christ, c’est devenir frère de Jésus, enfant de Dieu. Il ne peut y avoir de dignité plus grande que celle-là pour un chrétien.

Chaque sacrement est un signe accompagné d’une parole.

  • Le signe essentiel du baptême est l’eau soit versée sur la personne soit dans laquelle la personne est immergée.

  • La parole du baptême est « je te baptise, au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit ».

  • Il faut que celui qui baptise et celui qui est baptisé veuillent tous deux que ce soit bien le sacrement. Pour un bébé, la volonté des parents et l’engagement à l’éducation chrétienne tiennent lieu de volonté de l’enfant.

Qui baptise ?

  • Prêtre ou diacre sont les ministres – serviteurs – ordinaires de ce sacrement

  • Les chrétiens, à défaut de prêtre ou de diacre, peuvent baptiser.

  • En cas d’extrême nécessité, même un non chrétien peut baptiser !

Le 29 juin 2012

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28. Bénédiction

Acte de bien (bene, en latin) dire (dicere, dictio) ou de dire du bien.

Dans l’Écriture, la bénédiction (berakôth même racine que baraka) est d’abord l’acte de Dieu qui dit, veut et réalise notre bien ; pour lui, le dire et le faire sont identiques (même verbe en hébreu : dâbar).

Dieu nous bénit en créant, depuis le début et aujourd’hui. Dieu nous bénit encore en Jésus : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ » (Ep 1, 3).

Nous avons donc à répondre à la bénédiction de Dieu en bénissant Dieu, en bénissant les hommes et toute la Création.

« Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte ; au contraire, appelez sur les autres la bénédiction puisque, par vocation, vous devez recevoir en héritage les bénédictions de Dieu. » 1Pi 3, 09.



En fait, quand on parle de bénédiction en langage courant, on ne « bénit » pas un objet, on bénit Dieu pour telle ou telle raison, on bénit Dieu qui nous accompagne dans la prière avec un nouveau chapelet, on bénit Dieu qui nous donne d’habiter une maison…

Autre situation, quand à la fin de la messe, le président bénit l’assemblée, il la met sous la protection aimante de la Trinité pour son envoi en mission



D’après dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Le 7 octobre 2011

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29. Bénédiction du St Sacrement

C'est le signe de croix que le diacre, le prêtre ou l'évêque fait avec le Saint Sacrement sur l'assemblée. Cette bénédiction se fait toujours après un temps d'adoration  :

«  La bénédiction du Saint-Sacrement n’est pas une forme de piété eucharistique qui se suffirait à elle-même, mais elle constitue la conclusion d’une célébration cultuelle suffisamment prolongée. La norme liturgique interdit donc "l’exposition faite uniquement pour donner la bénédiction".  » (Directoire sur la piété populaire n°163).

Comme dans toute bénédiction, c'est Dieu qui nous bénit le premier et nous le pouvons le bénir qu'en retour.

La différence avec d'autres bénédictions n'est pas dans le bien que Dieu nous veut – Dieu est toujours le même et nous veut toujours le même bien. Cette différence est dans notre réponse  : nous bénissons Dieu en accueillant le mystère pascal actualisé par le don que le Christ nous fait de son Corps.

7 octobre 2016

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30. Bréviaire

Du latin breviarium : « abrégé », « résumé ».

Il s’agit de louer Dieu et de le prier : c’est « l’office divin ». Il est prévu de le chanter selon l’usage repris de la synagogue (cf. Mt 26,30 et //) Le chant de l’office divin nécessite l’utilisation de plusieurs livres de chœur avec texte et mélodies : antiphonaire pour les antiennes, psautier, recueil d’oraisons, lectionnaire, hymnaire, etc.

Dès le IX° siècle apparaissent des « bréviaires », ou abrégés des Heures canoniales, pour la prière des moines absents du chœur pour raisons valables, comme le prévoit la Règle de saint Benoît.

Le bréviaire, au sens où nous l’entendons, ne fait son apparition qu’avec l’obligation faite aux clercs de dire l’office (XI° XII° s.) ; il se généralise avec les Ordres mendiants au XII° siècle. Amenés souvent à courir les routes, Dominicains et Franciscains doivent se munir des textes de l’office divin qu’il leur faut réciter. Le bréviaire devient alors le volume où sont réunis tous les éléments de la prière des Heures, sans aucune notation musicale.

On en vient à perdre le sens communautaire et chanté de l’office. La plupart des prêtres et des religieux en viendront à s’acquitter de leur obligation de chanter la louange de Dieu, sous la forme d’une récitation individuelle dans un « bréviaire ». Les Jésuites ont été dispensés, dès leur origine, de toute célébration chorale de l’office.

Seules, les cathédrales avec leur chapitre, les collégiales et les monastères continueront à célébrer les Heures de façon publique, en donnant au chant sa part.

La réforme liturgique issue du deuxième Concile du Vatican invite à respecter la vérité des Heures — c’est-à-dire à ne plus réciter le bréviaire d’un trait — et à les célébrer autant que possible de façon communautaire, en y associant les fidèles. Il est heureux de constater que l’on parle moins de « bréviaire » que de « Liturgie des Heures » ou de « Prière du temps présent ».



Le 11 novembre 2011
D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie

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31. Calice

Mot d’origine indo-européenne, ayant donné kalix en grec ancien et calix par transposition en latin. Le calice était une coupe, récipient pour boire un liquide, avec ou sans pied. La coupe n’était utilisée en Israël que pour les repas de fête et on se la passait souvent de convive en convive. Le dernier avait souvent, au fond, la lie du vin qui n’était pas filtré comme de nos jours.

Pendant le seder, le repas pascal juif, on buvait une coupe de bénédiction. La Cène a été un repas de seder : on y a bu la coupe (Lc 22,14-18) et Jésus a déclaré alors que c’était la coupe de son sang, répandu pour beaucoup, et qu’il fallait faire cela en mémorial.

Avant cela, il avait parlé aux fils de Zébédée de la coupe qu’il devait boire, pour désigner sa passion (Mc 10, 35-43) et pendant son agonie, il a accepté la coupe de l’ingratitude humaine (Mt 26,35).

De nos jours, le calice est la coupe utilisée pour le repas eucharistique. Le plus souvent, à cause de l’usage qu’on en fait, le calice est en matériaux nobles et le plus souvent doré, car l’or qui ne se ternit pas permet de vérifier facilement d’avoir tout consommé. Il existe aussi des calices sculptés en pierre semi-précieuses (souvent très lourds) ou en céramique. L’essentiel est que la beauté de l’objet soit accordée à son usage.

13 septembre 2013

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32. Canon

En égyptien, en grec, canon est une règle, un outil de géomètre pour tracer des lignes droites. De là le sens dérivé, de quelque chose qui est en ligne droite, qui est, on dirait en français, « d’équerre ».

Les canons d’un concile sont les règles dogmatiques ou disciplinaires qu’il édicté, par exemple, pour Vatican II, le développement de la participation active des fidèles, contre les dérives qui consistaient à faire d’autres prières pendant la messe (Sacrosanctum Concilium n°14).

Dans la liturgie romaine, le Canon est le terme le plus souvent employé pour désigner la Prière eucharistique, c’est-à-dire la partie centrale de la messe, celle qui va de la Préface à la grande doxologie : Par Lui, avec Lui et en Lui.

Le Canon est la « règle » de célébration qui doit être observée pour l’Eucharistie : il ne s’agit pas seulement d’une règle de structure, mais d’un formulaire imposé. En Orient, ces formulaires eucharistiques sont appelés anaphores (voir ce mot).

Il y a, en langue française, 10 canons

  • La prière eucharistique n°1, ou canon romain

  • La prière eucharistique n°2, d’après le Canon d’Hippolyte

  • La prière eucharistique n°3

  • La prière eucharistique n°4, d’après l’anaphore de Saint Basile

  • Deux prières eucharistiques pour la Réconciliation

  • Trois prières eucharistiques pour les assemblées d’enfants

  • Une prière eucharistique pour les grands rassemblements avec 4 variantes

Pour le 2 décembre 2011

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33. Canon n°01

C’est une des 10 prières eucharistiques.

Ce n’est pas le plus ancien canon : les canons n°2 et 4 sont plus anciens. Il a son origine lointaine dans la volonté de Charlemagne au IX° siècle d’unifier la liturgie de l’Empire, et ensuite dans la Réforme grégorienne au XI° siècle. Il doit sa forme actuelle au concile de Trente au XVI° siècle. Surchargé ensuite d’ajouts de mots synonymes, de redites et de signes de croix supplémentaires, le retour au texte a été effectué selon la demande du concile Vatican II par la Congrégation pour le Culte divin avant d’être traduit dans les langues vernaculaires.

Comme toutes les prières eucharistiques, elle comprend :

Prière pour l’Église responsables et fidèles présents

Prière avec tous les saints

Récit de l’institution (comme dans toutes les prières eucharistiques).

Anamnèse (explicitée ensuite par le président)

Prière pour les défunts

Prière pour l’assemblée en union avec tous les saints

Offrande au Père par le Fils dans l’Esprit (conclusion)

Cette prière eucharistique n’a jamais été généralisée complétement : les chartreux et les dominicains ont eu jusqu’à Vatican II leurs propres prières eucharistiques et les Églises orientales unies à Rome ont gardé leurs prières propres.

28 août 2015

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34. Canon n°02
d’après Hippolyte

C’est la 2ème des 10 prières eucharistiques. C’est une prière romaine : Hippolyte de Rome (né en 178-martyr en 235), est un aristocrate romain, parlant le grec, élève d’Irénée de Lyon. C’est le théologien le plus important du III° siècle. Il va s’opposer au pape Calixte 1er qui veut célébrer en langue vulgaire, le latin et qui admet le mariage entre plébéiens et aristocrates. Il se réconciliera avec un successeur de Calixte 1er, le pape Pontien, et ils finiront leur vie ensemble, déportés dans les mines de Sicile.

Il fixe le canon, la règle de la liturgie à Rome. Son texte, en grec, très bref et concis, nécessitait d’être développé et explicité pour être compris de nos jours.

Il comporte les mêmes parties que les autres prières du rite catholique,

  • Prière pour l’Église : responsables et fidèles présents

  • Prière avec tous les saints

  • Récit de l’institution (comme dans toutes les prières eucharistiques).

  • Anamnèse (explicitée ensuite par le président)

  • Prière pour les défunts

  • Prière pour l’assemblée en union avec tous les saints

  • Offrande au Père par le Fils dans l’Esprit (conclusion)

Mais, même développé, ce canon mérite une grande attention, car chaque mot y compte. La réforme liturgique de Vatican II a permis de redonner à l’Église ce texte très ancien et très riche. Il mérite d’être médité.

4 septembre 2015

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35. Canon n°03

Ses sources principales sont

les prières eucharistiques gallicanes, dont on trace les origines jusqu’à St Cassien et St Césaire d’Arles, donc venant d’Orient dans le sud de la France et

les prières eucharistiques wisigothes, puis mozarabes, née en Espagne donc.

Cette liturgie a vu son apogée à l’époque franque (voir : Bibliothèque nationale : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k107971p ). On attribue à Charlemagne de l’avoir remplacée par le canon n°1, décision politique d’unification de l’Empire, mais sans fondement théologique sérieux. Cette prière eucharistique a été oubliée ensuite mais restait connue des lettrés ; les liturgistes l’ont redécouverte au XIX° siècle (cf. Dictionnaire de théologie Éditeur : abbé Migne Paris 1830 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207894d/f1.image.r=liturgie%20mozarabe.langFR ).

Ce canon n°3, comme les autres, a été restaurée par la Congrégation pour le culte divin à la demande du Concile Vatican II (SC n°4, 21, 37, 38 …) s’appuyant sur les travaux suscités par Pie X (1903), Pie XI (1929) et surtout Pie XII qui créera une commission de réforme de la liturgie dont les travaux seront utilisés ensuite.

Comme le canon n°2, cette prière eucharistique est souvent utilisée

Elle a les mêmes parties que les 2 premières. Comme la prière eucharistique n°2, elle est très dense et mérite d’être méditée.

11 septembre 2015

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36. Canon n°04
d’après St Basile

Cette prière eucharistique est d’origine orientale, fixée par St Basile le Grand (329-379), théologien, évêque de Césarée de Cappadoce, on dirait aujourd’hui archevêque primat de Turquie ; il est père de l’Église, et ses écrits sont encore utiles aujourd’hui.

Les catholiques orientaux et les orthodoxes utilisent cette prière eucharistique depuis des siècles aux grandes fêtes (http://www.pagesorthodoxes.net/liturgie/basile.htm).

En plus des sujets de prière communs avec les 3 premières prières eucharistiques, elle rappelle l’histoire du Salut, histoire qui nous replace dans la Révélation que Dieu a voulu et faite en Jésus.

Cette prière met aussi davantage en évidence le rôle créateur de Dieu.

La publication en français par la Congrégation pour le culte divin a évité les redites et fractionné les formules trop longues pour la compréhension des fidèles ; elle a aussi abrégé la mémoire qui est faite des saints pour la rendre comparable aux textes des autres prières eucharistiques.

Cette prière eucharistique présente aussi une préface qui lui est propre. Telle qu’elle, c’est à mon avis la plus belle des prières eucharistiques du missel romain.

18 septembre 2015

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37. Canon n°05 et 06
réconciliation

Ces deux prières eucharistiques ont été composées pour l’année sainte 1975 qui avait pour thème la Réconciliation :

  • réconciliation de chaque chrétien avec Dieu,

  • réconciliation entre chrétiens,

  • réconciliation entre tous les hommes.

Ces prières eucharistiques ont été approuvées par la congrégation pour le culte divin en octobre 1974, étendues à l’Église universelle le 18 mars 2002 ; la dernière édition en français date de 1996.

Comprenant les mêmes parties que les prières eucharistiques I à III (la P.E. n° IV est plus étendue), elles mettent un accent particulier sur l’Alliance Nouvelle que Dieu nous propose, alliance envisagée comme une réconciliation avec lui, par le sacrifice du Christ, né de Marie, mort et ressuscité pour nous.

Elles ont chacune leur préface propre.

25 septembre 2015

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38. Canon n°07, 08 et 09
pour assemblées d’enfants

La conférence épiscopale française a constaté, après enquête, les difficultés pour les assemblées d’enfants de comprendre les termes de la messe et de garder une attention suffisante. Elle a demandé en 1973 à la Congrégation pour le culte divin de réfléchir aux adaptations utiles pour que les enfants puissent participer activement à l’eucharistie. La Congrégation pour le culte divin a élargi cette demande au monde entier et a promulgué, avec avis favorable du pape, en 1975 3 prières eucharistiques pour assemblées d’enfants.

Leur forme doit beaucoup à un prêtre français, auteur de la traduction en français des psaumes et à leur psalmodie, le P. Joseph Gélineau sj.

Elles comportent les mêmes parties que les prières I à III, mais le langage en a été revu pour être compréhensible à des enfants qui n’ont pas fini la formation catéchismale. De plus, les interventions de l’assemblée d’enfant sont plus nombreuses que dans les autres prières eucharistiques.

Si le sens du contenu est commun, les tonalités de ces 3 prières sont différentes :

  • plus poétique pour la première,

  • plus chaleureuse pour la deuxième,

  • plus sobre pour la troisième.

Qu’elles soient destinées aux enfants n’empêche pas les adultes d’en tirer, eux aussi leur profit.

9 octobre 2015

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39. Canon n°10
pour les grands rassemblements

Prière eucharistique créée pour la France en 1978, étendue à l’Église universelle le 18 mars 2002

Cette prière eucharistique est en fait prévue avec 4 variantes :

    1. Dieu conduit l’Église

    2. Jésus est notre chemin

    3. Jésus vient pour toutes les détresses

    4. L’Église est en marche vers l’unité

Chaque variante a une préface propre et son intercession propre.

Pour le reste, il s’agit d’une version condensée de la prière eucharistique n°3, sauf le récit de l’institution qui est le même pour toutes les prières eucharistiques.

16 octobre 2015

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40. Cantiques

Deux sens différents :

  • Dans la liturgie des heures, texte biblique qui peut être psalmodié (différence d’avec les hymnes qui ne sont pas tirés de la Bible et qui ont leur mélodie propre). Il y a 46 cantiques de l’Ancien Testament et 12 tirés du Nouveau Testament, hors Évangile, plus 3 tirés de l’Évangile (de Zacharie, de Marie, de Syméon).

  • Dans l’usage liturgique courant, le mot cantique désigne un chant dont au moins le refrain est repris par l’assemblée. Dans ce cadre, on choisit un cantique adapté au jour et au moment de la célébration.

14 novembre 2014

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41. Carême /1

Partie de l’année liturgique qui prépare à Pâques.

Temps de 40 jours d’efforts pour se tourner vers l’événement central de l’année. Le nombre de jours est aussi signe qui rappelle les 40 ans de désert des hébreux et les 40 jours au désert de Jésus, 40 étant un nombre de préparation, compris entre 6*6 = 36 incomplet au carré et 7*7 = 49 complet au carré.



4 jours des cendres

+ 6 semaines de 7 jours = 42 jours

46 jours

- 6 dimanches où l’on fête toujours la Résurrection

40 jours

24 février 2012

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42. Carême /2

Pendant le Carême, du mercredi des cendres au mercredi saint,

  • Les dimanches de Carême ont préséance sur tout : même les solennités sont reportées à un autre jour.

  • les féries des jours de Carême ont préséance sur les mémoires des saints. Seuls les fêtes et les solennités passent avant : St Joseph, l’Annonciation.

Dans la liturgie (messe et liturgie des heures) :

  • le Gloria est omis

  • les Alléluia sont omis ou remplacés par d’autres acclamations.

Le 7 mars 2014

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43. Cathédrale

Église où se trouve la cathèdre, le siège de l’évêque (du latin cathedra, siège à haut dossier). Ce siège particulier est souvent surmonté des armoiries (dessin emblématique, avec la devise) et de la crosse du berger qu’est l’évêque.

C’est l’église principale du diocèse, c’est là qu’ont lieu les célébrations les plus importantes pour le diocèse, par exemple les ordinations presbytérales et la messe chrismale.

31 janvier 2013

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44. Cendres

Les cendres, c’est ce qui reste quand tout ce qui peut brûler est consumé. C’est à la fois un reste, et aussi une chose utile : on peut laver avec de l’eau et de la cendre. Quel sens cela a pour un chrétien ?

  1. Première alliance

    1. C’est depuis longtemps un signe de pénitence, de conversion. Le roi de Ninive marque son repentir et celui de son peuple en se couvrant de cendres (Jo 3, 5-10).

    2. C’est aussi un signe de deuil (Jr 6,26)

    3. Les cendres mêlées à l’eau sont un signe de purification, de lavage du peuple au désert (cf. Nb 19,1-22)

2 – Deuxième Alliance :

Jésus dit aux villes du lac de Tibériade que les païens se seraient couverts de cendre et convertis si ils avaient vu les signes qu’il a accompli pour Capharnaüm, Bethsaïde, etc. (Mt 11,21 // Lc 10,13)



Donc, les cendres, signe de conversion, et de purification : le signe de ce qu’il nous faut pour le Carême.

8 février 2013

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45. Chandeleur

Le 2 février, on lit l’Évangile de Luc (2,22 sq.) qui nous dit que Marie et Joseph vont au Temple 40 jours après la naissance de Jésus. Pourquoi ? c’est pour observer le commandement (Lv 12) des 7 + 33 = 40 jours après l’accouchement pour un garçon ; pour une fille, on a un peu plus de temps.

L’enfant est un don de Dieu, et on doit le remercier en offrant ce 40ème jour un sacrifice au Temple : c’est ce que font Marie et Joseph. Mais ils sont accueillis par Siméon, qui dit de l’enfant qu’il sera lumière des nations. C’est donc la Présentation de Jésus au Temple que nous fêtons le 2 février.

Reste le nom Chandeleur. La liturgie nous invite, ce jour là, à marquer que le Christ est bien lumière des nations en entrant dans le Temple, en commençant la messe par une procession de cierges, de chandelles. D’où le nom Chandeleur.

7 février 2014

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46. Chapelet

Le chapelet est une prière et un instrument de prière.

Le mot vient du vieux français capelet, petit chapeau. Il désignait – dit-on- une couronne de roses posée devant les images ou les statues de la vierge Marie

L’instrument est un collier de grains enfilés que l’on fait glisser entre ses doigts en récitant chaque fois une prière. Le chapelet chrétien se compose de 5 séries de 10 grains, chaque série étant suivie d’un grain séparé. Il comporte de plus une croix et 5 grains qui introduisent au collier. On ne connaît pas l’origine du chapelet catholique dans l’Église, mais son usage existait déjà au XII° siècle quand St Bernard contribua à le développer.



On peut aussi dire la prière du chapelet avec un dizainier. Il y a des dizainiers bracelet formés de 10 grains et d’une croix et des dizainiers bague qui comporte 10 encoches et une petite croix.



Le bon usage du chapelet est d’utiliser la répétition des mêmes mots pour le recueillement. Il ne s’agit pas d’en finir au plus vite pour atteindre un « score », mais d’utiliser cette technique de prière comme un moyen pour être, avec Marie, en prière devant le Seigneur.



Il n’y a pas eu que le chapelet marial dans l’histoire de l’Église

  • « Chapelet du Précieux Sang » avec 33 grains en mémoire des 33 ans de la vie terrestre de Jésus, 1815-1909

  • « Chapelet de Saint Michel archange » possède 39 grains.

  • « Chapelet des morts » avec quatre dizaines, en faveur des âmes du purgatoire. Il fut approuvé et béni par le Pape Pie IX en 1873.

  • « Le chapelet des sept douleurs de la Vierge Marie » possède 59 grains ( 7 mystères de 7 grains chacun)

  • « Chapelet de la Miséricorde divine ». En 1936, Jésus inspire à sœur Faustine, canonisée le 30 avril 2000, le texte du chapelet de la Miséricorde.

Les protestants ne disant pas le « Je vous salue, Marie » et n’ont pas de chapelet. Les orthodoxes n’en ont pas, mais utilisent des hymnes mariaux, comme l’hymne acathiste, dans le même but. Les catholiques seuls utilisent le chapelet.

Les musulmans utilisent un chapelet différent : 100 grains sur lesquels on dit les 100 noms de Dieu

http://92.catholique.fr/faq/priere_rosaire.htm#instrument

le 7 juin 2013

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47. Chasuble

La casula est, dans la basse latinité, le vêtement de dessus que l’on enfile par la tête ; le mot viendrait de casa : « maison ». En effet, la chasuble, qui enveloppait complètement celui qui la portait, évoquait une maisonnette ou une tente. C’était, aux premiers siècles, un vêtement de dessus à l’usage profane ; pour les cérémonies liturgiques, une casula spéciale était utilisée. Peu à peu, elle devint le vêtement propre au clergé, sans être réservée à tel ou tel ordre : même les acolytes la portent. Ce n’est qu’assez tardivement que la chasuble devint l’ornement réservé aux évêques et aux prêtres pour la célébration de la messe.

La chasuble a retrouvé maintenant sa forme et son ampleur primitives, après avoir été réduite à la forme « boîte-à-violon » des derniers siècles ; cette dernière forme a donné lieu à de nombreux chefs-d’œuvre dans le domaine de la broderie ; elle est encore utilisée dans quelques pays, dont l’Italie.

Le prêtre reçoit la chasuble au cours de la cérémonie de son ordination, après l’onction des mains. La chasuble se met au-dessus de l’aube et de l’étole. C’est le vêtement normal du célébrant à la messe ; lors d’une concélébration, le célébrant principal, au moins, la porte.

Revêtu de la chasuble, le prêtre « endosse » le Christ, en la personne de qui il agit.

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

http ://www.liturgiecatholique.fr/Chasuble.html

Le 9 septembre 2011

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48. Chemin de croix

Pourquoi le chemin de croix ?

Méditer sur la passion et la mort du Christ, qui, malgré le refus des hommes, nous sauve en étant fidèle jusqu’au bout à l’amour pour son Père et pour nous.

Origine du chemin de Croix

Dès le XIV° siècle, les franciscains, gardiens de la Terre Sainte, ont invité, les pèlerins à participer à Jérusalem à la passion de Jésus en allant de la tour Antonia, qu’ils croyaient être le tribunal de Pilate, jusqu’au Calvaire : ce chemin classique s’appelle la via Dolorosa. Il serait plus historique de partir du palais d’Hérode où résidait Pilate, mais on ne le savait pas alors et la tradition s’est gardée. Puis à partir du XV°, comme ils le firent pour la crèche de la nativité, les franciscains diffusèrent cette dévotion pour que ceux qui ne pouvaient aller à Jérusalem puisse méditer les souffrances de Jésus.

Contenu

Après des variations sur le nombre et le sens des stations, au XVII° siècle Clément XII fixe 14 stations. 8 relatent des faits attestés dans les Évangiles et 6 ont été ajoutée à partir de traditions non canoniques. On peut cependant mettre ces 6 stations en relation à des textes bibliques.

On y ajoute depuis 1958 (Lourdes) une station devant le tombeau vide. Jean Paul II a entériné cet usage.

Et les autres chrétiens ?

Les protestants n’ont pas gardé cette tradition. Les orthodoxes, le Vendredi Saint font une procession de mise au tombeau en relisant la Passion.

28 juin 2013

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49. Chœur

Du grec ancien khoros χορος , chœur de danse donc de musique, puis de chant.

En liturgie, le chœur désigne d’abord le groupe des personnes qui chantent les psaumes, les hymnes et les cantiques. Par extension, il désigne ensuite le lieu où ces personnes se réunissent.

Dans les monastères, les moines chantent l’office, ils forment un chœur et se réunissent dans une partie de l’abbatiale. Les laïcs n’y sont pas admis à cause de la clôture du monastère. De là vient qui parfois, dans les églises, on n’admette pas les femmes dans le chœur, sans justification réelle puisque les moniales se réunissent dans le chœur de leur abbatiale... sans les hommes, elles aussi à cause de la clôture monastique.

Le vocabulaire est passé des abbayes aux cathédrales où le chapitre des chanoines chantait aussi l’office … et aux églises paroissiales. De ce fait, le chœur y est aujourd’hui le lieu où se trouvent l’autel et l’ambon. Cet espace est à traiter, comme toute l’église avec le respect du à la prière des enfants de Dieu. S’y ajoute le fait que l’ambon reçoit la Parole de Dieu et l’autel le Corps du Christ et qu’ils sont traités donc avec l’attention due aux réalités qu’ils accueillent.

10 octobre 2014

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50. Christ

Ce mot d’origine grecque, comme Kyrie, est en fait la traduction en grec d’un terme hébreu maschia.

De quoi s’agit-il ? En fait, il s’agit de quelqu’un qui a été frotté d’huile, comme les lutteurs encore aujourd’hui en Turquie. Être enduit d’huile apporte un avantage : l’adversaire n’a pas prise sur la peau.

Et c’est de là que le terme a pris dans l’Ancien Testament un sens très précis : verser de l’huile sur quelqu’un, au nom de Dieu, c’est augmenter sa force. Samuel reçoit l’ordre de verser de l’huile sur la tête de Saül (1Samuel 9-10), pour le faire roi, puis, en changeant de famille, David (1Samuel 16). Mais dès le petit fils de David, le roi ne remplit plus son rôle, et Élie (1R 19) va, toujours sur ordre de Dieu, oindre un roi pour Israël, qui s’est séparé de Juda, et oindre Élisée comme prophète.

Devant les infidélités du peuple et de ses dirigeants, devant les fluctuations de l’histoire, après la ruine des 2 royaumes, l’espérance d’un envoyé de Dieu, qui serait le successeur de David est entretenue par les prophètes ; un maschia, un messie, un Christ.

Et ce sera Jésus, que les premiers chrétiens, parlant grec, appelleront Christ dans la prière. Et nous aussi, nous avons repris ce mot pour dire combien nous croyons que Jésus, mort et ressuscité, est bien Celui qui nous sauve.

25 octobre 2013

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51. Christ roi

Pour comprendre cette fête, relisons la 1ère lettre aux Corinthiens :

  1. Cor 15 24 Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. 25 C’est lui en effet qui doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. 26 Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort, 27 car il a tout mis sous ses pieds. Mais quand il dira : « Tout est soumis désormais », c’est évidemment à l’exclusion de Celui qui lui a soumis toutes choses. 28 Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous. (2ème lecture Christ Roi année A).

Le Christ est bien le Roi de l’Univers. Mais c’est de façon paradoxale :

  • ce roi, on le rencontre dans le pauvre qui est secouru (évangile année A : Mt 25),

  • ce royaume n’est pas de ce monde (avec Pilate : évangile année B : Jn 18)

  • le trône royal, c’est la Croix (évangile année C : Lc 23).

Par le baptême, le chrétien est, lui aussi, roi, et de la même façon que Jésus.

Cette fête a été instituée par le pape Pie XI en 1925 pour l’Église universelle.

22 novembre 2013

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52. Ciboire

Du grec kiborion transcrit en latin ciborium : c’est une coupe en forme de gousse de fève d’Égypte servant à la nourriture solide (cibus).

Comme le Christ est la nourriture de la vie éternelle, les chrétiens latins ont utilisé le mot pour désigner le récipient en matière noble destiné à conserver les hosties consacrées pour en avoir toujours à porter aux absents, malades ou prisonniers.

Aujourd’hui, on veille toujours à avoir en réserve des hosties consacrées en quantité suffisante dans un ou plusieurs ciboires de taille adaptée aux nécessités de chaque communauté catholique.

On conserve le ciboire plein dans le tabernacle.

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53. Cierge

Du latin cera : « cire ». Le cereus ou, en bas latin, le cergium est le flambeau obtenu par le trempage réitéré d’une mèche dans la cire ou dans une autre substance capable d’alimenter une flamme. A l’origine, les cierges assuraient l’éclairage nécessaire aux actes profanes comme aux actes rituels. On les conserva, en dehors même de tout besoin de lumière — par exemple lors des cérémonies faites en plein jour —, à des fins symboliques : évoquer la Lumière qu’est le Verbe incarné (cf. Jn 1,4-9 ; 8, 12 ; 9, 5).

A un moment où les dîners aux chandelles connaissent une grande faveur, en raison de l’atmosphère d’intimité chaleureuse procurée par la lumière des bougies, il serait dommage que les célébrations liturgiques méconnaissent le symbolisme du cierge. A proximité de l’autel ou sur l’autel lui-même, on dispose des chandeliers supportant des cierges.

A la fin des rites du baptême, le nouveau baptisé reçoit un cierge, allumé au cierge pascal, symbole du Christ ressuscité ; le célébrant lui dit : « Recevez la lumière du Christ ». Devenu « fils de lumière », il doit marcher dans la lumière et garder sa lampe allumée pour le retour du Christ. Lors du baptême d’un enfant, au père, au parrain ou à l’un des membres de la famille venant d’allumer un cierge au cierge pascal, le célébrant déclare : « C’est à vous, leurs parents, leurs parrains et marraines, que cette lumière est confiée : veillez à l’entretenir… ».

De même, aux funérailles, les cierges entourant le cercueil sont allumés au cierge pascal, lumière du Christ.

Le cierge est donc, pour tous les baptisés, le symbole de leur vie même dans le Christ ressuscité.



D’après dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
29 octobre 2011

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54. Cieux

On parle souvent de cieux dans la liturgie et non de ciel au singulier. (Cf. Gloire à Dieu ; Notre Père ; Coeli est un pluriel de coelus, orthographe tardive de caelus,)

Dans le Sanctus : caeli pluriel traduit en singulier le ciel).

Ceci parce que ces textes ont été écrits à une époque où l’on pensait que l’on passait graduellement du domaine humain à la présence de Dieu par sept cieux empilés les uns sur les autres. Saint Paul parle de ses visions en parlant du 3ème ciel (2Cor 12,2)

On sait maintenant qu’en astronomie, ce n’est pas comme ça, mais on garde les textes anciens tels qu’ils ont été écrits.

Gardons de ces textes l’idée d’approcher de Dieu par le chemin privilégié que nous a ouvert le Christ ressuscité par les sacrements.

24 avril 2015

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55. Clerc

Ce mot a plusieurs sens, dérivés les uns des autres :

  1. En droit canon (le droit de l’Église) sont clercs les évêques, les prêtres et les diacres. Ils ont reçu le sacrement de l’Ordre.

  2. Clercs réguliers : ce sont des membres d’Institut religieux suivant une règle, sans être moines ou chanoines réguliers : par exemple les jésuites, les théatins, etc. Tous ne sont pas ordonnés, mais tous ont prononcé des vœux simples au moins.

  3. Par extension, on parle aussi de clercs pour les enfants de chœur et les séminaristes.

  4. Du fait qu’au début du moyen âge, seuls les prêtres savaient lire et écrire en latin, le mot est passé aussi aux adjoints des officiers ministériels (notaires, huissiers…) qui savaient lire et rédiger les documents de leurs « études ».

Le 7 décembre 2013

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56. Collecte

Oraison - c’est-à-dire prière - dite par le président d’une assemblée de prière catholique. Cette prière est liée à l’évènement que l’on célèbre (dimanche, fête, mariage, baptême, office …).

Cette oraison donne très souvent le sens profond de ce que l’on célèbre. Elle introduit aux lectures de la Parole de Dieu à la messe, aux mariages et baptêmes. Aux dimanches et fêtes, elle est reprise dans la liturgie des heures, où elle conclut les offices de laudes et vêpres.

Du latin collectio = action de rassembler. La collecte fédère toutes les prières de l’assemblée en un seul bouquet adressé à Dieu Notre Père ; l’assemblée marque son accord en disant Amen.

24 octobre 2014

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57. Communauté

L’assemblée chrétienne est communauté. Il faut se souvenir du sens du verbe assembler qui peut vouloir dire monter ensemble des pièces d’un ensemble. L’assemblée chrétienne est la suite du qahal juif, assemblée convoquée par Dieu dans le cadre de l’Alliance, jusque dans la synagogue (du grec sun aggein, faire chemin ensemble). Le grec ekklesia a le même sens.

De même, l’assemblée chrétienne est une communauté convoquée par Dieu dans le cadre de l’Alliance scellée dans la mort et la résurrection de Jésus. Il ne peut s’agir de relation entre moi seul et Dieu : nous sommes, par la volonté du Seigneur, frères et sœurs de Jésus et les uns des autres. Nous faisons ensemble l’Église du Seigneur. De ce fait, notre prière dans la messe ou d’autres offices est communautaire et non individuelle : nous prions ensemble du même pas, ou nous nous séparons de l’Église.

Par extension, on nomme aussi ainsi les religieux d’un même ordre vivant ensemble.

22 mars 2013

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58. Communion

  1. LES DIFFÉRENTS ASPECTS DE LA COMMUNION

Le terme latin communio, comme son équivalent grec koïnônia, exprime d’abord une union stable de personnes, une communauté, une mise en commun (communis), le partage, la communication. La communion chrétienne, c’est l’union des fidèles entre eux, fondée sur leur union à Dieu Trinité, communion des trois Personnes Divines qui fonde la communion des saints (Credo).

Jésus est venu réunir les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52), en les faisant entrer dans l’unité même du Père et du Fils (Jn 17, 11.21.22.23). L’Eucharistie, qu’il a laissée aux siens en témoignage suprême d’amour, constitue l’aliment divin capable de créer et de restaurer l’unité des disciples du Christ : actualisation sacramentelle de l’unique sacrifice, elle est aussi le « moyen » privilégié offrant aux chrétiens la possibilité d’être insérés dans la vie même de Dieu. La «communion » eucharistique est, en ce sens, la réception du corps et du sang du Christ en aliment d’immortalité.

Assimiler le Christ consiste à devenir ce qu’il est, c’est-à-dire le Fils, pour exercer pleinement la vie filiale : « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi » (Jn 6, 57).

En soi, la communion sous les deux espèces est la plus significative, mais, pour des raisons pratiques, elle n’est pas toujours possible (grand nombre, manque de ministres).

Faut-il rappeler que l’Eucharistie est un aliment des vivants ? Pour recevoir la communion, il est nécessaire de n’avoir pas conscience d’une faute qui aurait porté un coup fatal à l’amitié divine.

Avant de recevoir l’Eucharistie,

  • reconnaissance (Le Corps/Sang du Christ – Amen) et

  • geste de respect s’impose.

2 LES GESTES DE COMMUNION :

2.1 DEUX FAÇONS DE RECEVOIR LE CORPS DU CHRIST

  • Selon l’usage traditionnel, décrit par Cyrille de Jérusalem : « avec la main gauche, fais un trône pour la droite qui va recevoir le Roi. Reçois le Corps du Christ dans le creux de ta main et réponds : « Amen ». Avec soin, sanctifie alors tes yeux par le contact du Corps sacré. Prends-le, veille à n’en rien perdre. » En France, la communion dans la main fut autorisée par le Conseil permanent de l’Épiscopat, le 19 juin 1969.

  • Mais dès le V° siècle on a commencé à communier sur la bouche. Et comme à partir du XII° siècle on communiait de moins en moins, la communion s’est faite toujours sur la bouche.

  • On n’a recommencé à communier souvent (une fois par mois, puis une fois par jour) qu’au début du XX° siècle (St Pie X).

En cas d’épidémie, il est mieux de communier dans la main.

  1. COMMUNIER AU SANG DU CHRIST :

Deux façons de communier au sang du Christ :

  • En buvant au calice : ce n’est réalisable qu’avec un petit nombre

  • Par intinction : c’est la façon de faire pour un grand nombre ou en période d’épidémie.

Le 21 janvier 2011

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59. Communion sacrement

On peut dire que c’est l’acte de s’unir consciemment au Christ ressuscité, pour devenir « un autre Christ », l’ambition normale de tout baptisé.

Comme pour le baptême, comme pour chaque sacrement, il y a signe, parole et intention

Signe : le pain et le vin consacrés rendent sensible la réalité invisible de mon union au Christ ressuscité, réalité inaccessible aux sens puisque nous sommes dans le temps et le Christ dans l’éternité.

Parole quand on nous présente le pain « le corps du Christ » et quand on nous présente le vin « le sang du Christ.

Intention : celui qui donne – je préfère à distribuer, même si le terme est correct – veut nourrir ses frères de la vie même de Dieu et celui qui reçoit reconnait, au-delà des apparences, le Christ qui s’offre à nous. Notre réponse, « amen » montre bien notre accord avec cette intention.

6 juillet 2012

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60. Complies

Suite et fin de la liturgie des heures ou office



Complies est la dernière prière avant le sommeil.

Cet office commence par un temps en silence où chacun relit sa journée

Une hymne rassemble les participants dans une même prière

Suivent un psaume long ou deux psaumes courts

Puis un court passage de la Parole de Dieu

Le Cantique de Syméon (Maintenant, tu peux laisser ton serviteur s’en aller … Nunc dimitis)

Une prière de conclusion

La journée se termine par un chant à Marie

31 mai 2013

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61. Concélébration

Deux sens à ‘‘célébrer avec’’ :

en un premier sens, les fidèles concélèbrent avec le prêtre (cf. SC 14, 19, 28, etc…) ;

en un deuxième sens, technique, c’est une messe célébrée avec simultanément plusieurs prêtres, présidée par un évêque ou l’un des prêtres.

Vatican II a étendu à toute l’Église un usage ancien, oublié en occident au moyen âge quand il s’agissait de multiplier les messes pour les défunts, et gardé partiellement dans les Églises orientales pour marquer ‘‘l’unité du sacerdoce’’.

Elle est recommandée aux messes conventuelles, aux rencontres presbytérales, et s’il n’est pas nécessaire d’augmenter le nombre de messes dominicales.

Elle est même obligatoire le Jeudi saint, aux messes de conciles, synodes et assemblées épiscopales et aussi aux messes d’ordination. (SC57).

Le 23 mars 2012

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62. Confirmation sacrement

La confirmation est le sacrement qui marque le développement plénier du baptême, qui fait le chrétien adulte. Comme précédemment pour la communion et le baptême, nous regardons ce sacrement selon l’angle strictement liturgique, avec la grille de lecture : signe-parole-intention.

  • Signe : onction du Saint Chrême

  • Parole : « soit marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu »

  • Intention du confirmé : devenir adulte dans l’Église, en recevant la plénitude de l’Esprit Saint promis au baptême : le confirmé marque son intention en répondant à l’appel de son nom et en répondant amen à la parole.

N.B. :

  1. les baptisés adultes peuvent, selon les diocèses, être confirmés immédiatement à la suite de leur baptême ou quelques jours après (Pâques – Pentecôte).

  2. Les chrétiens orientaux lient dans la même célébration baptême première communion et confirmation.

Le 13 juillet 2012

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63. Consécration

Pour l’Église latine, les paroles consécratoires proprement dites sont les paroles de l’institution.

Les Orientaux considèrent l’épiclèse comme consécratoire.

Ces deux points de vue ne sont pas opposés ; à son habitude, la mentalité orientale souligne le caractère synthétique de la Prière eucharistique : elle est consécratoire dans son entier, mais particulièrement dès lors qu’elle fait expressément appel à l’œuvre de l’Esprit. La rigueur et la précision latines insistent sur les paroles et les gestes qui reproduisent les paroles et les gestes du Seigneur à la dernière Cène.

Récemment, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et celle pour le culte divin ont reconnu la validité consécratoire d’une prière eucharistique orientale très ancienne sans récit de l’institution.

D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Le 8 juillet 2011

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64. Couleurs liturgiques

La liturgie étant l’hommage intégral à Dieu créateur de toutes choses, l’usage des couleurs dans les célébrations revient à rendre gloire à Dieu avec un élément de la création. Le choix et la variété de ces couleurs a beaucoup dépendu des temps et des lieux ; il en est encore ainsi.

En Occident, il y a 4 couleurs liturgiques principales : le blanc, le rouge, le vert, le violet.

On peut utiliser aussi le noir (funérailles) et le rose (au troisième dimanche de l’Avent (Gaudete) et au quatrième dimanche de Carême (Laetare)).

L’or, comme couleur des Solennités, et le bleu, comme couleur de la Vierge Marie, sont parfois utilisés en certains endroits. Aux célébrations solennelles, on peut utiliser les ornements les plus beaux, même s’ils ne sont pas de la couleur du jour.

D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Le 28 janvier 2011

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65. Crédence

Autrefois, table où le goûteur vérifiait les mets avant le repas, d’où le nom d’origine italienne credenza signifiant la confiance.

C’est toujours un endroit où l’on prépare ou débarrasse une table ou un bureau, et où l’on expose les assiettes ou les plats de prestige, par exemple dans un restaurant.

En liturgie, c’est la table, l’étagère, le meuble ou la niche où l’on prépare calice, ciboire, burettes etc. avant la messe et où on les range provisoirement après la communion : l’autel est bien la table du repas des baptisés. C’est aussi le lieu où l’on range évangéliaire ou lectionnaire s’il y a lieu.

C’est aussi là que l’on prépare le matériel nécessaire pour les autres cérémonies dans l’église : baptêmes, confirmation, mariages, funérailles.

3 octobre 2014

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66. Credo

Résumé de l’essentiel de la foi tel que rédigé par les Conciles de Nicée (325) et Constantinople (381) pour répondre aux affirmations d’Arius (Jésus est pour Arius un « dieu inférieur » « créé » par le Père).

C’est le minimum auquel il faut croire pour être chrétien et tout développement théologique doit être en accord avec ce texte.

Nous disons le Credo aux dimanches, solennités et fêtes.

Une autre formule est possible dans l’Église catholique Romaine : le « symbole des Apôtres » qui ne vient pas de définitions de conciles, mais de l’usage à Rome. Sa relation aux apôtres n’est que son usage romain.

Le 28 décembre 2012

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67. Culte

Du latin cultus, cultivé, soigné. On rend à Dieu un culte : en l’adorant, on cultive notre amour pour Lui en réponse à son amour pour nous. Ce culte se réalise en actes : prière, charité, témoignage. Le sommet du culte catholique est la messe, mais il ne faut pas séparer la prière ni du service du prochain ni du témoignage par la vie et la parole.

Témoignage :

Rm 1, 9 « Car Dieu m’en est témoin, lui à qui je rends un culte spirituel en annonçant l’Évangile de son Fils : je fais sans cesse mémoire de vous. »

S’offrir en retour :

Rm 12, 1 « Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. »

Adorer

Jn 4, 23 La Samaritaine « Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. 24 Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »

Charité

1Jn 3, 14 « Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. 15 Quiconque a de la haine contre son frère est un meurtrier, et vous savez que pas un meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. 16 Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. 17 Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? »

21 mars 2014

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68. Culte de latrie et de dulie

Dans la vie catholique, on parle de culte rendu à Dieu et de culte des saints. Il y a bien deux formes de culte : le culte de latrie, réservé à Dieu et à Dieu seul, et le culte de dulie, réservé à Marie et aux saints. Quelles différences ?



Le culte de dulie : du grec δουλος, doulos, esclave

Ce nom a été conservé depuis la querelle des iconoclastes (casseurs d’icônes :) qui traitaient leurs adversaires d’iconodules, c’est-à-dire esclaves d’images au VIII° siècle. Le 7ème concile (Nicée II 787) fit cesser cette querelle en affirmant la distinction entre l’adoration réservée à Dieu seul et la vénération des saintes images. Le concile de Trente a repris ces termes.

Les statues de saints en occident et les icônes de saints en orient sont vénérées pour marquer le respect que l’on a pour tel saint, dont l’exemple nous marque personnellement ou communautairement. On peut aussi demander à un saint de prier pour nous dans la communion des saints, soit en vertu de la proximité que nous vivons avec ce saint, soit pour faire des progrès dans le domaine où il a montré une voie de sainteté. Marie réunit toutes ces caractéristiques et on parle à son sujet d’hyperdulie. Mais tous ces saints restent relatifs face à l’absolu de Dieu.



Le culte de latrie : du grec λατρεία / latreia : culte, adoration

C’est, bien au delà de ce que nous entretenons avec les saints, le rapport que nous devons avoir avec Le Seul Saint, dont toutes les formes de sainteté sont dérivées :

Nous avons à remercier Dieu pour son amour total pour nous- sa miséricorde -, nous avons à intercéder pour nos frères – proches comme la famille ou l’ordre religieux – et à adorer sa Sainteté.

Tout ceci ne doit pas être séparé des actes que nous avons à faire pour faire connaitre Dieu, pour aimer notre prochain.

26 août 2016, complété le 30 août 2016

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69. Culte des saints

On a vu précédemment le culte rendu à Dieu, culte qui est en réponse à son amour pour nous, on dit culte de latrie ou d’adoration.

Le culte des saints est appelé culte de dulie, du grec douléia : « servitude », « esclavage ». Pour comprendre ce mot, il faut voir qu’il traduit un terme hébreu qui dit à la fois servitude et service : Dieu a libéré son Peuple de la « servitude » des Égyptiens pour l’amener au « service » royal de Yahvé.

Le culte des saints est donc fait de respect, de confiance, d’attachement à des modèles qui prient Dieu avec nous, « dans la communion des saints » : il se traduit en « services », des prières et des gestes de dévotion ; les fêtes et les divers actes liturgiques qui honorent les saints constituent des manifestations de dulie.

Le culte des saints se distingue on l’a vu, du culte d’adoration qui ne peut être rendu qu’à Dieu seul : on n’adore que Dieu. Il faut maintenir pratiquement, dans la vie chrétienne, cette distinction : on prie Dieu avec Marie et tous les saints. Dans le « je confesse à Dieu » nous supplions Marie et tous les saints de prier pour nous.

Et c’est parce que les saints sont modèles de vie chrétienne, Marie en tête, que leur vie nous instruit utilement et que leur prière s’unit à la notre.

Les prénoms de notre baptême nous donnent, à chacun, comme modèles personnels, des saints à qui, singulièrement, nous sommes confiés. Pensons nous assez à eux comme modèles et intercesseurs ?



28 mars 2013

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70. Dalmatique

La dalmatica est un vêtement de dessus, originaire de Dalmatie (aujourd’hui partie de la Yougoslavie), dont l’usage était assez répandu dans l’Empire romain aux premières siècles de notre ère. C’est une chasuble à manches courtes mais amples ; elle est fendue en-dessous des bras. C’est un vêtement de serviteur, tout l’opposé de la toge.



La dalmatique est devenue, vers le IV° ou le V° siècle, le vêtement propre des diacres, passé au-dessus de l’aube et de l’étole. Les évêques peuvent la porter au-dessous de la chasuble dans les offices pontificaux : cette coutume souligne que l’évêque est le diacre véritable, c’est-à-dire le signe sacramentel du Christ-Serviteur (voir Service) ; l’ordination diaconale est une participation à la mission de l’évêque et de ses collaborateurs, dans la ligne du service.



D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

http ://www.liturgiecatholique.fr/Dalmatique.html

Le 16 septembre 2011

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71. Date de pâques

La date de Pâques détermine une bonne partie du calendrier de l’année liturgique. La Pâque juive est fixée au 14 Nissan, dans le calendrier propre aux juifs. Mais ce jour ne tombe pas forcément un dimanche.

Avant le concile de Nicée, chaque Église locale fixait au mieux la date du dimanche de Pâques. Au concile de Nicée, en 325, on a fixé une date commune pour tous les chrétiens : le 13ème jour après la nouvelle lune du 21 mars ou immédiatement après. Cette date tombe entre le 22 mars et le 25 avril. Restait à avoir la même méthode de calcul. En 525, une méthode, mise au point par un moine, Denis le petit, fut adoptée par tout le monde.

C’était à peu près clair tant que l’on avait tous le calendrier julien.

Mais le calendrier julien dérive par rapport au cycle solaire, ce qui conduisit au calendrier grégorien au XVI° siècle. De ce fait, les calculs faits à partir des 2 calendriers ne retombent pas toujours aux mêmes dates. Les prochaines dates communes sont : 20 avril 2014, 16 avril 2017 et 20 avril 2025

Au concile Vatican II, il a été souhaité que l’on revienne à une date commune. Une déclaration conciliaire est attachée à la constitution Sacrosanctum concilium sur la liturgie.

Le 27 mars 2013.

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72. Dédicace

La dédicace d’une église est la consécration de ce bâtiment à la prière du peuple chrétien par l’évêque. Avec cette célébration, le lieu devient siège de l’assemblée chrétienne.

Dedicare c’est, en latin, déclarer, révéler et de là, définir l’usage d’un lieu, puis consacrer un lieu à des fins religieuses ou dédier un livre.

L’évêque se fait ouvrir la porte, puis bénit les murs. L’autel et au moins 4 piliers sont marqués du saint chrême pour marquer que ce lieu est donné et on fait brûler de l’encens sur l’autel, signe de la prière qui montera de l’assemblée qui se réunira là. On scelle dans la pierre d’autel des reliques.

Puis on célèbre la première messe et on remplit pour la première fois le tabernacle, pour garder la réserve qui permet de porter l’eucharistie aux absents.

On en célébrera les anniversaires en priorité sur tout (solennité), semaine sainte et Pâques excepté. La dédicace de la cathédrale est une fête pour tout le diocèse.

200ème mot de la liturgie

10 juin 2016

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73. Dédicace de la cathédrale

Signification

Dédicace, qu’est-ce que ça veut dire

Dedicare en latin = verbe composé sur dico dire = déclarer, révéler puis déclarer que ceci est à cela, et donc consacrer un lieu à une divinité, du temps à un travail.

De là, transformer un temple consacré à une divinité en église : e.g. la Minerve d’Assise.

Cathédrale

Cathedra = Chaise à dossier, chaise de professeur, de personne ayant autorité d’où siège d’évêque. La cathédrale est l’église de l’évêque et de sa communauté, le diocèse, donc la notre aussi.

Dédicace, pourquoi ?

Une église, une cathédrale, c’est le lieu où les chrétiens se réunissent. C’est un lieu qui est réservé, dédié, à la prière d’une assemblée chrétienne (ekklesia). La dédicace d’une église, d’une cathédrale, c’est la cérémonie qui marque l’affectation de ce lieu à la prière de cette communauté de baptisés. Ce lieu devient important parce qu’il différent de tous les autres lieux, il est dédié à la prière de cette communauté de baptisés.

Dédicace, en quoi ça consiste ?

Une messe solennelle célébrée par la communauté chrétienne présidée par l’évêque, où le bâtiment est marqué comme église, lieu consacré au Corps du Christ, une communauté chrétienne rassemblée en prière. L’autel est consacré en y faisant brûler de l’encens, en marquant de Saint Chrême l’autel et douze points du bâtiment, décorés par une croix. On illumine de cierges l’autel et le bâtiment, puis on y célèbre la première messe.

(27 novembre)

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74. Dimanche

Le 8ème jour. Jour de la Résurrection, jour de la nouvelle création après les 7 jours de la Genèse.

Dès l’époque des apôtres, c’est le jour de l’assemblée convoquée par Dieu pour le mémorial de la Passion et de la Résurrection, le Jour du Seigneur.

Même sous les persécutions de l’Empire romain, les assemblées se tiennent ce jour-là, témoin ces gens arrêtés dans la Tunisie d’aujourd’hui qui disent « nous ne pouvons pas faire autrement. »

Soyons, comme Mgr Renaudin le disait dans sa lettre pastorale de 2001, les étonnés du dimanche. Recevons en communauté cette vie.

En venant à la messe du dimanche, pourquoi ne pas inviter ceux qui ne viennent pas toujours à venir avec vous ?

Le 22 juin 2012

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75. Doxologie

Doxa, en grec, signifie « gloire », et logos « parole ». La doxologie est donc une « parole de gloire », c’est-à-dire une formule célébrant la Gloire de Dieu. De telles formules sont nombreuses dans l’Écriture.

Dans la liturgie, les principales doxologies sont

le « Par lui, avec lui et en lui » qui conclut la Prière eucharistique à la messe,

le « Car c’est à Toi qu’appartiennent » qui suit la prière commentant la demande « délivre nous du mal » du Pater,

les « Gloire au Père » qui, dans la liturgie des Heures, concluent les Psaumes,

la dernière strophe des hymnes depuis le pape St Damase.

On peut dire aussi que le Gloria de la messe et le Te Deum sont des doxologies (voir Louange).



D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés et d’autres sources. http://www.chautard.info/ 10/12 2012
23 septembre 2011

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76. Église

L’ekklèsia, chez les Grecs, était l’assemblée des citoyens libres réunis par convocation (ek-kaléô).

Dans l’Ancien Testament déjà, Israël est né comme Peuple de Dieu au « Jour de l’Assemblée » (Dt 9, 10 ; 10, 4 ; 18, 16), lors de son consentement à l’Alliance avec Yahvé (Ex 24). Le Qehal-Yahvé est l’exact antécédent de l’Église ; dans la traduction grecque de l’Ancien Testament, la Septante, le mot hébreu qâhâl est le plus souvent traduit par ekklèsia. Il faut surtout remarquer que le Peuple de Yahvé naît comme Peuple dans une liturgie d’alliance : son identité est donc liturgique.

L’Église est l’assemblée du Peuple de Dieu, convoquée par Dieu et pour Dieu, en vue de la célébration de l’Alliance.

L’Église est fécondée à la Croix, par l’Esprit, l’eau et le sang (Jn 19, 30.34 ; 1 Jn 5, 6-8), donc au cœur du sacrifice unique de la nouvelle Alliance ; elle naît à la Pentecôte, dans l’effusion de l’Esprit Saint, comme assemblée célébrant les merveilles de Dieu (Ac 2, 11).

La nature même de l’Église est donc liturgique.

Les églises, lieux de rassemblement de l’Eglise, tirent leur noblesse de la rencontre d’alliance entre Dieu et son Peuple, rencontre dont elles sont le théâtre. Les solennelles cérémonies de la dédicace les rendent aptes à devenir les « Tentes du Rendez-vous » de la nouvelle Alliance.



D’après dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Pour le 25 novembre 2011

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77. Embolisme

Le mot grec embolismos vient de em-ballein : « mettre dans » ou « placer entre » ; il désignait le mois lunaire intercalaire qui venait, à intervalles plus ou moins réguliers, s’ajouter à l’année lunaire, pour combler le décalage qui s’accentuait entre elle et l’année solaire.

En liturgie, l’embolisme est une prière qu’on intercale entre deux autres ; ce mot est pratiquement réservé à la prière qui suit le « Notre Père » à la messe ; elle développe la dernière demande : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur… ». A la fin de cet embolisme, on chante l’acclamation « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne… » qui, primitivement, suivait le Pater.

D’après dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
1er mars 2013

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78. Encens

    Incensum, en latin, signifie proprement « ce qui est brûlé » (de incendere : « brûler »). L’encens est une résine aromatique qui brûle en dégageant une fumée odoriférante. Pilé en petits grains, il est déposé sur les charbons incandescents dans l’encensoir. Il arrive que l’on ajoute à l’encens telle ou telle autre substance aromatique, comme le benjoin.

    La plupart des religions antiques ont utilisé l’encens. Yahvé lui-même prescrit à Moïse que, chaque matin et chaque soir, on fasse fumer devant lui l’encens aromatique sur l’autel des parfums qui se trouve placé dans le Saint (Ex 30, 7-8 ; cf. Lc 1, 9-11). Au jour solennel des Expiations, le grand prêtre passe même dans le Saint des Saints, avec charbons et encens, pour recouvrir d’un nuage de parfum l’arche d’alliance au-dessus de laquelle Yahvé est censé résider (Lv 16, 12-13).

    Avec l’encens, c’est la prière des Israélites qui monte vers Dieu en bonne odeur, selon cette parole du Psalmiste : «Que ma prière soit devant ta face comme l’encens ! » (Ps 140, 2). L’Apocalypse reprend cette liturgie : « Un ange vint se placer près de l’autel, muni d’une pelle en or. On lui donna beaucoup de parfums pour qu’il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or placé devant le trône. Et, de la main de l’ange, la fumée des parfums s’éleva devant Dieu, avec les prières des saints » (8, 3-4).

    A mi-chemin entre la liturgie d’Israël et la liturgie du ciel, l’Église offre à Dieu l’encens pour signifier concrètement son adoration et sa prière (cf. Mt 2, 11). Elle continue ainsi l’hommage central du Christ, qui s’est offert à son Père en sacrifice d’odeur agréable (Ep 5, 2) ; tous les fidèles sont appelés à répandre en tout lieu la bonne odeur du Christ (2 Co 2, 14-16).

    L’encens est présenté à tout ce qui symbolise Dieu, à tout ce qui touche à lui : la Croix d’abord, l’autel, le livre des évangiles, les oblats, le prêtre lui-même et les fidèles. Lors des obsèques, on encense la dépouille mortelle des baptisés, en signe de l’honneur qui est dû à un temple de l’Esprit Saint (1 Co 6, 19). Au cours des cérémonies de la dédicace d’une église, après que l’on a brûlé pour la première fois l’encens sur l’autel, on va encenser les douze croix de consécration, qui ont reçu l’onction de saint chrême ; ce rite se reproduit au jour anniversaire de la dédicace.

    L’encensement de la Croix et de l’autel a lieu deux fois à la messe solennelle : à l’entrée et au moment de la préparation des oblats ; on le pratique aussi à la fin des Vêpres, pendant le chant du Magnificat (éventuellement à la fin des Laudes, pendant le chant du Benedictus). Au salut du Saint-Sacrement, on encense à deux reprises l’hostie consacrée, présentée à l’adoration de tous sur l’ostensoir placé sur l’autel. Quand le prêtre a imposé l’encens, il le bénit d’un signe de croix ; cette bénédiction est omise devant le Saint-Sacrement exposé.

Le 13 janvier 2012
D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

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79. Enfants de chœur

Quand il n’y a pas de lecteur ou d’acolyte institué, des enfants ou des jeunes aident le/les célébrants au cours de la liturgie (messe/autres célébrations). Leur proximité de l’autel leur donne aussi une meilleure compréhension de ce qui s’y passe.

Il peut y avoir parmi eux des acolytes (service de l’autel), un thuriféraire (service de l’encens) et son aide, un naviculaire, des porteurs de cierges ou céroféraires, un porte croix ou cruciféraire qui ouvre les processions, etc.

Depuis 1983, ces fonctions sont accessibles aux filles (ce point a été confirmé dans l’instruction Redemptionis sacramentum de 2004 de la congrégation pour le culte divin, approuvée par Jean Paul II)

Le 8 mars 2013

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80. Envoi

La messe (et optionnellement les offices de Laudes et Vêpres) se terminent par une invitation :« Allez dans la paix du Christ »

Pourquoi ? Plusieurs raisons :

marquer que la messe ou l’office sont finis mais surtout envoyer les participants en mission. C’est ce que disait le latin « ite, missa est » où missa dérive du verbe mitto (misi mittum) dont le sens premier est ‘‘envoyer’’. C’est d’ailleurs de ce verbe que l’on a créé les mots latins missio et missile ...

Pourquoi envoyer en mission ? Les participants baptisés et confirmés viennent d’être nourris de la Parole de Dieu et du Pain de vie : ils ont à porter Qui ils ont reçu ‘‘dans les périphéries’’ ou, comme le dit le concile Vatican II (LG 10) : « C’est pourquoi tous les disciples du Christ, persévérant dans la prière et la louange de Dieu (cf. Ac 2, 42-47), doivent s’offrir en victimes vivantes, saintes, agréables à Dieu (cf. Rm 12, 1), porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre, et rendre raison, sur toute requête, de l’espérance qui est en eux d’une vie éternelle (cf. 1 P 3, 15). »

19 décembre 2014

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81. Épiclèse

Du grec épiclèsis : littéralement « appel » (klèsis) « sur » (épi).

Dans la prière eucharistique ou canon, il y a deux épiclèses, deux l’appel à l’Esprit Saint pour qu’il vienne consacrer les dons présentés par l’Église et réunir les fidèles présents dans le Corps du Christ.

Dans le Canon 2, les formules sont les suivantes :

· « Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur ».

· « Humblement, nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps. »

L’épiclèse manifeste la primauté de l’action de l’Esprit saint dans la liturgie ; sans son action, la prière du prêtre et celle de la communauté ne sauraient aboutir, ni actualiser vraiment l’Alliance.

Au-delà de l’acte central de l’Eucharistie, c’est tout acte liturgique qui exige la primauté de l’agir divin de l’Esprit. D’après dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

Le 1er juillet 2011

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82. Épiphanie

Dimanche, nous fêtons l’Épiphanie du Seigneur Jésus.

En grec, phaino, c’est briller, luire, paraître, se montrer. Epi-phaino c’est paraître au dessus ou devant, faire paraître. Epi-phaneia , c’est une chose ou une personne rendue visible : une apparition, une manifestation divine. Par exemple, le roi Antiochus « Épiphane », qui combattait la religion juive au temps des Macchabées voulait se faire prendre pour une manifestation de Dieu.

La visite des mages– des astrologues-astronomes perses – manifeste que Jésus est venu non seulement pour Israël, mais pour tout homme, quel que soit son état : les mages sont des étrangers qui exercent une profession interdite en Israël au livre du Lévitique.

Leurs cadeaux sont plein de significations : dans l’enfant de Bethléem, on reconnait un Dieu (encens), un roi (or) et un homme (myrrhe pour embaumer un mort).

3 janvier 2014

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83. Étole

Du latin stola ou du grec stolè : « vêtement de dessus ». L’étole est l’insigne vestimentaire propre à ceux qui ont reçu le sacrement de l’ordre. Il s’agit d’une longue bande d’étoffe qui comporte deux pans égaux ; elle est assortie aux couleurs liturgiques des autres vêtements du culte. L’évêque et le prêtre la passent derrière le cou et laissent pendre parallèlement ses deux bandes sur le devant ; le diacre la porte en bandoulière, à partir de l’épaule gauche : un point de couture — ou un nœud —, situé vers le bas, lie les deux pans de telle manière que l’étole traverse en diagonale tout le corps, devant et derrière.

A l’origine, l’étole semble n’avoir été qu’un linge servant à essuyer la bouche, à éponger la sueur ou les larmes : une sorte de mouchoir, que les Latins nommaient orarium, de os (« bouche »). Le mot en vint à désigner l’insigne liturgique qu’on a dit ; les Grecs l’adoptèrent dans sa transcription ôrarion, tandis que les Latins, pour des raisons qui nous échappent, préféraient la stola ou « étole ». L’étole se porte au-dessus de l’aube.

D’après Dom Robert Le Gall _ Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD,
Le 28 janvier 2011

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84. Eucharistie

Eukarizein = dire merci en grec ancien et moderne. Eu – karis. Toute prière, est eucharistie : nous disons merci. Karis et gracia = même mot. Rendre grâce – et on ne rend que ce que l’on a reçu : nous avons reçu des grâces de Dieu, des cadeaux gratuits, gracieux, gratifiants, de Dieu et nous lui disons merci.

Pour comprendre la messe comme eucharistie, il faut remonter au repas pascal juif.

On boit du vin au fur et à mesure du repas, vin de la liberté et de la joie

On mange

  • du pain sans levain partagé en morceaux, le pain de la liberté

  • des herbes (persil, etc. … ) trempées dans l’eau salée (les larmes d’Égypte)

  • des herbes amères (amertume de l’esclavage)

On relit le récit de l’Exode

On chante des psaumes dont le Ps. 135 le grand Hallel Rendez grâce … (Hallel =>Allel lu Ya)

C’est ce que Jésus a fait avec ses disciples, c’est ce que nous faisons, selon son commandement :

  • Écouter l’Écriture et les textes des apôtres, chanter les psaumes

  • Bénir le pain et le vin et le partager

  • Dire merci à Dieu

Faire mémoire va plus loin que refaire des gestes : c’est comme un « télescopage du passé, du présent et de l’avenir » (Don Robert Le Gall) : nous refaisons le passé aujourd’hui et nous annonçons le futur (cf. anamnèse : nous rappelons ta mort Seigneur ressuscité et nous attendons que tu viennes).

L’éternité sera une eucharistie sans fin.

29 avril 2011

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85. Évangéliaire

Dans les sanctuaires importants – lieux de pèlerinage, cathédrales – un lectionnaire est réservé à la lecture solennelle de l’Évangile : l’Évangéliaire. Les Églises d’Orient ont aussi gardé cette façon de faire.

Souvent bien orné, parfois très ancien, il sert, dans la procession d’entrée et de sortie, à marquer la présence de Dieu dans sa Parole.

Il est remis solennellement au diacre lors de son ordination pour signifier son rôle de porteur de l’Évangile.

15 novembre 2013

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86. Férie

Les feriae latines correspondent à nos jours « fériés » : des jours consacrés au repos et à la célébration de fêtes.

Si l’on parle de jours en liturgie comme de férie, ça veut dire que chacun des jours liturgiques sont des fêtes.

On appelle « férie » tout jour de la semaine non marqué par une Solennité, une Fête ou une Mémoire obligatoire : les prières, messe et offices sont alors celle du temps liturgique, avent, noël, carême, temps pascal ou temps ordinaire.

D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Le 16 décembre 2011

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87. Fêtes de Marie

15 fois dans l’année liturgique en France, nous fêtons Marie.

8 décembre Solennité de l’Immaculée Conception reporté en 2013 au lundi 9

1° janvier Solennité de Sainte-Marie, Mère de Dieu

2 février Fête de la Présentation du Seigneur au Temple

11 février Mémoire (facultative) de Notre-Dame de Lourdes

25 mars Solennité de l’Annonciation du Seigneur

31 mai Fête de la Visitation de la Vierge Marie

Samedi après la solennité du Sacré-Cœur Mémoire du Cœur Immaculé de Marie

16 juillet Mémoire (facultative) de Notre-Dame du Mont-Carmel

5 août Mémoire (facultative) de la dédicace de Sainte-Marie-Majeure

15 août Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie

22 août Mémoire de la Vierge Marie Reine

8 septembre Fête de la Nativité de la Vierge Marie

15 septembre Mémoire de Notre-Dame-des-Douleurs

7 octobre Mémoire de Notre-Dame-du-Rosaire

21 novembre Présentation de la Vierge Marie.

En plus de ND de Lourdes, on fête aussi les apparitions de ND de la médaille miraculeuse, rue du Bac, ND des Ardents à Arras, ND des 3 épis près de Bale, ND de grâce à Cotignac, ND de pitié à Garaison, ND du Laus, ND de Guadalupe au Mexique, ND de la Salette, ND de Fatima au Portugal, ND de Pontmain, ND de Pellevoisin, la Vierge au cœur d’or à Beauraing, la Vierge des pauvres de Banneux, ND de la prière à l’Ile-Bouchard, etc… Chaque fois, en fêtant Marie, nous regardons un aspect de l’Incarnation de Dieu en Jésus – vrai Dieu et vrai homme, et une des merveilles que Dieu a faites pour nous.

6 décembre 2013

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88. Fêtes du Christ

En plus des dimanches, fête de la Résurrection, j’ai relevé 16 fêtes du Christ dans l’année : certaines dans le cycle liturgique, d’autres à date fixe :

  1. Annonciation 25 mars : c’est l’annonce de l’Incarnation

  2. Noël 25 décembre : c’est la fête de l’Incarnation : Dieu se fait bébé !

  3. Épiphanie : dans l’enfant de Bethléem, on reconnait un Dieu (encens), un roi (or) et un homme (myrrhe pour embaumer un mort).

  4. Présentation du Seigneur 2 février : Jésus accomplit avec ses parents la loi de Moïse : Jésus lumière des nations.

  5. Baptême du Seigneur : dimanche après l’Épiphanie.

  6. Transfiguration 6 août : Jésus montre Qui il est à ses apôtres.

  7. Rameaux : Jésus entre en roi dans Jérusalem

  8. Jeudi Saint : Jésus se donne à ses disciples corps et vie

  9. Vendredi Saint : Jésus, l’innocent (celui qui ne fait pas de mal) se laisse condamner.

  10. Pâques : la mort n’est pas le dernier mot pour Jésus, ni pour nous.

  11. Ascension : Jésus a terminé tout ce qu’il avait à faire sur terre : il nous envoie en mission.

  12. Trinité 1er dimanche après la Pentecôte : Dieu se révèle Amour Total

  13. Fête Dieu 2ème dimanche après la Pentecôte : Jésus nous a laissé un mémorial : son Corps et son Sang.

  14. Sacré Cœur vendredi après la Fête Dieu : Jésus aime chacun de nous personnellement et ensemble.

  15. Croix glorieuse 14 septembre : C’est par la mort et la résurrection du Christ que nous sommes sauvés.

  16. Christ Roi : dernier dimanche de l’année liturgique : Toute la Création converge vers le retour du Seigneur.

D’une certaine façon aussi, les fêtes de Marie sont fêtes de l’Incarnation.

13 décembre 2013

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89. Fraction du pain

La « fraction du pain » est un des plus anciens noms de l’Eucharistie (Lc 24, 35 ; Ac 2, 42).

Le rituel juif des repas prévoyait que le président, après avoir prononcé la bénédiction, rompe le pain pour le distribuer aux convives.

Jésus a fait ces gestes lors des multiplications des pains (Mt 14, 19 ; 15, 36 ; Jn 6, 11) et au moment de l’institution de l’Eucharistie (Lc 22, 19).

Le rite de la fraction devient alors le symbole du Christ-Serviteur donnant sa vie pour que nous ayons la vie en abondance : il se livre pour être « rompu » (par la souffrance) et distribué entre tous. « Rompre le pain » devient ainsi l’acte central de la liturgie chrétienne (Ac 2, 46 ; 20, 7.11 ; 27, 35 ; 1 Co 10, 16).

Dans la célébration de la messe, le rite de la fraction se situe après le geste de paix, pendant le chant de l’Agnus Dei. En insérant cette invocation dans la messe, le pape Sergius (687-701) institua qu’on la chanterait pendant « la confraction du corps dominical ».

Lors de la fraction du pain, le célébrant met dans le calice un fragment d’hostie, le fermentum. C’est le souvenir qu’autrefois, dans l’Église latine, on marquait dans une messe célébrée dans une paroisse, la communion avec l’évêque en mettant dans le calice un morceau de pain consacré par l’évêque lors d’une messe précédente dans la cathédrale. C’est aussi le symbole de la réunion du corps du Christ tout entier, chair et sang.
Le 15 juillet 2011
D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

90. Funérailles /1

Du latin funus, qui a le même sens. C’est le nom que l’on donne aux cérémonies qui accompagnent un deuil. À l’église, ce sont des cérémonies religieuses, exclusivement : pas d’enterrement civil à l’église, donc.

Ce moment de prière, pour un baptisé, ou même quelqu’un qui demande le baptême ou qui en avait l’intention, n’est pas un sacrement. C’est l’accompagnement par la communauté chrétienne du défunt vers Dieu et de ses proches dans la peine. C’est pourquoi, en l’absence de prêtre ou de diacre, elle peut être présidée par un laïc désigné à cet effet.

En France, la préparation se fait en général par des laïcs qui reçoivent, au nom de la communauté, les proches, et recueillent auprès d’eux les données nécessaires :

  • la personnalité du défunt et les circonstances de son décès,

  • le sens que l’on veut donner à la cérémonie, le choix des textes, les intentions de la prière universelle, les chants et la musique,

  • la participation des proches (lecture des textes, rite de la lumière)

  • éventuellement un témoignage sur le défunt.

  • beaucoup de familles souhaitent personnaliser la cérémonie, par exemple par la lecture d’un texte cher au défunt ou par l’écoute d’un morceau de musique qu’il aimait.

Dans beaucoup de cas, une messe n’aurait pas de sens pour l’assistance, aussi, on reporte l’intention de messe à une prochaine messe de la communauté.

14 février 2014

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91. Funérailles /2

Le déroulement d’une cérémonie de funérailles sans messe est le suivant :

1. Entrée de la famille et du cercueil

2. Temps de l’accueil :

mot d’accueil

rites de la lumière rappelant la lumière remise au baptême

  1. Temps de la parole :

lecture d’un texte de l’ancien testament ou des apôtres

chant d’un psaume

lecture de l’évangile et homélie

  1. Temps de la prière :

prière universelle

Notre Père

  1. Temps de l’adieu :

chant pour le dernier adieu

encensement rappel de la dignité de fils de Dieu

aspersion d’eau bénite avec le bénitier

geste d’adieu personnel des membres de l’assemblée : aspersion ou autre signe selon les convictions de chacun.

  1. Sortie de l’assistance, du cercueil et de la famille

23 mai 2014

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92. Génuflexion

C’est littéralement, plier le genou, donc - tant qu’on le peut encore - mettre un genou en terre puis se relever. C’est un signe d’adoration.

Déjà dans le livre des Rois (19,18), Dieu dit à Élie qu’il y a un reste en Israël de sept mille hommes qui n’a pas fléchi le genou devant les idoles cananéennes. Le roi Ézéchias s’agenouille à la fête de la restauration du Temple. Dans la bouche d’Isaïe (45,23), Dieu annonce que ‘‘tout genou fléchira devant Lui’’. Paul (Eph 3,14) tombe à genoux devant l’amour de Dieu. C’est donc un geste qui nous vient du judaïsme et d’avant lui, peut-être.

La génuflexion est utilisée pour adorer le Saint Sacrement, ou la croix le Vendredi Saint. Dans la prière du Chemin de croix, on fait une génuflexion – toujours tant qu’on le peut – à chaque station.

28 novembre 2014

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93. Gloire de Dieu

Voilà un mot de la liturgie qui ne nous parle plus ! Et pourtant !

Pour bien le comprendre, il faut remonter à l’Exode :

(Ex 13, 21) où Dieu guide les Hébreux par une colonne de nuée, sombre et lumineuse

(Ex 40,34) où Dieu se manifeste en prenant possession de la Tente de la Réunion qu’il a demandée à Moïse.

Dans les deux cas, il s’agit d’une expression pour ne pas dire la Présence de Dieu : il ne s’agit en rien de célébrité, mais de ne pas parler directement de Dieu par respect. Dans la suite du judaïsme, on parlera de cette présence par le mot « shekinah ».

Nous disons dans la liturgie le « Gloire à Dieu » nous disons que nous célébrons la messe « pour la gloire de Dieu et le salut du monde », et dans le Credo, nous affirmons que le Christ reviendra « dans la gloire » : c’est de cette présence rendue sensible qu’il s’agit.

Par le baptême, nous sommes remplis de la présence de Dieu, et de ce fait remplis de sa « gloire ». C’est pour cela qu’Irénée, deuxième évêque de Lyon, dira « La gloire de Dieu c’est l'homme vivant, et la vie de l'homme c'est la vision de Dieu: si déjà la révélation de Dieu par la création donne la vie à tous les êtres qui vivent sur la terre, combien plus la manifestation du Père par le Verbe donne-t-elle la vie à ceux voient Dieu! »

En sommes-nous toujours conscients ? Sommes-nous assez transparents pour rendre visible Dieu présent en nous et avec nous ?

27 mars 2015

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94. Gloria in excelsis Deo

La Présentation générale du missel romain (prænotandæ du missel) nous dit que « le Gloria est une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l´Église, rassemblée dans l´Esprit Saint, glorifie Dieu le Père ainsi que l´Agneau qu’elle supplie…

On chante ou on dit le Gloria le dimanche en dehors de l´Avent et du Carême, aux solennités et aux fêtes, ou encore dans des célébrations particulières plus solennelles. » (fin de citation)

Le Gloria était à l’origine une prière pour les Laudes, l’office du matin. Il a été introduit dans la messe de la nuit de Noël au IIe siècle, en grec, par le pape Télesphore. Il a été ensuite étendu, entre le VIe et le VIIIe notamment par Symmaque à d'autres messes dont la fête de la sainte Trinité, mais uniquement si le pape ou un évêque la célébrait. Puis, à partir du XIIe siècle, son emploi est généralisé à tous les prêtres pour tous les dimanches et fêtes, à l'exception des dimanches de l'Avent et du Carême.

Depuis qu’on y a introduit la mention du Saint Esprit, c’est une doxologie, plus étendue et plus complète que celle qui conclut les psaumes.

C’est un pas supplémentaire dans la réunion de l’assemblée, puisque, après le rite pénitentiel qui nous guérit des fautes peu graves, nous pouvons chanter ensemble la gloire de Dieu, avec les anges à Bethléem (Lc 2,13). Nous sommes déjà dans l’action de grâce, l’eucharistie : c’est dire merci à Dieu de nous avoir réunis et de nous avoir pardonné.

18 décembre 2015

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95. Grâce

En latin , gratia :

I-1 faveur (cadeau), I-2 remise (annuler une obligation), I-3 reconnaissance (gratitude)

II-1 bonne grâce de quelqu’un envers soi, II-2 relations amicales,

III agrément, charme

IV une des 3 grâces

En fait, le mot gratia traduit le grec : ùcarij

I-A1 grâce, charme de la beauté I-A2 joie, plaisir

I-B1 grâce, bienveillance, faveur I-B2 en faveur de

II égard, marque de respect

III-1 désir de plaire III-2 de bon gré III-C1 reconnaissance III-C-2 salaire

En ce qui concerne la liturgie, nous reconnaissons les grâces, les faveurs que Dieu nous fait en Jésus, sans mérite de notre part, et en retour, nous « rendons grâce » traduction du terme grec eucarizein, qui jusqu’à aujourd’hui encore signifie dire merci. De ce verbe, nous avons tiré eucharistie.

19 juin 2015

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96. Graduel

Ce mot a 3 significations :

1. Dans les psaumes, les psaumes graduels (gradu = marche) sont ceux de la « montée à Jérusalem », du pèlerinage au Temple, les n° 119 (120)-133 (134) principalement (Ô ma joie quand je suis parti …).

2. L’Église a continué le chant de ces psaumes dans la liturgie, et ils ont été placés entre la 1ère et la 2ème lecture, donc avant la proclamation de l’Évangile. Peu à peu, le choix a été étendu aux autres psaumes, surtout en les mettant en rapport avec la lecture qui les précède.

3. Le mot graduel sert aussi à désigner le recueil de la façon de chanter les psaumes avec les mélodies grégoriennes.

Le 23 novembre 2012

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97. Heure médiane

Suite de la liturgie des heures ou office

C’est un petit office que l’on dit soit dans la matinée, soit à midi, soit l’après-midi, pour continuer à mettre sa journée dans la prière. On dit :

Une hymne

Puis 2 psaumes

Un passage de la Parole de Dieu

Une prière de conclusion

Voir le mot Bréviaire (en 2011) pour une vue d’ensemble.

24 mai 2013

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98. Homélie

C’est l’Évangile aujourd’hui

« L’homélie est en effet une actualisation du message scripturaire, de telle sorte que les fidèles soient amenés à découvrir la présence et l’efficacité de la Parole de Dieu dans l’aujourd’hui de leur vie. Elle doit aider à la compréhension du Mystère qui est célébré, inviter à la mission, en préparant l’assemblée à la profession de foi, à la prière universelle et à la liturgie eucharistique…. L’Assemblée synodale a exhorté à considérer les questions suivantes :

  • ‘‘Que disent les lectures proclamées ?

  • Que me disent-elles à moi personnellement ?

  • Que dois-je dire à la communauté, en tenant compte de sa situation concrète ?’’. »

Exhortation post-synodale Verbum Domini du Pape Benoît XVI sur la Parole de Dieu

http ://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/apost_exhortations/documents/hf_ben-xvi_exh_20100930_verbum-domini_fr.html

C’est une responsabilité très grande du prédicateur : Grégoire le Grand disait : ;

« Oh ! combien ce que je dis là est pour moi terrible ! Parler de la sorte, c’est frapper sur moi, incapable que je suis d’assurer la prédication comme il convient et, dans la mesure où je puis l’assurer, d’y conformer ma vie ! Je me laisse prendre souvent par des bavardages, et quand il s’agit d’exhorter et d’édifier, je tarde, engourdi et négligent. Devant Dieu qui me voit, je suis devenu muet et prolixe, muet quand il faudrait parler, prolixe pour les futilités.

Or voici que la parole de Dieu me force à parler de la vie du guetteur. Me taire, je ne puis ; et cependant je crains fort, en parlant, de frapper sur moi. Je parlerai, je parlerai ! Que le glaive du Verbe de Dieu me passe au travers pour aller percer le cœur du prochain ! Je parlerai, je parlerai ! Que la parole de Dieu se fasse entendre par moi, fût-ce contre moi ! Je ne refuse pas d’être accusé, je vois trop ma torpeur et ma négligence. Reconnaître ma faute, ce sera peut-être, auprès d’un juge qui est bon, obtenir le pardon. »

Le 10 juin 2011

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99. Hosanna

Après alléluia, kyrie et amen, aujourd’hui ‘‘hosanna’’. C’est, cette fois encore, un mot d’origine hébraïque.

Le mot hoshanna est composé de l’impératif du verbe sauver (hosha, « sauve ») et d’une particule de demande (na, « s’il –te-plait »). Il est donc proche de l’exclamation hoshya na ( « De grâce, secours-nous ») du Psaumes 118-XXV.

Dans la liturgie juive, les Hoshannot sont un cycle de prières propre à la fête de Souccot, notre Pentecôte.

Dans l’Évangile (Matthieu 21 :9 ; Marc 11 :9 ; Jean 12 :13) l’entrée de Jésus à Jérusalem est accompagnée de cette acclamation.

Dans la liturgie catholique, cette acclamation des Rameaux est reprise après la préface, comme un rappel des Rameaux, avant de revivre le repas Pascal ; dans ce mémorial, comme les juifs pour la Pâque, nous nous rendons présents, avec l’aide de Dieu, au Jeudi saint, évènement fondateur de notre foi, Jeudi saint où Jésus se fait serviteur des siens (lavement des pieds) et se donne en nourriture.

C’est donc toute la semaine sainte que nous revivons dans l’eucharistie.



11octobre 2013

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100. Hostie

Du latin hostia, victime d’un sacrifice.

Pour un catholique, il n’y a, au sens strict, qu’une seule victime d’un sacrifice unique : le Christ mort et ressuscité (He 10,12). Dans un sens dérivé, nous nous offrons, avec le Christ dans la prière eucharistique : cf. la prière en préparant le calice : comme cette eau se mêle… et la conclusion de la prière eucharistique : par Lui, avec Lui et en Lui…

Après l’araméen utilisé en Palestine, et le grec partout ailleurs, quand le grec n’a plus été compris en occident, l’Église s’est mise à y parler latin et à entrer dans la culture latine : elle a utilisé le vocabulaire de la religion païenne romaine pour parler du Christ comme victime unique.

Comme la prière eucharistique nous rend présent et participants (mémorial) au sacrifice du Christ, les offrandes, pain et vin, ont été appelées hostiæ, pluriel de hostia.

Peu à peu, on a réservé ce mot au pain azyme – rappel de la Pâque juive- utilisé pour cette liturgie eucharistique, qui nous fait revivre la Pâque – le passage – du Seigneur.

7 novembre 2013

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101. Hymnes

Origine grecque : umnos : chant en l’honneur d’un dieu.

Dans la liturgie, les hymnes sont principalement utilisés au début d’une prière de la liturgie des heures : il s’agit d’un poème et pas d’un texte biblique, et il a une mélodie propre différente des mélodies utilisées pour les psaumes.

À la demande des conférences épiscopales de langue française, pour appliquer Sacrosanctum Concilium n°93, et en travaillant avec des exégètes et des liturgistes, Patrice de la Tour du pin a composé de nombreuses hymnes pour la liturgie des heures en langue française.

23 octobre 2015

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102. Institutions

Les institutions sont l’acte public par lequel l’évêque institue un laïc, aujourd’hui, un homme comme Lecteur et Acolyte. Il lui donne ainsi donne la responsabilité des services :

  • de la Parole (hors l’Évangile pendant la messe),

  • de la distribution de la Communion, et plus généralement

  • du service de l’autel.

Si cet homme est destiné au diaconat (permanent ou en vue du presbytérat), cette étape précède de quelques mois l’ordination diaconale qui seule fera de lui un clerc.

Sinon, cette institution peut être conférée à titre permanent.

Dans l’état actuel des choses, seuls les hommes sont concernés, mais rien n’empêche l’Église d’en décider autrement dans l’avenir.

Dimanche, Mgr. Lalanne instituera Lecteur et Acolyte en vue du diaconat permanent Jean-Michel Camier à Fosses. Merci de prier pour lui et sa famille.

2 mai 2014

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103. Invitation avant les lectures

Selon que l’on lit l’Évangile ou un autre texte de la Bible, on dit de quelle partie de la Bible ce que l’on proclame est tiré : lecture de tel livre, lettre, etc… ou Évangile de Jésus- Christ selon …

C’est pour nous signifier que ce qui suit n’est

ni une introduction, qui donc doit être faite avant, si nécessaire,

ni un commentaire, qui serait à faire après la lecture,

ni une homélie, qui est la proposition par l’évêque, le prêtre ou le diacre d’une mise en acte de ces textes,

mais le texte à la fois inspiré par Dieu, et œuvre personnelle de l’auteur du livre. Comme Dieu le dit au prophète Jérémie (Jr 1,9) « je mets dans ta bouche mes paroles » ainsi, Dieu met dans la bouche du lecteur sa Parole.



Dans les Églises orientales, le diacre proclame en plus, avant l’Évangile : « Sagesse … soyons attentifs ». Ceci vaut aussi pour nous tous.

1er mai 2015

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104. Invitation et réponse après les lectures

Il y en a deux selon la lecture qui vient d’être proclamée :

« Parole du Seigneur » « Nous rendons grâce à Dieu » pour toute lecture de la Bible sauf l’Évangile

et : « Acclamons la Parole de Dieu » « Louange à Toi, Seigneur Jésus » pour ce dernier.

Elles marquent plusieurs choses :

Ce qui vient d’être dit depuis l’invitation n’est pas la parole du lecteur, ni un commentaire, ni une introduction, mais la Parole de Dieu et elle seulement, comme dit la semaine dernière.

Cette parole de Dieu est reconnue comme telle par l’assemblée.

Cette lecture de la Parole de Dieu est close.

Après l’Évangile, il y a place maintenant à son actualisation :

homélie de l’évêque, du prêtre ou du diacre et/ou

méditation en silence et/ou,

hors de la messe, à un échange entre participants sur ce qu’ils en reçoivent.

8 mai 2015

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105.Jeûner

Du latin jejunium : « privation volontaire de toute nourriture. Jeûner, c’est montrer à Dieu que l’on n’est rien sans lui ; c’est surtout se reconnaître pécheur et implorer, par la reconnaissance pratique de son néant, le pardon divin (1 R 21, 27 ; Dn 9, 3). Le jeûne corporel n’a de sens que s’il est accompagné d’un jeûne ou d’une abstention du péché (cf. Is 58, 1-12) ; autrement, il n’est que de pure ostentation (Mt 5, 16-18).

Dans l’Évangile, Jésus sait utiliser le jeûne en tant que préparation à la rencontre divine ou à toute grande œuvre faite avec Dieu. Il montre cependant que le jeûne, en soi, n’a qu’une valeur relative et que, pour ses disciples, conviés au festin messianique, il exprime l’attente passionnée de l’Époux qu’il est (Mt 9, 14-15).

Le jeûne de l’Église du mercredi des Cendres et du Vendredi saint exprime la volonté de réparer le péché et d’y renoncer ; il est aussi et surtout une préparation à la rencontre de Pâques. On peut aussi jeuner en se privant de télévision, de téléphone portable, surtout quand on manque de liberté vis-à-vis de ces objets.

Le jeûne eucharistique, limité à une heure avant la communion — un quart d’heure pour les malades —, est essentiellement une préparation à recevoir le Christ lui-même, dans le sacrement qui actualise son chef-d’œuvre d’Amour ; c’est un acte de respect.



D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés, et d’autres sources
Le 2 mars 2012

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106. Jubilé

Dans l’Égypte, on marquait la 30ème année du règne d’un pharaon par une fête spécifique.

Pour les juifs, c’est d’abord une prescription du livre du Lévitique, un des 5 livres de la Torah, un code de lois.

Lv 25, 10 Vous ferez de la cinquantième année une année sainte, et vous proclamerez la libération pour tous les habitants du pays. Ce sera pour vous le jubilé : chacun de vous réintégrera sa propriété, chacun de vous retournera dans son clan. 11 Cette cinquantième année sera pour vous une année jubilaire : vous ne ferez pas les semailles, vous ne moissonnerez pas le grain qui aura poussé tout seul, vous ne vendangerez pas la vigne non taillée. 12 Le jubilé sera pour vous chose sainte, vous mangerez ce qui pousse dans les champs.

C’est donc une année de libération pour tous, de repos pour les agriculteurs et de confiance dans ce que Dieu donne. Le texte hébreu nomme cette fête yobel. En latin, on a rapproché ce mot de jubilare qui a donné jubilé en français.

Pour l’ensemble de l’Église catholique, les jubilés ordinaires ont été institués tous les 50 ans, puis tous les 25 ans. Des jubilés extraordinaires ont lieu pour une raison spéciale : cette année, nous sommes dans le jubilé de la Miséricorde, voulue par le pape François pour mettre en évidence la miséricorde de Dieu, dans la ligne de ce qu’en avait dit Saint Jean Paul II.

Pour un diocèse ou un lieu de pèlerinage, un jubilé sera célébré à chaque demi-siècle anniversaire de son existence.

Enfin, on parle encore de jubilé pour les grands anniversaires (10, 25, 40, 50 ans) de l’ordination d’un prêtre ou d’un diacre, et la consécration d’un évêque.

3 juin 2016

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107. Kyrie

C’est une invocation en grec.

Kyrie = Seigneur : les grecs avec un gouvernement oligarchique/démocratique n’avaient pas de mot pour dire Seigneur ; ils ont repris le nom Cyrus, roi de Perse pour désigner tout personnage important de rang royal.

Kyrie eleison dit Seigneur, prends pitié. Cette invocation est apparue comme réponse à la prière universelle, où elle est toujours possible. Puis, à Rome, avec la réforme du pape Grégoire le Grand, on sait qu’il est à sa place actuelle dans le rite romain.

Cette invocation trinitaire (Kyrie, Christe, Kyrie) demande, alors que nous ayons reçu le pardon de Dieu pour les fautes légères, à ce que la miséricorde de Dieu prenne en charge nos besoins, surtout nos besoins spirituels.

Le Kyriale est le recueil des chants Kyrie, Sanctus, Agnus Dei, Credo, d’abord en chant grégorien, puis, par extension, en langue vulgaire.

Le 30 novembre 2012

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108. Langue liturgique

Si l’on veut se reporter à l’origine, Jésus priait la Bible (psaumes, et prophètes …) en hébreu, et les prières courantes en araméen. Ce sont donc les deux premières langue liturgiques de l’Église. Encore aujourd’hui, le syriaque descendant de l’araméen est utilisé en liturgie Syriaque.

Saint Paul priait en grec, et longtemps la prière de l’Église a été en grec. Le grec, troisième langue liturgique, est toujours la langue liturgique des patriarcats de Constantinople et d’Athènes.

Les Égyptiens parlaient copte, et leur liturgie était donc dans leur langue vulgaire, le copte, soit une quatrième langue liturgique.

Quand, en Occident, on n’a plus compris le grec, le pape Victor (en 187) a fait traduire les prières en latin, cinquième langue liturgique, pour que tout le monde comprenne et prie.

Ce qui fait que l’Église se retrouve avec les langues vulgaires de tous les peuples.

Mais l’évangélisation progresse. Et au IX° siècle, Cyrille et Méthode évangélisent les slaves et utilisent leur langue, le slavon, pour les prières et la liturgie, sixième langue liturgique. Des allemands leur cherchent noise en 869, mais sont condamnés par le pape Adrien II.

Ceci sera oublié plus tard, et on en viendra à imaginer en Occident que le latin seul peut être une langue liturgique, avec, comme conséquence, que le peuple cessera de prier avec les célébrants et à ne plus comprendre ce qui se passe à l’autel.

Cette position se raidira avec la Réforme, qui, elle, passera à la langue vulgaire.

Il faudra attendre le milieu du XX° siècle, sous Pie XII, pour que la langue vulgaire réapparaisse, en double du latin, puis la réforme liturgique de Vatican II pour que la langue vulgaire soit utilisée pour la participation active des fidèles.

Le latin reste utilisé pour des réunions internationales et pour la célébration sous le rite extraordinaire..

Le 9 mars 2012

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109. Laudes

Du latin Laudes = louanges. C’est le premier office du jour (du latin officium = charge publique).



Il est composé

d’un psaume invitatoire (n°94, ou n°66, ou n°99 ou n°23) qui introduit la prière de la journée,

d’un hymne, choisi selon le temps liturgique et/ou la fête du jour,

de deux psaumes encadrant un cantique de l’Ancien Testament,

d’un texte bref de la Parole de Dieu,

du Cantique de Zacharie,

d’un temps de louanges et d’intercession, de la prière du jour.

Cet office se conclut par la bénédiction et l’envoi.

La prière des psaumes est celle que Jésus utilisait quotidiennement. Voir le mot Bréviaire pour une vue d’ensemble.

Le 3 mai 2013

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110. Lavabo

En latin 1ére personne du futur du verbe lavare = laver : je laverai.

À l’origine, le prêtre avait recueilli les offrandes, souvent en nature, des fidèles pour le repas commun, et pourvoir aux besoins de la communauté, des pauvres notamment. Il n’avait donc pas forcément les mains propres, et se lavait les mains après.

Par la suite, on a ajouté sur ce geste le chant ou la récitation du psaume 26 à partir du v. 6 .

« 06 Je lave mes mains en signe d'innocence pour approcher de ton autel, Seigneur,

07 pour dire à pleine voix l'action de grâce et rappeler toutes tes merveilles. »

Et quand les offrandes sont devenues les quêtes, faites par d’autres que le prêtre, le psaume a gardé son sens, comme dernière préparation personnelle du célébrant principal avant la liturgie eucharistique..

12 juin 2015

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111. Lecteur

Celui qui proclame la Parole de Dieu (1ère et 2ème lecture)

Il y a deux situations : lecteur ordinaire ou extraordinaire

  • Le lecteur ordinaire est un ministre (serviteur) institué par l’évêque : lecteur et acolyte. Sa mission est de dire la Parole de Dieu et d’aider à la comprendre hors homélies.

    • C’est, dans l’Église romaine, le moment où l’on annonce publiquement que quelqu’un est en route vers le diaconat et/ou le presbytérat.

    • Ce pourrait être aussi un état permanent qui s’arrêterait là. On peut être institué lecteur sans que l’on se dirige vers l’ordination. On pourrait même envisager que des femmes soient instituées lectrices.

  • Le lecteur extraordinaire est un baptisé, homme ou femme, qui rend ce service à la communauté en l’absence de ministre institué.

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112. Lectio divina

Méthode de lecture priante de la Bible.

Cette lecture priée nous vient des méthodes juives de lecture de la Torah.

ELLE SUPPOSE 3 PRINCIPES :

1. L’unité de l’Écriture. Il ne faut pas prendre un morceau isolé, mais garder une vue d’ensemble du livre et de toute la Bible.

2. L’actualité de la Parole. Ces textes nous concernent aujourd’hui.

3. La foi en Jésus Christ vivant dans la communauté. Nous ne lisons pas seuls, mais en Église, avec ceux qui nous ont précédé et nos contemporains : Pères de l’Église, théologiens, papes ….

COMMENT PROCÉDER :

En 4 temps : Lire – Méditer – Prier – Contempler

  1. 2 – Lire : Après avoir demandé à l’Esprit Saint de nous aider, face au texte, il faut commencer par lire, lire le texte quatre ou cinq fois. Si le texte est déjà connu, on risque de lire superficiellement, et d’en perdre ainsi la richesse. On peut alors recopier le texte ou surligner des mots. Cet effort de concentration fait souvent émerger des aspects du texte dont on ne s’était pas encore aperçu. La grammaire (analyse logique des phrases) est un outil à utiliser.

2 – Méditer : Il s’agit encore d’étude priante : on peut utiliser des dictionnaires bibliques, des commentaires des Pères de l’Église, etc., les notes de bas de page des Bibles et les références mentionnées en marge du texte. On doit tendre à faire émerger le message central du texte. On entre en écoute du texte. C’est à ce moment que, de façon naturelle, naît la prière.

3 – Prier : Le mouvement de dialogue qui s’instaure entre le lecteur et le texte devient un échange où l’on s’adresse à Dieu en lui disant «tu». À ce stade, la seule indication que l’on puisse donner, c’est de se rendre docile à l’Esprit et à la Parole écoutée. La prière peut être un silence d’adoration, un merci ou parfois l’aridité du désert : le texte résiste à nos efforts, la Parole reste muette, et notre prière ne jaillit pas davantage. Alors, il faut tenir, offrir son corps sans voix dans une prière muette. Le Seigneur voit même le désir de la prière

4 – Contempler : ni extase ni «vision», c’est conformer progressivement son regard à celui de Dieu. Comme la Parole tend vers l’Eucharistie, de même la lectio divina façonne progressivement un homme eucharistique, capable de gratitude et de gratuité, de discernement de la présence du Seigneur dans l’autre et dans les différentes situations de l’existence

Le 26 octobre 2012

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113. Lectionnaire

Livre liturgique contenant les lectures prévues pour tel ou tel temps de prière.

Pour la messe, on distingue le lectionnaire dominical (cycle de 3 ans) comportant 3 lectures : Ancien Testament, Épitres, et Évangile en lecture semi-continue et le lectionnaire de semaine (cycle de 2 ans : une lecture continue de la bible hors Évangile et une lecture d’Évangile pour les féries, jours où il n’y a pas de fête ni de solennités).

Il existe un lectionnaire pour le baptême, pour le mariage, pour les défunts, etc.

Le Livre des jours est le lectionnaire de l’office des lectures.

À la messe, comme dans les autres offices, les lectures de l’Écriture n’ont pas une simple fonction d’information ; elles sont la proclamation du dessein de Dieu dans l’histoire du salut, une actualisation de la Révélation pour l’assemblée. C’est dans la liturgie que la Bible trouve ses véritables dimensions de « Parole de Dieu vivante et efficace » (He 4, 12).

12 octobre 2012

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114. Lecture
(office des)

Office nommé d’après ce qu’on y fait : des lectures méditées



Cet office (en principe du matin) est composé

  • d’un hymne, choisi selon le temps liturgique et/ou la fête du jour,

  • de trois psaumes ou sections de psaumes

  • d’un verset court

  • d’une lecture biblique avec son répons,

  • d’un texte correspondant au jour liturgique

  • d’une prière de conclusion et d’un envoi.



Les deux lectures se trouvent

  • dans les livres de la Liturgie des heures

  • ou dans Le livre des jours pour ceux qui utilisent Prière du temps présent.



Cet office sert plus à la méditation personnelle de la fête du jour.



Voir le mot Bréviaire (en 2011) pour une vue d’ensemble.



Le 17 mai 2013

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115. Les 7 jours avant noël

Comme l’Avent est de longueur variable, du 17 au 24 décembre, on ne suit plus les textes de la 3ème et / ou de la 4ème semaine, mais on prend les textes qui préparent directement Noël : la généalogie de Jésus, l’annonce à Joseph, l’annonce à Zacharie, l’Annonciation, la Visitation, la naissance de Jean Baptiste, etc…

De même, les versets des alléluia des messes disent « Seigneur viens » et les antiennes du Magnificat commencent toutes par l’invocation Ô.

On dit que l’on est dans la semaine des « antiennes Ô » et l’ambiance se fait à la fois plus insistance et plus joyeuse : Noël est tout proche.

20 décembre 2013

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116. Linges d’autel

On distingue plusieurs pièces de tissus qui sont utiles à l’autel. Il y en a 4 principaux :

1. La nappe couvre entièrement l’autel, rappelant que la messe est un repas

2. Le purificatoire est le linge qui sert à essuyer la patène et le calice. Il est plié le plus souvent en 4 dans la longueur.

3. Le corporal est une petite nappe supplémentaire qui est déployé pour la partie eucharistique de la messe. Il est plié en 9 et marqué d’une croix ou au centre, ou sur le milieu de l’un des cotés.

4. Le manuterge est un petit linge plié en accordéon, utilisé par le prêtre pour s’essuyer les mains, soit après le lavabo, soit après l’imposition des cendres le mercredi des cendres.

D’autres linges peuvent orner l’autel, l’ambon, de la couleur liturgique du jour…

Le 27 avril 2012

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117. Liturgie /1

Deux mots grecs : laos (peuple, c.a.d. organisé, pas foule) et urgein : travailler (cf. métallurgie, sidérurgie) : C’est le travail du peuple. En vocabulaire chrétien, c’est une des 3 taches essentielles des chrétiens, le travail de la louange de Dieu (eucharistie = dire merci).

« C’est donc à juste titre que la liturgie est considérée comme l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus Christ, exercice dans lequel la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux, et dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus Christ, c’est-à-dire par le Chef et par ses membres. » SC n°7

Concrètement, ce « travail pour Dieu », c’est la messe et la prière des heures (laudes, vêpres, etc.).

« Cependant, la vie spirituelle n’est pas enfermée dans la participation à la seule liturgie. Car le chrétien est appelé à prier en commun : néanmoins, il doit aussi entrer dans sa chambre pour prier le Père dans le secret [29], et, même, enseigne l’Apôtre, il doit prier sans relâche [30]. » SC n°12

« Les « pieux exercices » du peuple chrétien, du moment qu’ils sont conformes aux lois et aux normes de l’Église, sont fort recommandés, surtout lorsqu’ils se font sur l’ordre du Siège apostolique. …

Mais les exercices en question doivent être réglés en tenant compte des temps liturgiques et de façon à s’harmoniser avec la liturgie, à en découler d’une certaine manière, et à y introduire le peuple parce que, de sa nature, elle leur est de loin supérieure. » SC n°13

À coté de la liturgie, d’autres façons de prier en groupe existent donc, qui ne sont pas la liturgie proprement dite, par exemple, le chapelet, le chemin de croix, l’adoration du St Sacrement. Ces façons de prier sont bonnes et recommandées, mais elles ne sont pas la part minimale du culte rendu à Dieu.

De plus, la prière individuelle est bonne et nécessaire, mais se situe hors du cadre communautaire.

« Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre et, ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est présent dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Mt 6,6)

21 février 2014

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118. Liturgie /2

Nous avons vu que la liturgie était la liturgie était le travail du Peuple de Dieu. Mais ce n’est pas que cela. En effet, dans la liturgie, l’action du Peuple de Dieu n’est qu’une partie de ce qui se passe réellement.

Saint Paul ne nous dit-il pas : Rm 8,26 « Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. »

Et pendant la messe, dans la prière eucharistique, nous demandons à Dieu d’intervenir p.ex. n° II : « Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté, Seigneur, nous te prions : sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur … Humblement, nous te demandons qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps.»

Ces deux épiclèses (= prières à l’Esprit-Saint) marquent la participation de Dieu à notre prière.

Dans la foi, nous croyons donc que Dieu participe à notre prière, que ce soit dans la liturgie… ou ailleurs. Le P. Renaudin disait fort justement : « c’est Dieu qui nous prie »…

28 février 2014

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119. Liturgie dans la vie

La sobriété chrétienne, c’est de faire de chaque chose un acte d’amour. Chaque acte, celui de manger, de boire, celui de soigner les corps, celui de célébrer la messe, devient un geste liturgique, un geste infini, éternel. Il n'est pas du tout chrétien de mépriser les choses, et vous pouvez trouver une jubilation à boire un vin excellent, parce que vous sentez qu'il y a là tout le travail de l’homme et tout le don de Dieu. Cet acte n'est pas bestial. L'amitié est un acte infini. Le sens de la vertu, c’est de traduire dans chaque action cette dimension infinie qui en fait un don, une action de grâce.

MAURICE ZUNDEL

Avec Dieu dans le quotidien

23 septembre 2016

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120. Liturgie des heures

Le christianisme est une religion de l’Incarnation : Dieu s’est fait homme pour nous diviniser disaient les Pères de l’Église. Un des aspects de l’incarnation est de vivre dans le temps, le temps humain : 30 ans à Nazareth, 3 ans de prédication, la semaine et la journée rythmée par les offices à la synagogue.

Et pour vivre toute la journée en chrétien, très tôt, les moines ont réservé du temps à la prière. Prière personnelle, méditation de la Parole de Dieu, et chant des psaumes en commun, repris de la liturgie de la synagogue et de celle du Temple.

De là, on en est venu rythmer la journée par des moments de prière commune, en fixant des horaires. Classiquement, avec Saint Benoit et ses successeurs, on note plusieurs moments :

Laudes, sexte, tierce, none, vêpres et complies, l’office de vigile étant partie méditation personnelle et partie commune.

Dans la constitution sur la liturgie, Vatican II propose aux laïcs de prier la liturgie des heures : « On recommande aux laïcs eux-mêmes la récitation de l’office divin, soit avec les prêtres, soit lorsqu’ils sont réunis entre eux, voire individuellement. » (SC 100) Il est bon en effet de faire de cette liturgie des heures la prière de toute l’Église en tout temps et en tout lieux.

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121. Louange

Vient du latin laus : louange, gloire, estime, considération, mérite.

Dans le vocabulaire religieux juif, le livre des psaumes est appelés sofer Tehillim, c’est-à-dire livre de louanges et plusieurs psaumes (113 à 118) sont appelés hallel louange. La louange de Dieu est un composant essentiel de la liturgie juive.

Jésus a prié avec cette liturgie juive, et, à sa suite, l’Église, qui son Corps, loue Dieu pour ce qu’il a fait pour nous. Ce faisant, nous nous souvenons (anamnèse) de l’Alliance que Dieu nous propose sans que nous le méritions. Louer Dieu c’est répondre à son amour qui nous a précédés.

Outre les psaumes, le Gloire à Dieu, les doxologies, les Alléluia, le Te Deum de l’office des fêtes et solennités, le ‘‘Pange, lingua’’ (les 2 dernières strophes sont le ‘‘Tantum ergo’’) et beaucoup de cantiques d’hier et d’aujourd’hui sont des chants de louange.

24 juin 2016

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122. Mariage sacrement

C’est, dit le Catéchisme de l’Église Catholique, avec l’ordre, un des deux sacrements du service de la communion. C’est la consécration de l’union de deux baptisés, qui leur fera vivre, tout au long de leur vie, leur transformation pour devenir de plus en plus ‘‘à l’image de Dieu’’. Le sacrement de mariage entraine les époux à être le signe de l’amour du Christ et de l’Église (Ep. 5).

Comme pour tout sacrement, du point de vue liturgique, il y a parole et intention.

  • La parole du sacrement c’est l’échange des engagements devant le prêtre ou le diacre, représentant l’engagement de Dieu vis-à-vis de ce couple.

  • L’intention, c’est de réaliser à deux cette ‘‘icone de Dieu’’ amour donné totalement, corps, cœurs et âmes.

Pourquoi des témoins ? Le sacrement donne un nouveau statut au couple devant la communauté et les témoins sont là pour rappeler au couple leur volonté d’union.

Le mariage liturgique (ratum) ne deviendra effectif que si l’acte propre du mariage, l’union des corps scelle les paroles (consommatum).

Dans la discipline latine, il n’est célébré qu’une seule fois pendant la vie des deux époux.

Pour les orthodoxes, on peut être amené à constater la mort du sacrement et à célébrer un deuxième mariage, qui est pénitentiel, c’est-à-dire que l’on y reconnait préalablement le péché public d’avoir fait mourir ou laissé mourir l’amour consacré par Dieu.

Les protestants, à la suite de Calvin, ne reconnaissent pas le mariage comme sacrement et ne font que bénir le couple : pour eux, il y a possibilité de bénir un nouveau mariage, même après divorce.

13 février 2015

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123. Mémoire des fidèles défunts

Le 2 Novembre, juste après la fête de tous les saints connus ou inconnus, on fait mémoire de tous les fidèles défunts.

En liturgie, faire mémoire, c'est rendre présent, actuel : quand nous faisons mémoire de la mort et de la Résurrection de Jésus à la messe, nous nous unissons au delà du temps et de l'espace à Jésus mort et ressuscité. De même, analogiquement, quand nous faisons mémoire des fidèles morts, nous sommes les ambassadeurs auprès de Dieu de tous les baptisés morts depuis la Pentecôte jusqu'à aujourd'hui : notre prière contribue à l’œuvre de salut commencée par le Christ.

Origine : Saint Odilon de Cluny (+ 1049) demanda à toutes les abbayes cisterciennes de faire mémoire des frères morts. Cette célébration se répandit ensuite très vite dans toute la partie latine de l'Église.

Finalité : en nous faisant ambassadeurs de nos frères qui sont au purgatoire, nous contribuons à l’œuvre de Dieu, qui veut pouvoir les accueillir en Paradis : il leur faut corriger encore tel ou tel défaut, bref, le purgatoire est comme le disait le curé d'Ars, ''l'infirmerie du Bon Dieu.'' Comme nous croyons à la communion des saints, notre prière agit sur ceux qui sont dans cette infirmerie.

28 octobre 2016

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124. Mémorial

On dit de la messe que c’est le mémorial de notre rédemption (prière eucharistique n°4).

Pour comprendre ce dont il s’agit, il faut repartir de l’Alliance : Dieu qui est hors du temps, s’est manifesté dans le temps par des alliances successives, avec Noé, avec Abraham, avec les Hébreux par Moïse. Chaque alliance récapitule les alliances précédentes, parce que Dieu est un et fidèle.

Enfin, dans le temps, Jésus accomplit totalement l’alliance.

Quand donc nous célébrons la messe, nous y participons à la passion, à la mort et à la résurrection de Jésus. Notre action nous rend présents à cette Alliance, parce que ce n’est pas qu’une action humaine : ce qui serait une sorte d’anniversaire.

Non, notre action se joint à celle de Dieu : « faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24.25). Dieu agit là aussi. Par-là, cette union est une union réelle, bien que non sensible, à l’action de Dieu, depuis la création initiale à aujourd’hui, en passant par le point central de l’histoire, la passion, la mort et la résurrection, offrande fidèle de l’amour de Jésus à son Père.

Le 14 septembre 2012

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125. Messe

Du latin missa : laisser aller, renvoi (de mittere : « envoyer »,). La missa signifie l’acte de congédier les fidèles au terme de la liturgie eucharistique ; la formule Ite, missa est veut dire : « Allez, je vous envoie ». A la fin de la liturgie de la Parole, les catéchumènes étaient jadis renvoyés par une missa : non encore baptisés, ils n’étaient pas admis au sacrifice eucharistique et on les congédiait après l’homélie.

A partir du IV° siècle, le mot missa vint à désigner, non le simple renvoi, mais tout l’office qui le précède : c’est ainsi que la liturgie de la Parole est devenue la « messe » des catéchumènes, et que l’ensemble de la liturgie eucharistique est devenue la « messe ». Ce dernier sens s’est imposé en Occident à partir du VI° siècle. Avant cela, on disait « Repas du Seigneur » (1 Co 11, 20.33), « Fraction du pain » (Ac 2, 42.46 ; 20, 7), « Eucharistie ». Les Orientaux parlent de la “Liturgie”, là où nous parlons de la « messe ».

Tandis que le mot « Eucharistie » signifie le mystère célébré, le mot « messe » désigne l’ensemble des rites par lesquels on le célèbre. Il n’y a qu’une Eucharistie, mais il existe de nombreuses façons de célébrer la messe, dans l’espace et dans le temps, suivant les familles liturgiques : messe romaine, messe gallicane, messe ambrosienne, messe dominicaine, messe mozarabe, etc. (voir Liturgies).

L’Eucharistie n’est pas susceptible de changement, car son mystère est d’institution divine, mais l’Ordo missae, ou manière de célébrer la messe, est réformable. Les rites essentiels de la messe romaine actuelle pour les dimanches, Solennités et Fêtes (Ordo missae de Paul VI) sont les suivants :

chant d’entrée, salut du célébrant, acte pénitentiel, Kyrie, Gloria, Collecte, première lecture (Ancien Testament), Psaume, deuxième lecture (le plus souvent empruntée à saint Paul), Alléluia, évangile, homélie, Credo, Prière universelle, préparation des dons, Prière sur les offrandes, Prière Eucharistique, Pater et son embolisme, prière et rite de la paix, fraction du pain, communion, Prière après la communion, bénédiction et Renvoi de l’assemblée.

Hors ces circonstances, on simplifie la première partie : pas de Gloria, ni de Credo ; une seule lecture.

12 avril 2013
D’après dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Éditions CLD, tous droits réservés

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126. Messe chrismale

Messe célébrée pendant la semaine sainte autour de l’évêque. Cette messe était, à l’origine, célébrée le jeudi saint au matin, donc liée à ce que l’on célèbre ce jour là, à savoir l’institution de l’eucharistie et le lavement des pieds, signe du service des apôtres, de leurs successeurs les évêques et des autres ministres – serviteurs- qui les aident (faites ceci en mémoire de moi). Elle rassemble donc autour de l’évêque tous les prêtres et tous les diacres du diocèse qui le peuvent. Pour laisser les paroisses célébrer la Cène du Seigneur, cette messe est maintenant décalée à un autre jour de la Semaine Sainte.



Pendant cette messe, sont consacrées les huiles saintes :

  • Huile des catéchumènes, qui est utilisée pendant les « scrutins », dernières préparations avant le baptême,

  • Huile des malades, utilisée pour le sacrement des malades,

  • Saint Chrême, huile parfumée utilisée pour le baptême, l’ordination des prêtres et la consécration des évêques.



Pendant cette messe encore, diacres, prêtres et évêque renouvellent leurs engagements respectifs au service de Dieu et de son peuple dans la prière, l’annonce de l’Évangile et la conduite du peuple de Dieu vers la sainteté.

Le 19 avril 2013

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127. Ministre

Du latin minister : « serviteur », en grec diaconos.

Est ministre, en liturgie, celui qui remplit un service de Dieu et de l’assemblée.

Il y a les ministres ordonnés (évêque, prêtre et diacre), qui sont à vie au service de Dieu et de l’assemblée (Ekkklesia = Église)

Il y a les ministres institués (lecteur et acolyte), qui sont les assistants des précédents.

Il y a enfin tous les autres ministres : ministre extra-ordinaire de la communion, enfants de chœur, porte croix, animateur des chants, ceux qui apportent les offrandes, etc.

En cas de péril de mort, tout homme peut être le ministre du baptême : il suffit qu’il veuille faire ce que fait l’Église.

Le 21 septembre 2012

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128. Miséricorde

La notion de miséricorde de Dieu, absente dans les premiers livres de l’Ancien Testament, apparait avec les prophètes : et c’est le coté maternel et maternant de Dieu pour Israël ; pour bien faire comprendre l’intensité et la profondeur de cet amour, ils utilisent le pluriel superlatif du mot rehem, matrice, utérus.

Mais l’apport du Nouveau Testament est d’étendre cette miséricorde à tous les peuples et de demander à tous les baptisés d’avoir aux aussi cette miséricorde : :

« Mt 18 23 Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. 24 Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). 25 Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. 26 Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” 27 Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. 28 Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” 29 Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” 30 Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. 31 Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. 32 Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. 33 Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” 34 Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. 35 C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Et pourquoi dans la liturgie ?

« Mt 5 23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, 24 laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. »

L’entrée en prière suppose d’abord la réconciliation avec le frère, réconciliation possible parce que Dieu nous a fait miséricorde le premier.

20 février 2015

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129. Mois d’Octobre,
mois du rosaire

Le mois d’octobre est le 3ème mois consacré à un thème de prière hors du cycle de l’année liturgique proprement dite. C’est le mois du rosaire. Nous avons déjà vu la composition du rosaire. Je redis les grandes lignes de son histoire :

Saint Bernard (XI XII° siècle) recommande l’usage du ‘‘Je vous salue Marie’’ aux frères qui ne savaient pas le latin et ne peuvent donc pas chanter les psaumes. Bientôt, cette prière s’organise en chapelet. À la fin du XII° siècle, Saint Dominique fonde les frères prêcheurs et leur demande de porter un chapelet à la ceinture, pour pouvoir prier avec tous.

Au XVI° siècle, Saint Pie V engage l’Église à cette prière du rosaire ‘‘ psautier de Marie’’ organisée à partir du chapelet pour résister à l’avancée turque. La victoire de Lépante en 1571 sera accompagnée de cette prière fervente. Le pape Pie V fixe la fête de Notre Dame du Rosaire au 7 octobre.

Le pape Léon XIII consacre le mois d’octobre 1883 au rosaire. Depuis cette date, beaucoup de chrétiens prient plus instamment Jésus par Marie à chaque mois d’octobre.

27 mai 2016

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130. Mois de Juin
mois du Sacré Cœur

Pourquoi juin est le mois du Sacré-Cœur ? La fête du Sacré-Cœur est une solennité célébrée le 3ème vendredi après la solennité de la Pentecôte (19 jours après la fête). Elle se situe donc la plupart du temps au mois de juin. Cette année 2016, elle sera célébrée le vendredi 3 Juin.

Il faut remonter d’abord au XVII° siècle, en France, le jansénisme présente tant la justice de Dieu comme une prédestination arbitraire que l’on en oublie que la justice de Dieu est aussi, en même temps, sa miséricorde : sinon, personne ne peut être sauvé. À Paray-le monial, le Christ apparait à une religieuse de la Visitation, Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), et lui a révèle l’amour miséricordieux de son Cœur pour les hommes.

Le pape Clément XIII institue officiellement la fête du Sacré-Cœur le 6 février 1765. Elle est devenue une solennité dans le calendrier liturgique fixé par le concile Vatican II.

Deuxième temps : pourquoi tout le mois de Juin mois du Sacré Cœur ?

Nous devons cette dévotion à l’audace et la foi d’une jeune élève de Notre-Dame-des-Oiseaux, rue de Sèvres, vers 1860, Angèle de Sainte Croix. Angèle, grande élève, eut l’intuition de demander à l’archevêque de Paris de consacrer le mois de juin au Sacré-Cœur, comme le mois de mai l’était pour Marie depuis longtemps déjà. Cela a été accepté par l’archevêque et institué quelques années plus tard pour l’Église universelle par le pape - probablement Pie IX. Sœur Faustine rappellera aussi ce message de miséricorde.

Le message du Sacré-Cœur est déjà totalement décrit dans la Bible : «Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair.» dit le prophète Ézéchiel (Ez 36,26). Et Saint Jean « «Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui a vu rendra témoignage – son témoignage est véritable et celui-là sait qu’il dit vrai – pour que vous aussi, vous croyiez.» (Jn 19,33-35). C’est le cœur de Dieu, en Jésus, d’où nous viennent le sang de l’eucharistie et l’eau du baptême, signature de son amour pour nous.

13 mai 2016

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131. Mois de mai
mois de Marie

Pourquoi le mois de mai est-il « le mois de Marie ». Deux raisons connues :

Le mois de mai commence avec St Joseph et se termine par la Visitation.

La Pentecôte tombe souvent en mai : Marie était là avec les disciples en prière et prier avec Marie est aussi demander à dieu la grâce de l’Esprit Saint

L’origine de cet usage se situe à Rome, au voisinage du collège romain des Jésuites au XVIII° siècle. C’est grâce à eux que le « Mois de Marie » atteint la France : Louise de France, fille de Louis XV et prieure du carmel de Saint-Denis a joué un rôle important pour faire connaître cet usage, avant la Révolution. C’est pendant le XIX° siècle que cette coutume se répandit dans toute la France.

Ceci a été précédé de la façon suivante :

au XIII° siècle, le roi de Castille, Alphonse X le Sage (1239-1284), avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et le mois de mai ;

au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge.

en 1549, un bénédictin avait publié un livre intitulé « Le mois de mai spirituel », alors que saint Philippe Néri entraînait déjà à fêter à Marie pendant le moi de mai ; « il réunissait les enfants autour de l’autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps, les vertus qu’il avait fait éclore dans leurs jeunes âmes. »

Pour bien célébrer le mois de Marie, la référence est la Constitution Sacrosanctum Concilium, selon laquelle « on orientera l’esprit des fidèles avant tout vers les fêtes du Seigneur, par lesquelles se célèbrent pendant l’année les "mystères du salut" (SC 108), auxquels il est certain que la bienheureuse Vierge Marie a été associée. »

6 mai 2015

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132. Noël

Déformation populaire du mot latin natalis (dies) : « jour de la nativité ».

La Nativité par excellence est celle du Seigneur Jésus, célébrée le 25 décembre ; non d’abord sa naissance éternelle, comme Verbe, dans le sein du Père, mais sa naissance humaine, du sein de Marie, dans l’étable de Bethléem. La Solennité de Noël est le centre du cycle de la Nativité, qui va de l’Avent au Baptême du Seigneur, en passant par l’Épiphanie.

De même que les évangiles de l’enfance ont été rédigés après l’annonce centrale de la Pâque, de même la célébration du cycle de Noël est plus tardive que la célébration du Mystère pascal : elle date approximativement du IV° siècle et semble postérieure à la fête de l’Épiphanie, venue d’Orient.

Elle fut instituée à Rome, avant 336, et fixée au 25 décembre dans le but de christianiser les fêtes païennes du Sol Invicti, c’est-à-dire du soleil qui, au solstice d’hiver, se remet à grandir en force et en éclat ; le Christ, selon l’expression du livre de Malachie est « le Soleil de justice » (3, 20). A partir de Noël, Jésus croît, tandis que Jean-Baptiste décroît à partir du 24 juin, solstice d’été ; ainsi est illustrée, par l’astronomie et par la liturgie, la parole du Précurseur : « Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » (Jn 3, 30)

Le 9 décembre 2011

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133. Octave

En latin, octo = 8 et octavus = 8ème. Une octave est une période de 8 jours, qui comprend le jour de la fête, et la semaine qui suit. Déjà, dans le livre du Lévitique, 4ème livre du Pentateuque, il est prévu de vivre certaines fêtes juives pendant 8 jours : Pessah, Pâques (Lv 23,3) et la fête des huttes Souccot souvenir de l’Exode(Lv 23,34)

Pour les chrétiens, Noël et Pâques, les 2 fêtes les plus importantes de l’année, sont fêtés ainsi pendant 8 jours

27 décembre 2013

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134. Offertoire

Du latin d’Église offertorium, venant du verbe offero = porter devant, d’où offrir, apporter.

On parle d’offertoire comme le moment de la messe où l’on rassemble les dons et où l’on remercie Dieu de nous les donner : ‘‘Tu es béni, Dieu de l’Univers, qui nous donnes ce pain’’…

On voit que, malgré l’appellation ordinaire d’offertoire, ce moment n’est pas le moment d’une offrande à Dieu, mais de la reconnaissance d’une offrande que Dieu nous fait.

Alors, quand dans la messe y-a-t-il offrande à Dieu ?

En fait, nous participons à l’offrande de Jésus à son Père à Dieu à la fin du canon quand les célébrants lèvent le pain et le vin consacrés et l’offrent au Père, par le Fils et dans l’Esprit.

« Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles. »

30 octobre 2015

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135. Offertoire
/2 origine

Jésus et les apôtres priaient selon la liturgie juive. Ils commençaient le chabbat par une prière, le Kiddouch. Cette prière comprend, entre autre :

une bénédiction sur une coupe de vin :

« Baroukh ata Adonaï, Elohènou, melekh ha olam, borè peri hagaffen »

« Béni es-Tu, Seigneur, notre Dieu, Roi de l'univers, Qui crée le fruit de la vigne. »

une bénédiction sur les deux pains du chabbat :

« Baroukh ata Adonaï, Elohènou, melekh ha olam, hamotzi lèkhem min ha-aretz »

« Béni es-Tu, Seigneur, notre Dieu, Roi de l'univers, Qui fais sortir le pain de la terre. »

C’est de cette prière que Jésus a pratiquée y compris pour le dernier repas que viennent les invocations de l’Offertoire.

1er juillet 2016

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136. Office des lectures

Dans la liturgie des Heures, l’office des lectures est consacré à la méditation de la Sainte Écriture et des plus belles pages des auteurs spirituels, spécialement les Pères de l’Église.

Il comprend une introduction, une hymne, la psalmodie de trois Psaumes ou sections de Psaume, la lecture biblique suivie d’un répons, la lecture patristique ou hagiographique suivie aussi d’un répons et la conclusion.

Pour que cet office puisse garder son caractère propre de lectio divina, c’est-à-dire de prière intériorisée, puisée aux sources de l’Écriture et de la Tradition, on peut le célébrer au moment le plus propice de la journée.

Si l’office des lectures se trouve être le premier du jour, il est précédé du psaume invitatoire, par exemple le Ps. 94.

Le 19 octobre 2012

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137. Offrandes

Ce qui est à destiné à être offert (latin offeranda du verbe offero (ob devant et fero porter = présenter ; même verbe oblata : ce qu a été présenté). Dans les liturgies païennes, et au début du peuple hébreu, des hommes étaient « donnés à Dieu » (sacrifice d’Isaac, sacrifice de la fille de Jephté). Au temple, seuls des animaux étaient offerts en sacrifice.

La liturgie chrétienne ne peut offrir que l’unique sacrifice du Christ, fait une fois pour toutes, comme le dit la lettre aux Hébreux (9,12). Et la liturgie eucharistique de la messe rend actuel cet unique sacrifice.

Le moyen choisi à l’avance par le Christ pour faire mémoire de cet unique sacrifice est l’offrande du pain et du vin. Le pain « fruit de la terre et du travail des hommes », le vin « fruit de la vigne et du travail des hommes » : nous offrons ce que nous donne la nature et ce que nous en faisons. Mais il ne s’agit pas du pain et du vin seulement : pour nous unir à ce don de sa vie qu’a fait le Christ, nous devons y offrir nos vies.

30 août 2013

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138. Onction des malades,
sacrement

C’est le dernier sacrement de la liste, mais pas le dernier sacrement à recevoir (viatique), l’onction des malades :

‘‘Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Église la fonction d’Anciens : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon.’’ (Jc 5,14-15)

Signe : l’onction d’huile

Parole : ‘‘N., par cette onction sainte, que le Seigneur en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’il vous sauve et vous relève’’

Intention : pour le malade, recevoir la force dans l’épreuve, et pour le prêtre, vouloir donner au malade la force

Le 10 août 2012

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139. Oraisons

    Il y a quatre oraisons pendant la messe.

    1. La collecte, après le début de la messe, avant la liturgie de la Parole, vient du latin colligere, rassembler

    2. l’oraison de conclusion de la prière universelle,

    3. l’oraison sur les offrandes et

    4. l’oraison après la communion.

    Ces oraisons dites par le célébrant – ou le célébrant principal en cas de concélébration – rassemblent la prière de la communauté chrétienne qui célèbre la messe, après un moment de silence.

    L’assemblée répond par l’«Amen» qui est l’acte de consentement du peuple à l’œuvre de Dieu et d’adhésion aux prières du célébrant.

Le 20 Mai 2011

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140. Ordo

Mot latin signifiant « ordre » ou « disposition ».

Il y a deux ordo : l’ordo liturgique et l’ordo diocésain



L’ordo liturgique est le calendrier liturgique annuel, précisant, pour un diocèse ou pour une congrégation religieuse, l’Eucharistie et la liturgie des Heures à chacun des jours de l’année. Ce livret comporte aussi toute une série de renseignements utiles à la vie liturgique, à la vie diocésaine ou à la vie de la famille religieuse. Les diocèses d’Ile de France ont un ordo liturgique commun.



L’ordo diocésain rassemble toutes les données organisationnelles du diocèse :

  • L’évêque et ses services,

  • les coordonnées et le statut (curé, vicaire, délégué diocésain, laïc en mission) de tous ceux qui ont une responsabilité diocésaine,

  • La répartition des paroisses, des doyennés et des secteurs pastoraux

  • qui fait quoi et où

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141. Ostensoir

Après le calice, la patène et le ciboire, l’ostensoir est le 4ème objet de la liturgie en contact avec les espèces eucharistique.

Ostendere, en latin, c’est d’abord tendre les mains, puis mettre en avant quelque chose, puis présenter quelque chose. Ostensor est donc ce ou celui qui montre et ce puis celui qui enseigne.

C’est avec l’ostensoir que l’on expose le Saint Sacrement, en l’occurrence une hostie consacrée.

Les artistes ont imaginé toutes sortes de formes possibles pour mettre en valeur l’hostie exposée, en tout en assurant stabilité et visibilité.

N’oublions pas que l’adoration du Saint Sacrement, même si il semble d’abord que ce soit moi qui regarde avec amour Dieu présent, c’est encore plus me laisser regarder avec amour par Dieu.

4 octobre 2013

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142. Paix

Dans la messe, aussitôt après la doxologie du ‘‘Notre Père’’ et jusqu’à l’ ‘‘Agnus Dei’’ inclus, il est question de la paix dans la communauté qui va communier en accord avec l’ordre de réconciliation ‘‘Si ton frère à quelque chose contre toi…’’ (Mt 5,23).

3 moments de cette liturgie de la paix :

1. Une prière demande au Christ la paix, en lien avec la prière de Jésus (Jn 14,27 avant la passion et 20,19-21 l’envoi après la Résurrection).

2. Les fidèles présents échangent un geste de paix (1 Cor 16,21 ; 2 Cor 13,12 , 1Th 5,26)

3. L’ ‘‘Agnus Dei’’ n’est pas un rite pénitentiel, mais une demande instante du don de la paix par Jésus, l’Agneau immolé toujours vivant (cf. Ap. 5,6 et plus), qui seul peut donner la vraie paix.

3 point d’attention particulier :

1. un évêque invite à la prière au début de la messe en disant ‘‘La paix soit avec vous’’ ;

2. c’est un moment marquant entre les membres d’un couple chrétien ou d’une famille chrétienne : la paix du Seigneur est une caractéristique chrétienne.

3. La paix reçue sera aussi la paix que nous sommes envoyés porter après la messe.

Le 15 mars 2013

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143. Pallium

Dans l’antiquité, c’est un carré de laine dont on se drape pour en faire un manteau.

Dans la liturgie, c’est une pièce de laine d’agneau en forme de cercle que l’on passe autour du cou avec une bande devant et derrière, brodé de 6 croix de soie noires rappelant les plaies du Christ. Le pallium est le symbole de la brebis perdue que le pasteur va rechercher.

Le pape le porte sur la chasuble et il le donne aux archevêques, en signe de communion étroite avec lui.

Le plus ancien témoignage de l’existence du pallium est l’imposition par le pape Symmaque du pallium à Césaire d’Arles au tout début du VI° siècle.

Pourquoi en parler le 23 janvier : en la fête de Ste Agnès, le 21 janvier, on tond la laine de 2 agneaux. Cette laine, filée et tissée par les bénédictines du monastère de Ste Cécile, servira à confectionner les palliums que le pape imposera sur les nouveaux archevêques en la fête de St Pierre et Paul, le 29 juin.

23 janvier 2015

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144. Pâque

C’est la fête centrale de l’année liturgique. Baptisé, on y est uni au Christ ressuscité, comme dit Saint Paul, par une mort et une résurrection semblable à la sienne.

On Le Reconnait présent, comme les disciples d’Emmaüs qui le reconnaissent à la Fraction du Pain. En ce sens, chaque messe, c’est Pâque pour nous, ici et maintenant, en union avec toutes les messes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, d’ici et d’ailleurs, toutes ces messes participantes de la Cène, de la Croix et de la Résurrection du Christ.

Le Carême, qui a précédé nous a préparé au Triduum pascal. Le Temps Pascal, aussi long que le Carême, nous fait revivre tout cela.

Pâque est la fête de notre incorporation au Christ par le baptême. Pensons que nous sommes déjà des ressuscités avec Lui et que chaque messe est un avant goût des Noces de l’Agneau.

17 avril 2015

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145. Participation
/1

Participer ou, comme on disait autrefois, assister ? Les baptisés et les catéchumènes sont des participants actifs, des acteurs de la liturgie.

SC 14. La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui, en vertu de son baptême, est un droit et un devoir pour le peuple chrétien, « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté » (1 P 2, 9 ; cf. 2, 4-5).

Cette participation pleine et active de tout le peuple est ce qu’on doit viser de toutes ses forces dans la restauration et la mise en valeur de la liturgie. Elle est, en effet, la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien ; et c’est pourquoi elle doit être recherchée avec ardeur par les pasteurs d’âmes, dans toute l’action pastorale, avec la pédagogie nécessaire.

2 – Pour quelle raison de fond cette minute hebdomadaire ? Après tout, je peux faire d’autres choses utilement ?

SC 19. Formation liturgique des fidèles

Les pasteurs d’âmes poursuivront avec zèle et patience la formation liturgique et aussi la participation active des fidèles, intérieure et extérieure, proportionnée à leur âge, leur condition, leur genre de vie et leur degré de culture religieuse ; ils acquitteront ainsi une des principales fonctions du fidèle dispensateur des mystères de Dieu ;

le 27 janvier 2012

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146. Participation
/2 des fidèles

SC 30. Participation active des fidèles

Pour promouvoir la participation active, on favorisera les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles. On observera aussi en son temps un silence sacré.

31. Dans la révision des livres liturgiques, on veillera attentivement à ce que les rubriques prévoient aussi le rôle des fidèles.

50. Révision de l’ordinaire de la messe

Le rituel de la messe sera révisé de telle sorte que se manifestent plus clairement le rôle propre ainsi que la connexion mutuelle de chacune de ses parties, et que soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles.

Aussi, en gardant fidèlement la substance des rites, on les simplifiera, on omettra ce qui, au cours des âges, a été redoublé ou a été ajouté sans grande utilité ; on rétablira, selon l’ancienne norme des saints Pères, certaines choses qui ont disparu sous les atteintes du temps, dans la mesure où cela apparaîtra opportun ou nécessaire.

10 février 2012

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147. Participation
/3 respect des rôles

SC 28. Dignité de la célébration

Dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques.

29. Même les servants, les lecteurs, les commentateurs et ceux qui font partie de la Schola cantorum s’acquittent d’un véritable ministère liturgique. C’est pourquoi ils exerceront leur fonction avec toute la piété sincère et le bon ordre qui conviennent à un si grand ministère, et que le peuple de Dieu exige d’eux à bon droit.

Aussi faut-il soigneusement leur inculquer l’esprit de la liturgie, selon la mesure de chacun, et les former à tenir leur rôle de façon exacte et ordonnée.

17 février 2012

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148. Patène

La patène (du latin patina, plat creux) est une petite assiette, en matériau noble, comme le calice, par exemple en métal doré, sur laquelle on pose le pain qui va être consacré par le prêtre au moment de la consécration, lors d’une cérémonie eucharistique.

Cet objet liturgique est souvent accordé au calice. Dans les Églises d’Orient, on l’appelle discos (disque).

Dom Robert Le Gall, dans le dictionnaire liturgique, recommande d’avoir une patène assez grande pour contenir la totalité des hosties qui vont être distribuées pendant la messe.

20 septembre 2013

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149. Pèlerinage

C’est un déplacement, un chemin vers Dieu.



Déjà les Hébreux connaissent chaque année 3 fêtes de pèlerinage où il fallait aller à Jérusalem : Pâques, Pentecôte.

Jésus se conformera à ces prescriptions : adolescent il fera pour la première fois le pèlerinage à Jérusalem ; plusieurs fois, les Évangiles mentionneront la présence de Jésus aux pèlerinages.



Pour un chrétien, un pèlerinage sera donc de mettre ses pas dans les pas de Jésus. Premièrement en Terre Sainte, mais, comme ce n’est pas toujours possible, l’Église a prévu que ce serait faisable dans des lieux plus proches : Rome, Mont St Michel, St Jacques de Compostelle…



De plus, quand l’Église reconnaît un lieu d’apparition comme lieu de pèlerinage, elle y reconnait et y montre la trace de Jésus que met en évidence Marie qui nous dit encore et encore « faites tout ce qu’il vous dira ». De même, quand on fait un pèlerinage va sur les traces ou le tombeau d’un saint, c’est pour écouter ce saint là nous dit de Jésus.



Enfin, l’Église nous dit souvent que notre temps terrestre est un pèlerinage vers la « maison du ciel, la Nouvelle Jérusalem »…



Notre diocèse, chaque année près du 8 Septembre, va en pèlerinage à Notre Dame de Pontoise.

29 août 2014

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150. Pénitence

Poena, en latin classique, c’est la rançon monétaire d’un délit ou d’un crime, puis la sanction pénale, prison ou amende.

Dans l’Église vers le V° siècle, sont pénitents les pécheurs publics qui sont exclus de la communion, mais pas de l’assemblée. Ils sont regroupés au fond de l’église.

Ensuite, c’est devenu la démarche personnelle qui consiste à se convertir, à redresser sa conduite, par exemple, mais pas seulement, en se privant de quelque chose, nourriture, agrément.

Au XIX° siècle, on en a réduit le sens de pénitence en désignant le sacrement de réconciliation seulement. En renommant le sacrement de réconciliation, on permet de reparler de pénitence comme d’un effort personnel de conversion pas restreint au seul sacrement de réconciliation.

13 mars 2015

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151. Pentecôte

Ce mot signifie 50 jours, bien sûr, 50 jours après Pâques.

C’est une fête juive, Chavouoth : célébrant à la fois la première moisson, celle de l’orge, et le don de la Loi au Sinaï.

Et Dieu, par l’Esprit Saint va transformer cette fête pour les disciples de Jésus, après le temps de la Résurrection où il leur ouvre l’esprit au sens des Écritures :

Au lieu de la Loi, le don de l’Esprit Saint, audace, force, sagesse ;

Au lieu de la première moisson de céréale, première moisson de chrétiens.

C’est une fête aujourd’hui pour nous, occasion de permettre à l’Esprit Saint, reçu à notre baptême et à notre confirmation, Esprit Saint reçu dans les sacrements de mariage et de l’ordre aussi, de prendre plus de place dans nos vies.

Le 25 mai 2012

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152. Piété

En grec, et en particulier dans le NT il y a deux mots :

  • Eusebeia grec = piété, amour filial dérive du verbe séebein vénérer.

  • Osioteς (de osioς selon la loi divine, consacré, honnête, pur) = religion, sainteté, vertu (cf. Bailly)

En latin, pietas (latin) sentiment qui fait reconnaitre et accomplir les devoirs envers les dieux, les parents les enfants et la patrie (Gaffiot)

En passant du grec au latin, on déplace le sens vers le devoir et on introduit un sens juridique.

Dans le monde chrétien, peu à peu, le mot va être réservé à la relation à Dieu se substituant à la relation aux dieux, au pays et à la famille, car être chrétien n’est pas l’affaire d’un seul pays, et la famille s’élargit à tous les enfants de Dieu. La piété consiste donc à se mettre à sa juste place d’enfant devant Dieu et près de nos frères et sœurs baptisés.

Et comme Dieu nous fait tous différents, la piété de chacun revêtira une forme différente de celle de tous les autres. Que la piété de mon voisin dans la communauté chrétienne diffère de la mienne est donc un don de Dieu, un bien précieux. Et bien évidemment, la piété de chacun s’exprime aussi dans sa participation à la liturgie.

26 septembre 2014

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153. Place de la liturgie dans la vie chrétienne

Quelle est la place de la liturgie dans la vie chrétienne ?

On peut décrire la vie chrétienne à la suite de Jésus, selon 3 aspects indissociables :

  • La liturgie : à la suite de Jésus, louer, prier, célébrer Dieu, seul et en communauté

  • Le témoignage : à la suite de Jésus, annoncer, selon les possibilités du lieu et du moment, la Bonne Nouvelle de la proximité du Royaume de Dieu,

  • Le service : comme Jésus s’est fait serviteur, se faire serviteur.

Pourquoi un seul aspect ne suffit pas ?

  • Le service, sans témoignage ni liturgie devient très rapidement un humanisme

  • Le témoignage, sans liturgie, ni service manque de la profondeur que donne la prière et de la preuve que donne le service désintéressé.

  • La liturgie, sans service ni témoignage perd le lien avec la vie

Il nous faut donc suivre ces trois axes de la vie chrétienne. Mais, selon les dons et capacités de chacun, certains vivront plus intensément un des trois axes. Le tout est de ne pas oublier les deux autres, tout en sachant que la communauté où l’on se trouve réalise l’équilibre d’ensemble, si elle est fidèle, elle aussi, à ces 3 dimensions de la vie chrétienne.

2 septembre 2016

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154. Postcommunion

Prière (oraison) qui suit la communion. Cette prière est la conclusion de la messe, elle est suivie de la bénédiction et de l’envoi.

Son contenu rappelle souvent les thèmes de la messe du jour ; plus rarement, elle reprend des idées de prière plus générales : remerciements pour les dons reçus, par exemple.

7 novembre 2014

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155. Prænotandæ

Gérondif pluriel neutre du verbe latin prænosco, savoir à l’avance : ce qui est à savoir avant, ce qu’il faut apprendre d’avance.

On pourrait dire aussi préliminaires, qui vient aussi du latin : præ-limen : avant le seuil.

Ce sont les premières pages de tout rituel, qui donnent des instructions complètes pour célébrer une liturgie, par exemple la façon de célébrer la messe par un seul prêtre ou plusieurs concélébrants, ou ce qui revient au diacre dans la messe, etc… Ces textes sont plus complet et plus détaillé que les rubriques, et cela prendrait trop de temps de le lire tout en célébrant : d’où le nom prænotandæ « ce qui est à savoir avant ».

Avec les rubriques et les textes obligatoires ou au choix du célébrant, les prænotandæ constituent le rituel pour les sacrements ou le missel pour la messe, par exemple.

4 décembre 2015

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156. Préface

Le mot préface vient du verbe latin præfor, præfari : commencer de parler. Dans l’art du discours, c’est un exorde. La préface est une prière variable qui commence la prière eucharistique. Elle est dite ou chantée par le prêtre président seul, à haute voix.

Le célébrant peut choisir, selon ce qui est célébré, parmi plusieurs préfaces ; il y a plusieurs préfaces pour les temps ordinaires ; plusieurs préfaces encore pour les fêtes du Christ, et de même pour les fêtes de la Vierge ou des saints etc.

Toutes sont précédées d’un dialogue spécifique qui nous appelle à aller ‘‘plus haut’’ ‘‘vers le Seigneur’’ pour entrer dans l’action de grâce, l’eucharistie :

Le Seigneur soit avec vous.

Et avec votre esprit.

Élevons notre cœur.

Nous le tournons vers le Seigneur.

Rendons grâce au Seigneur notre Dieu.

Cela est juste et bon.

Toutes commencent par reprendre la dernière affirmation de ce dialogue, en affirmant qu’il est juste et bon de louer Dieu et toutes terminent par une invitation à chanter ou à dire le Sanctus avec les anges et les saints : nous participons à la liturgie céleste.

13 novembre 2015

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157. Présidence de la liturgie

La liturgie, la prière de l’Église, est présidée par le Christ, qui rassemble son Corps.

Comme il n’est pas visible, chaque fois qu’un groupe de chrétiens prient ensemble, un membre de l’assemblée préside à la place du Christ.

Dans la messe, ce rôle de présidence est réservé au prêtre ou à l’évêque : on dit qu’il préside « in persona Christi ». Cette présidence ne dispense pas de la participation active de tous ceux qui sont présents, au contraire, elle doit la faciliter.

« les prières adressées à Dieu par le prêtre, qui préside l’assemblée en la personne du Christ, sont prononcées au nom de tout le peuple saint et de tous les assistants. (Sacrosanctum concilium 33) »

Le 11 janvier 2013

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158. Président

En liturgie, c’est celui qui dirige une prière.

Qui peut présider la prière ?

Cela peut être un clerc, ou un laïc, par exemple à la maison, papa, maman ou un enfant même si il en est capable.

Seule la messe doit être présidée par un prêtre ou a fortiori un évêque, comme déjà dit en janvier 2013.

Hors cas d’urgences prévus dans le droit de l’Église, il faut, au minimum, un diacre pour présider un mariage ou un baptême.

Un laïc ou un religieux peut présider

  • la liturgie des heures (cf. carmélites, clarisses et bénédictines qui célèbrent l’office) et

  • les funérailles en l’absence de prêtre ou de diacres.

21 novembre 2014

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159. Prier

‘‘C’est entrer en relation avec Dieu, qui ne désire que cela :

La révélation biblique est donc saisissante : Dieu se met en situation de prier l’homme. Je m’interroge parfois : n’avons-nous pas été créés pour exaucer la prière de Dieu, cette prière secrète de l’amour qui veut des interlocuteurs, des hommes et des femmes afin qu’ils partagent son bonheur et sa vie ? Le Christ en croix, c’est la prière intime et ultime de Dieu qui nous demande : « Veux-tu enfin m’appeler Père, reconnais-tu que je te donne tout ? Mon enfant, tout ce qui est à moi est à toi ! » Le Père, éternellement Père, se donne pleinement en son Fils, et le Fils consent librement à ce don dans l’Esprit. C’est une prière qui attend notre réponse. Dieu ne s’impose pas, mais il ne renoncera jamais à s’offrir à nous. Prier ainsi l’homme, telle est vraiment l’originalité du Dieu vivant. Voilà qui peut nourrir et orienter notre prière, parce que nous savons à qui nous nous adressons, à celui qui veut librement dépendre de nous, qui nous donne tout. Je ne vois d’ailleurs pas comment l’amour pourrait vouloir autre chose.’’

Mgr. Hervé Renaudin – La vie, entrée libre – Bayard – p 155
Le 21 décembre 2012

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160. Prière universelle

C’est la prière d’intercession de l’assemblée liturgique en faveur des besoins du monde et des membres, vivants ou morts, de la communauté.

Ses origines :

La liturgie juive connait une prière analogue.

Saint Paul demande à Timothée : « Je recommande avant tout qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et tous les dépositaires de l’autorité, afin que nous puissions mener une vie calme et paisible en toute piété et dignité. Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 1-4).

Cette tradition a été continuée : on connait la prière du pape Clément (vers 101), la prière universelle de Sérapion, évêque de Thmuis au IV°s, les Constitutions apostoliques vers 380, et celle du pape Gélase (V° s)

Composition :

Une invitation à la prière

Des intentions de prière pour l’Église, ses pasteurs, ses fidèles, les autorités civiles, pour ceux qui souffrent et les défunts.

L’assemblée participe par un refrain

Une prière de conclusion confie l’ensemble de la prière à Dieu

Quand

La prière universelle se situe dans la messe après la liturgie de la Parole (après le Credo quand on le dit : dimanche et solennités).

Aux offices de Laudes et Vêpres, la prière universelle marque la dernière étape, avant le « Notre Père.

Lors de la célébration des sacrements, il y a souvent aussi une prière universelle.

Le 5 octobre 2012

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161. Procession

Du latin procedere : pro = en avant et cedere aller : soit sortir, soit aller vers un but donné. Le même verbe a donné processus et procès.

Dans la liturgie, une procession est un déplacement de tout ou partie de l’assemblée :

  • Procession d’entrée

  • Procession des offrandes

  • Procession de communion

  • Procession du chemin de croix, etc.

La foi chrétienne est foi en l’incarnation, et cela se traduit par les positions et les mouvements du corps : une procession traduit un mouvement vers Dieu. Nous sommes pèlerins en marche vers la Jérusalem céleste.

6 septembre 2013

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162. Prostration

Du verbe latin prosterno , prostravi, prostratum : se coucher en avant.

La prostation est l’attitude que prennent, pendant le chant des litanies, ceux qui vont être ordonnés évêque, prêtre ou diacre, ceux et celles qui vont faire leur profession religieuse définitive : elle est signe d’une disponibilité totale et de confiance en Dieu qui reçoit l’engagement de l’ordre ou de la profession religieuse.



Au début de l’office de la Croix, le Vendredi saint, le célébrant et ses ministres se prosternent, pour adorer Dieu qui s’est anéanti jusqu’à la mort sur la Croix.



La prostration — ou prosternement, prosternation — peut aussi se faire en restant agenouillé et en courbant la tête et le buste jusque vers le sol. Ce geste liturgique existe sous des formes voisines dans la liturgie orthodoxe.

5 décembre 2014

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163. Psalmodie

Psalmos, traduction dans la LXX de l’hébreu mizmôr, qui désigne un chant religieux accompagné de musique : de ce fait, chanter un psaume est, en grec ancien, psalmos odein qui a donné à travers le latin, notre psalmodie.

La psalmodie est donc la façon de chanter un psaume : mélodie, rythme, coupure et répartition entre les participants.

Les psaumes sont découpés en stiques – lignes pour le chant indépendantes de la répartition en verset.

Un distique est composé de deux stiques avec le signe * où l’on fait une pause après le premier stique.

Une lettre soulignée est juste avant une inflexion de la mélodie,

Le signe + marque la fin du premier stique d’un tristique (trois stiques chantés à la suite).

Dans l’office,

  • Les stiques entre parenthèses peuvent être omis.

  • Les versets entre crochets sont omis.

16 janvier 2015

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164. Psaumes – psautier

Les psaumes sont 150 poèmes qui ont été rassemblés dans un livre de l’Ancien Testament. À leur lecture, on distingue plusieurs genres littéraires : les hymnes, les supplications nationales, les supplications individuelles et les actions de grâces individuelles, les psaumes de pèlerinage (montées), les psaumes royaux, les psaumes didactiques

Ainsi, les psaumes sont des prières dans des situations toutes différentes : chaque situation de la vie s’y retrouve.

La synagogue les appelle Tehilim (Louanges). Ils sont utilisés dans la liturgie juive quotidienne. Après le repas pascal, le séder, on chante le Hallel, série de psaumes de louange (cf. Alléluia).Jésus a prié avec les psaumes, par exemple, après la Cène (Mt 26,30) jusque sur la Croix : Ps 21,2 (Mt 27,46) Ps 31,6 (Lc 23,46).

Les chrétiens, juifs puis païens, ont repris les psaumes dans leur prière, dès les premiers temps et toutes les traditions chrétiennes les ont gardés et les utilisent régulièrement. On appelle psautier le livre qui les rassemble tous en un seul volume.

En liturgie catholique romaine, on les retrouve dans la liturgie des heures, et le psaume graduel de la messe ; de plus, de nombreux textes de la liturgie sont en fait émaillés de citations des psaumes.

17 janvier 2014

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165. Rameaux

La Semaine Sainte qui commémore la mort et la résurrection du Christ s’ouvre par le dimanche des Rameaux et de la Passion.

Après la résurrection de Lazare, l’épisode relaté dans les Évangiles synoptiques de la foule des disciples et des sympathisants qui accueille Jésus à Jérusalem ne fait qu’augmenter la détermination des autorités politiques romaines et religieuses juives d’en finir avec cet agitateur, d’autant plus que des milliers de pèlerins sont là à Jérusalem pour la Pâque.

Nous, les disciples de Jésus d’aujourd’hui, nous accueillons Jésus avec des rameaux. Les rameaux bénis servent ensuite à orner le crucifix des maisons pour marquer que nous sommes fidèles à Jésus, mort et ressuscité pour nous. La piété populaire a étendu cette coutume à la croix de la tombe familiale, puis plus largement. Cependant, l’essentiel est bien de se préparer à Pâques, la plus grande fête de l’année !

11avril 2014

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166. Récipients pour la messe

La messe est un repas. Quels sont les récipients de ce repas ?

Patène Du latin patena ou patina : « plat creux ». La patène est le vase sacré, de forme circulaire et concave, destiné à recevoir l’hostie pour la célébration de la messe. Faite en matière solide et noble, souvent en métal précieux, elle est assortie au calice. Dom Robert Le Gall recommande, dans la mesure du possible, de n’user que d’une grande patène, susceptible de recevoir non seulement l’hostie du prêtre, mais aussi celle des ministres et des fidèles.

Calice : Le kulix grec et le calix latin sont des vases à boire, des coupes. Le calice est le vase sacré qui, lors du sacrifice de la messe, reçoit le vin destiné à devenir le sang du Christ. Comme la patène à laquelle il est assorti, il est de matière précieuse ou noble. Il doit n’être affecté qu’à un usage liturgique.

Burettes : Flacons destinés à contenir le vin et l’eau nécessaires à la célébration de l’Eucharistie. Le plus souvent, on les fait en verre, ce qui permet de distinguer facilement le vin de l’eau ; on les dispose sur un petit plateau de verre, qui sert au lavabo. « Burette » est un diminutif de « buire », vieux nom féminin désignant un vase en forme de cruche, à bec et à anse.

Ciboire : Du grec kibôrion : « fruit du nénuphar d’Egypte » et, par extension, coupe ayant la forme de ce fruit. Dans l’usage actuel, le ciboire est le vase sacré destiné à recevoir et à conserver les hosties consacrées, en vue de leur distribution aux fidèles, soit pendant la messe, soit en dehors de la messe. Il est habituellement de forme hémisphérique ; à la différence du calice, il est recouvert par un couvercle, souvent surmonté d’une croix

Le 24 août 2012

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167. Réconciliation sacrement

Après les sacrements de l’initiation chrétienne (Baptême, Eucharistie, confirmation) et ceux qui ordonnent la vie (mariage, ordre) il y a 2 sacrements qui sont l’ »entretien » de la vie : la réconciliation et l’onction des malades.

Quels sont les signes, les paroles et l’intention de ce sacrement de réconciliation ?

Signe : de croix sur le pénitent

Paroles : « j’ai péché …et en quoi » « Je te pardonne, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit »

Intention : de se libérer du/des péchés le(s) plus significatif(s) pour le pénitent, et de donner le pardon de Dieu pour le prêtre.

Ministre du sacrement : le prêtre.

Le 3 août 2012

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168. Relique

Reliquiae (féminin pluriel) : en latin classique, ce qui reste, après un combat, après un repas, etc.

Prend le sens d’ossements au VIII° siècle dans la littérature chrétienne. C’est donc à cette époque, ce qui reste d’un martyr. Puis la notion s’est progressivement élargie à toutes les formes de sainteté.

Comme le saint s’est uni, selon ce que Dieu lui a proposé, à la vie, à la mort et à la résurrection du Christ, il est vénéré – et non pas adoré, l’adoration étant réservée à Dieu seul (1er commandement. C’est à ses prières à Dieu que nous unissons les nôtres dans la communion des saints – dont nous voulons faire partie – et son exemple que nous admirons et cherchons à suivre.

Les chrétiens orthodoxes ont la même vénération des reliques que nous, dans des modalités tenant aussi à chacune de leurs cultures. Suite à des abus du Moyen Âge, les protestants ne portent aucun intérêt aux reliques.

Dans chaque autel fixe se trouve une ou plusieurs reliques de saint.

L’Église porte une attention extrême à l’authenticité des reliques

6 février 2015

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169. Rendre grâce

Dans la liturgie, et spécialement dans la messe, nous disons souvent que nous rendons grâce à Dieu. C’est la traduction du latin gracias agere.

Gracia en latin est d’abord une faveur, quelque chose qui est en plus de ce qui est juste ; ce peut être une remise de dette par exemple. C’est aussi le sentiment de reconnaissance de celui qui reçoit cette grâce.

Ago, agere c’est faire et le complément de ce verbe en détermine le sens, comme en français. Gracias agere, c’est dire merci à quelqu’un. C’est ce que nous traduisons par rendre grâce.

De quoi s’agit-il ?

Dieu nous a aimé le premier chaque humain, alors même qu’il n’est pas encore né, pas encore baptisé, pas encore son enfant donc.

Ep 1, 4-6 ‘‘Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.’’

Et nous ne pouvons que lui dire merci en retour de ce qu’il nous a donné gratuitement, gracieusement, lui en premier.

6 novembre 2015

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170. Repas du Seigneur

Un repas bien réel pour l’âme

Nous avons vu que la messe était nourriture du peuple de la Nouvelle Alliance par la Parole et par le Repas du Seigneur. Cette deuxième partie de la messe est un vrai repas, mais pour l’âme du chrétien. Deux des nombreux aspects de ce repas :

  1. Préparer et ranger la table du repas eucharistique

Comme pour tout repas, pour le Repas du Seigneur, l’eucharistie, on met et on range la table. C’est le diacre – le serviteur – qui met la table et qui la débarrasse. Et quand il n’y a pas de diacre ? Le prêtre se souvient qu’il est aussi diacre ! Et l’acolyte aide l’un ou l’autre.

2 – Repas du Seigneur, un repas pour l’âme

Comme tout sacrement, l’eucharistie est une réalité invisible vécue dans notre corps. De ce fait, ce repas sera fait de signe où le corps est impliqué. Mais comme ce n’est pas un repas complet pour le corps – sauf des cas exceptionnels, qui ont vécu de l’eucharistie pendant des années – le signe sera minimal : un peu de pain et parfois un peu de vin. Ceci permet de garder la distance qu’il y a entre un repas ordinaire et le repas du Seigneur.

Le 17 juin 2011

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171. Report de fête

Cette année 2013, l’Annonciation, normalement fêtée le 25 mars, 9 mois avant Noël, est reportée au 8 avril : pourquoi ?

À certains jours de l’année, une fête de saint coïncide avec une autre fête du temps liturgique. Comme dans le code de la route, certains évènements ont priorité sur d’autres et les fêtes comme les Cendres, la Semaine Sainte, Pâques, Ascension, Noël sont prioritaires.

Du dimanche 24 mars au samedi 30, c’est la semaine sainte qui a priorité sur toutes les autres fêtes, et du dimanche 31 mars au dimanche 7 avril, c’est la fête de Pâques qui dure une semaine. Cette quinzaine de jour est la plus importante de l’année. Comme l’Annonciation est une solennité, le degré le plus important des fêtes des saints, elle est reportée au premier jour disponible, le 8 avril.

Le 5 avril 2013

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172. Retraite

Du participe passé du verbe latin retraho : retractum retiré, écarté.

Temps où l’on se retire (retrait) de ses activités habituelles pour prier, méditer le message évangélique et voir comment mieux y accorder sa vie, en somme des vacances de baptisés : « venez à l’écart. » La liturgie a ainsi une plus grande place dans la journée.

Les différentes spiritualités catholiques permettent à chacun de trouver un style de retraite en accord avec lui : les pères carmes, la famille jésuite, les dominicains, la famille bénédictine, Cana, les fraternités monastiques de Jérusalem ou les Foyers de Charité proposent des retraites selon des styles très différents. Des diocèses proposent aussi des retraites.

Récemment le choix s’est élargi avec des retraites sur Internet pour ceux qui ne peuvent quitter leurs lieux de vie habituels.

Ces retraites ne sont pas réservées à une élite mais ouvertes à tous les baptisés, soit que l’on ait une décision à prendre, soit que l’on veuille raviver en soi le message de Jésus.

Si une retraite est brève, par exemple un week-end, on l’appellera plutôt récollection du latin recolligo, se ressaisir, reprendre.

21 août 2015

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173. Rite de la paix

Avant de communier au corps et au sang du Seigneur, l’assemblée va devoir marquer et célébrer que ses membres sont en paix entre eux : pas d’union au Christ sans union avec nos frères et sœurs : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt 5,23-24) ….

Pour que la paix ait toutes les dimensions voulues par Dieu, elle ne peut venir que de Lui. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. » (Jn 14,27). C’est ce que nous demandons à Dieu et ce que nous traduisons en gestes.

Après le Notre Père, avant sa conclusion solennelle, débute le rite de la Paix :

1 - Une prière développe la demande de la miséricorde de Dieu pour nous libérer du péché et nous donner sa paix (embolisme) : « donne la paix à notre temps ». La grande conclusion du Notre Père (« car c’est à Toi… ») nous associe à cette demande.

2 - Puis le prêtre prie que nous recevions de Dieu cette paix : « donne lui toujours cette paix ».

3 - Le prêtre nous souhaite que la paix du Seigneur reste avec nous.

4 - Ensuite, le diacre ou le prêtre nous invitent à échanger un geste de paix.

5 - Enfin, l’Agnus Dei clôt cette séquence en demandant à Dieu de nous donner sa paix.

À noter que ce geste de la paix, entre 2 personnes mariées ravive, la grâce d’unité du sacrement de mariage. De même, entre ministres ordonnés, la paix est partagée dans la grâce du sacrement de l’ordre.

9 septembre 2016

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174. Rite pénitentiel

Au début de la messe, après d’être réunis en assemblée (Chant, salutation…) nous célébrons le premier rite de la messe : le rite pénitentiel.

La raison est que nous ne sommes pas parfaits, loin de là, chacun personnellement et tous ensemble. Aussi, nous nous présentons à la miséricorde de Dieu en nous rendant conscients de notre état de pécheurs qui demandent le pardon, chacun pour eux-mêmes et chacun pour tous.

Ce rite commence par l’invitation : « Préparons-nous à la Célébration de l’eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs »

Il est célébré de plus de 8 façons différentes, 6 valables pour toutes les messes et 2 pour les messes de funérailles, au choix de celui qui préside la célébration :

1. « Je confesse à Dieu »

2. « Seigneur, accorde-nous ton pardon »

3. « Seigneur Jésus envoyé par le Père »

4. L’aspersion d’eau bénite.

5. « Seigneur Jésus, venu réconcilier… »

6. « Seigneur Jésus, par ton mystère pascal ... »

Pour les messes de funérailles

1. Tournons-nous vers le Christ avec confiance…

2. Seigneur Jésus, fils de Dieu venu dans le monde …

On peut également composer une prière pénitentielle spécifique pour la célébration d’une messe donnée, en s’appuyant sur les points forts de la liturgie de la Parole du jour et en respectant le sens de ce rite en reconnaissant que nous sommes pécheurs.

Ensuite, la prière « Que Dieu tout puissant nous fasse miséricorde… »

Et pour les formules I et II il se termine par le Kyrie, chanté ou dit. Pour les formules III à VI, on répond « prends pitié de nous » ou le Kyrie ou une formule analogue de réponse.

Il est clair que ce rite ne concerne que les fautes légères ou vénielles et pas les fautes graves – forcément personnelles même si elles sont le fait d’une attitude collective - que seul le sacrement de réconciliation peut ôter de nos consciences.

Tel que, ce rite est utilisé au début de la messe mais peut être repris aussi au cours d’autres moments de prière.

11 décembre 2015

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175. Rite, rituel

Dès le II° siècle avant Jésus Christ, ritus signifie en latin cérémonie religieuse, usage, coutume. Dans ce dernier sens, hors même le côté religieux de la vie, nous avons des habitudes qui ont pour nous un sens : marquer un anniversaire, par exemple. Cela implique un déroulement avec des repères fixe, l’esprit latin préférant un cadre strict à toute improvisation. Le terme a été importé directement dans la liturgie catholique romaine.

Un rite est donc, pour nous, en liturgie, la façon habituelle de faire se dérouler une cérémonie religieuse : on parle du rite de Paul VI pour la messe, par exemple.

On utilise le mot rite pour tout type de prière sur un sujet donné.

Un rituel sera un livre rassemblant les rites variés convenant à un type d’occasion : rituel du baptême des petits enfants par exemple.

Un rituel comprend un choix de textes à dire et les indications sur la façon de faire, prænotandæ et rubriques dont nous parlerons bientôt.

20 novembre 2015

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176. Rites de la communion

Ce moment de la messe commence au Notre Père et se termine avec l’oraison finale.

Il comprend 4 étapes :

1 - La récitation commune du Notre Père, qui nous situe en enfants de Dieu, en accord avec le Père et tous nos frères.

2 - Le rite de la paix qui comprend l’Agnus dei et l’échange de la paix entre ceux qui vont communier pour suivre ce que St Paul nous dit (1Cor 11, 18-20)

« 18 Tout d’abord, quand votre Église se réunit, j’entends dire que, parmi vous, il existe des divisions, et je crois que c’est assez vrai, 19 car il faut bien qu’il y ait parmi vous des groupes qui s’opposent, afin qu’on reconnaisse ceux d’entre vous qui ont une valeur éprouvée. 20 Donc, lorsque vous vous réunissez tous ensemble, ce n’est plus le repas du Seigneur que vous prenez »

3 - La réception pour ceux qui le peuvent du Corps du Christ (1Cor 11, 26-28)

26 Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. 27 Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur. 28 On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe.

Nous reverrons ces 2 points en détail prochaine fois

4 - La prière après la communion, remerciement pour les dons reçus de Dieu.

18 mars 2016

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177. Rites de la liturgie de la Parole

En décembre dernier, nous avons vu ce que voulait dire rituel et rite et nous avons commencé à étudier les rites du début de la messe. Aujourd’hui, nous abordons du point de vue des rites la liturgie de la Parole.

Le temps de la liturgie de la Parole se découpe en plusieurs rites successifs

1 – Rite des lectures bibliques

L’assemblée est assise, position d’écoute attentive et silencieuse.

Annonce : le lecteur dit, sans commentaire, de quelle partie de la Bible vient ce passage.

La lecture est terminée par l’affirmation qu’il s’agit de la Parole de Dieu : « Parole du Seigneur » et l’assemblée répond « nous rendons grâce à Dieu ».

2 – Rite de l’Évangile : la séquence est plus solennelle :

On se met debout, attitude du ressuscité

L’alléluia, avec le verset (la petite phrase qui est dite au milieu) nous fait acclamer Dieu (sens du mot Hallel = louange à Dieu et Ya, début du Nom de Dieu

Le prêtre ou le diacre salue l’assemblée en lui souhaitant la présence du Seigneur et l’assemblée lui fait le même souhait : l’Évangile au milieu de nous est présence de Dieu autant que dans l’eucharistie, sous une forme différente.

Le prêtre ou le diacre annonce de quel Évangile est tiré le texte

L’assemblée répond « Gloire à Toi, Seigneur »

L’assemblée écoute silencieusement

Acclamation : la lecture est terminée par l’invitation « Acclamons la Parole de Dieu » à laquelle on répond « Louange à Toi, Seigneur Jésus »

3 – Rite des psaumes et cantiques bibliques : il s’agit d’une méditation silencieuse ou chantée de ces textes. Le soliste peut toujours remplacer le refrain proposé par un autre convenant au thème du psaume en vue de la participation de l’assemblée.

4 – Pour l’homélie, l’assemblée écoute attentivement pour que chacun mémorise un point qui le concerne personnellement. Le prédicateur, prêtre ou diacre, peut utiliser toutes les ressources de l’art oratoire pour aider l’auditoire à entrer davantage dans la Révélation, sous l’angle qui est célébré ce jour-là, et à en tirer des conséquences pratiques.

5 – Credo : en ayant écouté la ¨Parole de Dieu, l’assemblée peut proclamer sa foi en Dieu (dimanche, fêtes).

6 – Prière Universelle : Forte de sa confiance en Dieu, l’assemblée lui présente ses demandes.

8 janvier 2016

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178. Rites de la liturgie eucharistique

Après la préparation des offrandes, la liturgie eucharistique continue avec :

1 - La préface (variable) chantée ou dite par le célébrant président

2 - Le Sanctus dit ou chanté par tous. Notons au passage que la principale qualité de Dieu est la sainteté et que les humains ne sont saints qu’en reflétant la sainteté de Dieu.

3 - La prière eucharistique proprement dite, choisie dans les 11 possibilités par le célébrant président ; ce célébrant principal, et le cas échéant, un ou plusieurs prêtres concélébrant, la disent au nom de tous : nous devons non seulement l’écouter, mais mieux, nous y associer en silence sauf les acclamations prévues, comme l’anamnèse et les acclamations pour les assemblées d’enfants ; elle contient dans le rite latin :

Les 2 invocations à l’Esprit-Saint (épiclèse sur les offrandes et sur l’assemblée)

Le récit de l’institution de l’Eucharistie, dans tous les rituels (sauf la prière orientale d’Adar et Mari)

L’anamnèse : une acclamation dite ou chantée par tous, rappelant le cœur de la foi

Les intercessions pour l’Église, Pape, évêque, fidèles vivants ou morts et

4. La grande doxologie offrant au Père le don que fait Jésus de lui-même dans l’Esprit Saint (Par lui …) à laquelle l’assemblée répond son adhésion (Amen = c’est solide, c’est vrai…)

C’est l’ensemble des rites de la prière eucharistique qui effectue – en langage thomiste, donc aristotélicien – la transsubstantiation, un mot sur lequel nous reviendrons plus tard.

29 janvier 2016

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179. Rites de préparation des offrandes

Ce sont les premiers rites de la deuxième partie de la messe qui commence là et va jusqu’à la communion.

1 -Préparation de l’autel : le diacre (ou le prêtre, si il n’y a pas de diacre) pose le corporal, grand linge carré qui rappelle que l’on met la table à l’autel du Seigneur. Puis il prépare les offrandes (hostie dans une patène) et met le vin dans la coupe, puis, en versant un peu d’eau, dit « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité ».

Il vérifie que le purificatoire est sur l’autel, ou l’y met, près du corporal.

Quand l’autel est prêt, le diacre invite le prêtre à venir à l’autel.

2 - Le prêtre bénit Dieu de ce qu’il nous offre le pain et le vin, offrande du Seigneur, produits de la création et du travail des hommes. Nous rendons à Dieu ces offrandes pour le mémorial qui nous rend participants de l’offrande que Jésus a faite de lui-même le Jeudi Saint.

3 - Le rite du « Lavabo » rappelle au célébrant – et peut rappeler à toute l’assemblée – que l’on est là par grâce et non par droit et que l’on est au service les uns des autres.

4 - Enfin, la prière sur les offrandes vient conclure cette préparation des offrandes. Elle était dite autrefois secrète. A l’origine, oratio super secreta, où secreta neutre pluriel du participe passé de secerno, mettre à part, parce que les offrandes étaient mises à part des vivres apportés par les fidèles ; puis on dit seulement secreta (qui est un féminin singulier, et on a oublié le sens d’origine et on en a compris que parce qu’elle était dite à voix basse, dos à l’assemblée cette prière était secrète.

15 janvier 2016

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180. Rôles dans la liturgie

    1 – Rôles spécifiques

Pour la messe, il y a toujours un prêtre (ou un évêque) qui préside : on dit qu’il est là représentant du Christ tête de l’Église.

Pour la prière hors de la messe, il est bon qu’elle soit présidée par un clerc (évêque, prêtre ou diacre). À défaut, un laïc peut présider, hors bénédiction du Saint Sacrement, en particulier, l’un ou les parents pour la prière familiale.

Lecteur : lit les textes hors Évangile

Acolyte : sert à l’autel

Chantre : anime les cantiques les psaumes et l’alléluia



2 – Rôle de tous :

Prier activement ensemble :

« La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui, en vertu de son baptême, est un droit et un devoir pour le peuple chrétien, « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté » (1 P 2, 9 ; cf. 2, 4-5) ». (Sacrosanctum Concilium n°14).

Cette participation pleine, consciente et active nécessite, bien sûr, de savoir ce qui se passe et de vouloir y participer, selon ses capacités.
Le 27 mai 2011

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181. Rosaire

Nom

On retrouve dans rosaire le mot rose, la couronne de roses offerte à Marie, comme le chapelet était un petit chapeau de roses

Histoire :

Au début du Moyen Age, dans les couvents et monastères, des frères ne savent pas lire. Comment peuvent-ils prier, alors que l’office et la messe sont écrits en latin ? La réponse viendra de l’usage du chapelet, en le reliant aux évènements du salut : ainsi le rosaire naitra au fur et à mesure. Il sera utilisé hors les monastères avec les contributions de St Bernard de Clairvaux, de St Bonaventure, de St Louis Marie Grignon de Montfort, la vénérable Pauline Jaricot, et récemment du bienheureux Jean Paul II.

Composition :

Suite à l’encyclique Rosarium Virginis Mariae de Jean Paul II, on médite en récitant un chapelet sur chacun des 20 mystères, comprenez moment de la Révélations :

1 Les Mystères Joyeux : L’Annonciation – La Visitation – Noël – La Présentation au Temple – Les Retrouvailles au Temple.

2 Les Mystères Lumineux : Le Baptême du Christ – Les Noces de Cana – L’annonce du Royaume de Dieu – La Transfiguration – L’institution de l’Eucharistie.

3 Les Mystères Douloureux : Gethsémani – La Flagellation - Le Couronnement d’épines – Le Portage de la Croix – La Crucifixion

4 Les Mystères Glorieux : La Résurrection - L’Ascension – La Pentecôte – L’Assomption de Marie – Le Couronnement De Marie Au Ciel

Tout ne correspond pas directement à des passages de la Bible, mais indirectement, on peut rapprocher un passage biblique à chaque mystère, en prenant un verset comme méditation d’une dizaine de chapelet.

Utilisation

Le Rosaire fait partie des usages recommandés aux chrétiens. Beaucoup de groupes répartissent les 20 mystères sur la semaine, mais, selon les possibilités, on peut le faire sur plus.

Le 14 juin 2013

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182. Rubrique

La semaine dernière, nous avons vu le sens des mots rites et rituel. De ce fait, nous avons dû mentionner le mot rubrique.

Rubrique tire son origine du mot latin rubrica désignant d’abord la terre rouge, puis des craies rouges, et ensuite les inscriptions en rouge, comme le titre et les chapitres d’un livre.

En liturgie, cela désigne donc les textes écrits en rouge dans les livres liturgiques.

Dans un rituel, comme le missel romain, les rubriques sont les indications en petits caractères insérées dans le texte. Elles disent les choix de texte ou les gestes à faire par le célébrant principal et/ou ceux qui l’aident.

Elles ne sont pas à lire à voix haute. Elles sont, le plus souvent, un rappel bref des prænotandæ dont nous parlerons une semaine prochaine.

27 novembre 2015

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183. Sabaoth

Après Alléluia, amen, et hosanna, encore un mot d’origine hébraïque : Sabaoth.

Le nom de Dieu est imprononçable : tétragramme YHWH, mais pour le dire, il y a de nombreuses tournures de phrases dont Elohei Tzevaot (Dieu des armées).

Le mot tzevaot isolé signifie toujours « armées ». Cette façon de nommer Dieu se trouve essentiellement dans les livres prophétiques (Isaïe une dizaine de fois, par exemple). Le mot translittéré en grec et en latin sans être traduit en Sabaoth est repris dans la liturgie catholique.

Dans la traduction française approuvée par Rome, Deus Sabaoth est traduit par Dieu de l’Univers, plus évangélique que l’acclamation guerrière d’origine.

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184. Sacré cœur (fête)

Au XVII° siècle, la France est en train de basculer vers le jansénisme, vision étroite de l’amour de Dieu réservé à un petit nombre de « prédestinés », les autres étant damnés par Dieu à priori. Une religieuse de la Visitation à Paray le Monial, Marguerite-Marie Alacoque, reçoit dans des visions la révélation de l’amour de Jésus pour tous, marqué dans son cœur. Le confesseur de Marguerite Marie, Saint Claude de La Colombière a aidé sainte Marguerite-Marie Alacoque à répandre ce culte du Sacré-Cœur. Au XVIII° siècle, Marie Lezczinska, reine de France, épouse de Louis XV, contribuera à étendre à tout le royaume de France cette fête.

En 1856, le Pape Pie IX étend la Fête du Sacré-Cœur à l’Église universelle. Ensuite, toujours au XIX° siècle, à Porto, au Portugal, une autre religieuse, de la Congrégation du Bon Pasteur de Porto, au Portugal, Sœur Marie du Divin Cœur, comtesse Droste zu Vischering reçoit des confirmations de cet amour brûlant de Jésus pour tous. Elle convaincra Léon XIII de consacrer tous les humains au Sacré Cœur.

27/06/2014

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185. Sacrement de l’ordre

Du latin ordo : « rang », « succession ». Toute communauté de personnes, toute société, comporte une structure interne, même la « société » du Père, du Fils et du Saint-Esprit (cf. 1 Jn 1, 3 : societas dans la Vulgate).

De même que le Père envoie son Fils — et non inversement —, de même le Christ envoie ses apôtres pour continuer sa mission dans l’espace et dans le temps, les dotant des moyens nécessaires à l’exercice de leur fonction : en plus du don de l’Esprit reçu par le baptême et la confirmation pour l’annonce de l’Évangile, ils reçoivent le don de l’Esprit Saint pour leur tâche spécifique : être présence du Christ construisant l’Église au milieu des baptisés (Jn 20, 21-22 ; cf. Mt 3, 16), tout comme les mariés reçoivent l’Esprit Saint dans le sacrement du mariage pour leur tâche spécifique.

Le sacrement de l’ordre donne à l’Église sa structure et son ordonnance interne, lui procurant les signes vivants et efficaces de la présence de son Seigneur.

Pour comprendre le sacrement de l’ordre, il ne faut donc pas se demander ce que le presbytérat ajoute au diaconat, ou ce que l’épiscopat ajoute au presbytérat, mais partir de l’évêque et voir comment les prêtres et les diacres ont part, diversement, à la mission du Christ et à ses pouvoirs.

L’évêque a la plénitude du sacerdoce ; il est, dans son église, le principe de tout l’ordre sacré. Prêtres et diacres participent, à des titres divers, à la plénitude de sa mission et de ses pouvoirs, les uns dans la ligne du sacerdoce, les autres dans la ligne du service.

Dans les trois cas, le rite essentiel du sacrement de l’ordre est l’imposition des mains suivie de la prière consécratoire.

La spécificité du rôle liturgique du diacre est mise en évidence pendant la messe d’ordination :

Recevez l’Évangile du Christ, que vous avez la mission d’annoncer.

Soyez attentif

à croire à la Parole que vous lirez,

à enseigner ce que vous avez cru,

à vivre ce que vous aurez enseigné.

Le diacre est spécialement chargé de partager aux fidèles le corps et le sang du Christ :

L’évêque :

Voulez-vous conformer toute votre vie à l’exemple du Christ dont vous prendrez sur l’autel le corps et le sang pour le distribuer aux fidèles ?

Charles :

Oui, je le veux, avec la grâce de Dieu.

D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Éditions CLD
Et le rituel de l’ordination des diacres
Le 30 septembre 2011

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186. Saint sacrement
(fête)

Avant le XIII° siècle, cette fête n’existait pas. Elle est apparue au XIII° siècle à la suite d’une vision qu’a eu vers 1210 une religieuse, sainte Julienne de Cornillon, du diocèse de Liège. Il s’agit bien de reconnaitre la présence réelle du Seigneur, caché dans l’hostie.

Devant le Corps du Christ, devant le Christ, nous nous présentons d’abord pour le recevoir, ensuite pour être cœur à cœur avec lui, et enfin, à le porter aux autres, par le témoignage de vie et quand c’est possible, par la parole. Il ne faut oublier aucune de ces 3 étapes : accueil, écoute et témoignage.

Le premier formulaire d’une messe en l’honneur du Saint Sacrement a été composé en 1246 dans le diocèse de Liège. Puis on a utilisé un nouveau formulaire, œuvre de saint Thomas d’Aquin.

Le pape Urbain IV en 1264 a étendu la fête du Saint Sacrement à l’Église universelle, mais cette fête a eu de la peine à s’imposer chez les évêques et les théologiens, tandis qu’elle est devenue une fête très populaire en Espagne et Italie. Cette fête était appelée fête du Corpus Christi ou fête du Saint Sacrement. Le nom de Fête Dieu n’existe qu’en français.

La date de principe est le jeudi qui suit la fête de la Sainte Trinité c’est-à-dire soixante jours après Pâques. Mais là où ce jeudi n’est pas férié, la Fête du corps et du sang du Christ est repoussée au dimanche qui suit la Sainte Trinité en vertu d’un indult papal pour permettre la participation de tous les fidèles.

20/06/2014

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187. Sainte trinité
(fête)

La révélation chrétienne contenue dans la Bible, la Parole de Dieu nous montre à la fois

  • un Dieu Unique, et

  • Jésus qui se reconnaît fils de Dieu de façon singulière et

  • l’Esprit de Dieu se répandant sur les disciples à la Pentecôte, puis plusieurs fois encore dans les Actes des Apôtres.

Les théologiens des premiers siècles, les Pères de l’Église ont conduit la réflexion sur ces 3 points, à travers des débats parfois orageux où le sens des mots a dû être précisé. En résultat de tout cela, au Concile de Chalcédoine, en 451 on a pu dire en même temps, que :

  • Dieu est Un

  • Dieu est constitué de 3 personnes, le Père et le Fils, dont l’Esprit Saint est l’Amour vécu entre le Père et le Fils.

C’est ce que nous disons dans le Credo et que nous fêterons plus spécialement le dimanche après la Pentecôte.

22 mai 2015

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188. Saints en liturgie

D’ABORD, POURQUOI DES SAINTS ?

C’est la question que me posent certains protestants. C’est une question légitime. Ma réponse, avec l’Église catholique, et nos frères orthodoxes est qu’il y a des saints que nous connaissons et d’autres qui sont ignorés. Être saint, c’est l’objectif de tout chrétien : saint Paul s’adresse « aux saints qui sont à …. », en envoyant une lettre à une communauté chrétienne.

En fait, tout baptisé, au mieux, essaie de suivre Jésus Christ et Seigneur, si et quand il veut vivre son sacrement de baptême et ainsi, il est au moins un saint en devenir.

Mais, quand je vis cela, je me découvre précédé, accompagné, entouré de frères adoptifs, d’enfants de Dieu. Certains sont physiquement autour de moi, d’autres non.

Certains parmi eux, vivants ou morts, sont, pour moi, des modèles, pour telle ou telle façon de vivre, de prier, d’agir, d’être fidèles à l’Évangile.

Parmi ceux qui sont déjà morts, au travers d’un long processus de discernement, l’Église nous propose des modèles confirmés : les saints canonisés. Il y en a tant, et une telle variété, que nous pouvons trouver, parmi eux, plusieurs exemples de vie évangélique et de prière qui nous concernent personnellement, directement et intimement.

Ainsi, en vie chrétienne, on n’est jamais seul : Dieu et les saints nous entourent : c’est la communion des saints que nous affirmons dans le Credo.

ET EN LITURGIE ?

Maintenant, la question, tout aussi légitime, qui m’a été posée : que viennent faire les saints dans la prière. Si nous croyons à la communion des saints, nous ne sommes jamais seuls en vie chrétienne. Cela doit se retrouver en liturgie sauf à dissocier foi et prière contrairement à l’adage lex orandi lex credendi.

PRIER AVEC LES SAINTS

En liturgie, comme Pie X l’a rappelé, on ne prie donc pas seul, la messe ou l’office divin ne sont pas des actes privés, on prie toujours « dans la communion des saints », avec ceux qui sont là – les saints en devenir que nous pouvons être –, avec les autres enfants de Dieu partout dans le monde, et avec ceux qui nous ont précédé et ceux qui nous suivront.

Plusieurs fois dans la messe, on en fait mention (je confesse à Dieu, préface, prière eucharistique…)

RELIQUES ET AUTEL

Pas d’autel sans relique de saints. L’autel est le lieu où – toujours dans la communion des saints présidée par le Christ – nous prenons part à la Cène, à la Passion et à la Résurrection du Christ (anamnèse après la consécration). Un saint nous relie, à sa façon, à cette Pâque.

FÊTER LA NAISSANCE AU CIEL DES SAINTS : FOI EN LA RÉSURRECTION, FOI EN CHRIST RESSUSCITÉ

Quand, après un long processus de discernement, l’Église reconnaît qu’un baptisé est saint, elle nous dit qu’il ou elle est déjà auprès de Dieu, avec Jésus, le premier d’une multitude de frères. Être auprès de Dieu, c’est être ressuscité, c’est chanter la louange de Dieu.

Alors nous pouvons joindre notre prière à celle des saints. Nous pouvons nous souvenir de l’exemple de ce baptisé, dans la vie concrète, comme reflet de la sainteté de Dieu, comme modèle et accompagnant dans la prière et dans la vie. Pour cela, de préférence « au jour de sa naissance au ciel », l’Église me propose de me souvenir de lui et de ce qu’il a été, des exemples qu’il a donné, bref, d’en faire mémoire. Reste à se limiter pour ne pas être trop long.

Le 31 août 2012

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189. Sanctus ou trisagion

Du grec tris – agios = trois fois saint et du latin sanctus = saint.

Acclamation à la Trinité dans la liturgie, avec deux formes l’une latine, le Sanctus, et l’autre qui a gardé le mot grec. Le texte en est similaire et non identique..

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit,

maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.

Saint Immortel, aie pitié de nous.

Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous.

La plus grande différence est dans la place de cette louange dans la messe : dans la liturgie de la Parole pour le monde oriental et à la fin de la préface dans la liturgie latine.

Mais ceci n’a rien d’exclusif : les fraternités monastiques de Jérusalem l’utilisent sous sa forme orientale traduite en français dans la liturgie des heures.

25 janvier 2013

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190. Scrutin

Du latin verbe scrutor : fouiller, rechercher. Dans la préparation directe du baptême, c’est au cours d’une messe, normalement dominicale, la préparation au baptême, du catéchumène (adulte ou adolescent), qui se laisse regarder attentivement par le Christ, pour que Celui-ci le prépare à recevoir les sacrements de l’initiation.

Après l’homélie, on prie pour les catéchumènes, pour les libérer de toute attache au mal. C’est le moment aussi pour la communauté paroissiale de marquer davantage son accueil de ceux qui la rejoignent.

Ils sont célébré normalement les 3èmes, 4ème et 5ème dimanche de Carême, mais en cas d’impossibilité d’autres dimanches de Carême et même les jours de semaine. Ils utilisent toujours les Évangiles de l’année A, respectivement les Évangiles de la Samaritaine, de l’aveugle de naissance et de la résurrection de Lazare.

Mercredi 24 février 2016

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191. Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens

La division des chrétiens est une offense à la volonté de Dieu et un obstacle à l’annonce de l’Évangile. Les derniers papes nous l’ont rappelé. Le pape François, par exemple, le 22 janvier 2014 nous dit : « Le Christ serait-il divisé ? ». Non, le Christ n’est pas divisé, mais nous devons reconnaître avec franchise et regret que la division des chrétiens constitue un scandale. Un véritable scandale ! ».

Cette unité est, à vues humaines irréalisable, les raisons de séparation, culturelles et aussi théologiques ou ecclésiologiques étant trop importantes. Il nous faut donc demander à Dieu d’inspirer les voies et moyens d’y parvenir. C’est l’objectif de la semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier : toutes les confessions chrétiennes s’unissent pour prier en même temps. La semaine qui précède, nos frères protestants prient pour que le protestantisme retrouve son unité et nous pouvons aussi nous associer à leur prière.

Chaque année, le Conseil œcuménique des Églises (COE) et le secrétariat pour l’unité des chrétien, service du Vatican, préparent ensemble, avec un pays chaque fois différent, cette semaine de prière.

La prière commune est aussi l’occasion de rencontre pour mieux comprendre les différences culturelles.

Un autre temps de prière, en mars, dit « prière des femmes pour l’unité » existe de façon analogue et aux mêmes fins.

24 janvier 2014

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192. Semaine sainte

À la fin du Carême, notre route vers Pâques, l’Église se remémore les évènements de la vie du Christ qui ont précédé la Résurrection : le dernier repas, l’arrestation, le jugement inique, la mise à mort.

Le dimanche des Rameaux est un résumé-programme de cette semaine

Le Jeudi Saint fait revivre le dernier repas, repas de Pâques de Jésus avec les siens. Pour cela, il n’y a qu’une seule messe dans une paroisse.

Le Vendredi saint nous fait revivre la mort du Seigneur pour nous.

Le Samedi saint est un jour d’attente avant la nuit de Pâques.

Pendant cette semaine a lieu la messe chrismale où les clercs renouvellent leur engagement dans le sacrement de l’ordre et où sont bénis le saint chrême, l’huile des malades et l’huile des catéchumènes.

Le 30 mars 2012.

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193. Signe de croix

Entrée dans la prière

Au début et à la fin de chaque moment de prière, nous nous « habillons de Dieu » selon le mot du poète Jean Debruyne. Nous nous marquons de la croix du Christ, croix glorieuse parce qu’elle ne prend tout son sens que dans le passage mort et résurrection.

Nous nous marquons de la Trinité, car se marquer de la croix, c’est se réclamer de l’action de Dieu, Un et Trinité : Père Fils et Saint Esprit.

C’est le premier signe du Baptême, que ce soit celui d’un enfant ou d’un adulte.

Histoire

Dès le II° siècle et après, les Pères de l’Église parlent de ce sceau de Dieu qui nous marque, Signe de l’agneau immolé de l’Apocalypse de Saint Jean. Un peu à la fois, avec Saint Ambroise de Milan, on est passé d’un signe sur le front à un signe plus large. On se signait alors indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche. On utilisait le pouce pour un signe de croix sur le front, comme on l’a conservé pour l’Évangile, puis quand on s’est signé le corps, on a utilisé progressivement 2 puis 3 doigts puis toute la main. C’est après la séparation Orient Occident que le sens de signation est devenu un repère confessionnel :

occident de gauche à droite et

orient de droite à gauche avec des particularités nationales.

La Réforme contestera l’utilisation de ce signe.

Comment se signer aujourd’hui :

On se touche d’abord le front de la main droite « au nom du Père », puis on descend largement à la ceinture « et du Fils », et la main droite continue en touchant l’épaule gauche « et du Saint Esprit » puis l’épaule droite « Amen ».

21 juin 2013

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194. Solennité / fête / mémoire

Tous les jours de l’année ne se ressemblent pas. Dans chaque famille, fêtes, et anniversaires sont marques de la façon particulière à cette famille. L’Église, comme famille a aussi ses jours particuliers marqués dans son calendrier liturgique



Le calendrier liturgique est fait des temps liturgiques, avec les dimanches. D’autres jours ont leur importance : les solennités, les fêtes et les mémoires.

O Les solennités : il y en a 15 dans l’année : ce sont des jours plus importants que les dimanches même, par exemple la Nativité le 25 décembre ou Saint Pierre et Saint Paul le 29 juin.

O Les fêtes, il y en a 25. Elles sont un peu moins importantes que les solennités, elles passent après les dimanches : exemple, les fêtes des apôtres et des évangélistes.

O Les mémoires : il y en a 66 : ce sont principalement les fêtes des saints importants. À cela, on peut ajouter les mémoires facultatives environ 100 saints moins significatifs.



Dans chaque diocèse, on ajoute aux solennités la dédicace de la cathédrale. Des fêtes ou des mémoires locales existent aussi dans chaque diocèse ou chaque ville. Chaque diocèse a donc son calendrier, fait du calendrier romain et des particularités locales.

Le 23 décembre 2011

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195. Symbole

Mot d’origine grecque signifiant « mettre ensemble » (). Il désigne à l’origine le rapprochement de deux pièces de poterie, signe d’une alliance, d’un traité, d’un contrat. Leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr. Le symbole est aussi un mot de passe. C’est tout le contraire du diable ( = séparer ; diabolos = le diviseur).

Pythagore fait du symbole le signe visible d’un enseignement profond et abstrait.

Pour des chrétiens, symbole a plusieurs sens

Symbole des apôtres désigne un résumé de la foi, dont l’expression n’est compréhensible qu’avec une explication, une catéchèse pour rester dans les termes grecs.

Un acte symbolique a un sens caché, profond : verser de l’eau sur le front d’un bébé dans une église a, sous l’aspect d’un geste de lavage, la transformation d’un petit d’homme en enfant de Dieu, le lavant de tout mal. La plupart des gestes et des actes de la liturgie ont ainsi un sens évident, qui rappelle, moyennant une explication, à un sens plus profond.

Le 18 janvier 2013

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196. Synode

Mot d’origine grecque : sun odos : sun = avec ; odos : chemin, ou, en grec attique, oudos seuil : d’où soit chemin ensemble ou franchir le même seuil : entrer dans une maison commune.

  • Dans l’Église catholique, ce fut d’abord un synonyme de concile, mais au XX° siècle, l’usage s’est précisé : le concile concerne l’Église universelle représentée par tous les évêques ; et le synode

    • une réunion d’évêques, convoquée par le pape (synode de l’Église),

    • une réunion de prêtres et de laïcs, convoquée par l’évêque (synode diocésain) ou par les évêques d’un secteur donné (synode provincial, comme actuellement les diocèses de Lille – Arras – Cambrai), pour préparer des décisions de l’évêque ou des évêques du secteur concerné sur un thème donné.

  • Dans l’orthodoxie, c’est le conseil permanent d’un évêque ou d’un patriarche.

  • Dans le monde protestant, ce sont des assemblées délibératives de représentants élus ou nommés par les paroisses, les conseils régionaux…

Le synode est toujours un acte liturgique, car il commence et finit toujours dans la prière.

5 septembre 2014

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197. Tabernacle

Dieu demande qu’on Lui construise un sanctuaire même si le peuple est au désert, démuni, nomade. Il veut habiter au milieu de son peuple : «Ils me feront un sanctuaire que je puisse résider parmi eux.» (Ex 25,8) Ce sera donc d’abord un lieu nomade : la Tente de la Rencontre.

En latin, le mot «tabernaculum» signifiait «tente» et rappelait cette Tente de la Rencontre, ce sanctuaire nomade qui, durant le séjour des Hébreux au désert, abritait l’Arche d’Alliance dans laquelle se trouvaient les Tables de la Loi. (Ex 25-36).

Ce sera Salomon qui construira le premier Temple. (1Rs ch. 5-7 et 8,1-13 et 2 Ch 1,18 à 7,10). Et l’Arche disparaîtra définitivement lors de la ruine de Jérusalem (586 av. JC). (Jos 3,3 ; 1S 4-6 ; 1R 8, 3-9.)

Comme Moïse s’entretenait avec le Seigneur dans la tente de la Rencontre, nous sommes invités aujourd’hui à nous recueillir devant le tabernacle. Cette petite armoire verrouillée incluse ou non dans une œuvre d’art –comme ici à NDP- est apparue au XVI° siècle. D’abord destinée à conserver à l’usage des malades (viatique), les hosties consacrées qui demeurent après la communion, cette réserve eucharistique est maintenant devenue «présence réelle» pour tous les fidèles. Elle est éclairée en permanence pour signifier la présence du «Corps du Christ, lumière du monde».

ND de Pentecôte Dessine moi une espérance 462
Le 8 avril 2011

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198. Temps de la messe

  1. Réunion (chant – procession)

  2. Se mettre devant Dieu et donc se reconnaître loin de Lui

  3. chanter sa gloire

  4. le prier (oraison = collecte)

  5. La table de la Parole=écouter Dieu (Dt 8,3 cité dans Mt 3,4) « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. »

  • Ancien Testament

  • Psaume

  • Nouveau Testament

  • Évangile et son acclamation

  • Homélie

  • Profession de foi

  • Prière universelle

  1. La table du Pain partagé (Lc 22,19-20) « Puis il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : ‘‘Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. ’’ Et pour la coupe, il fit de même à la fin du repas, en disant : ‘‘Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous’’. »

  • Préparer la Table

  • Dire merci (préface)

  • Faire mémoire (Canon ou synaxe, terminé par une doxologie et le ‘‘Notre Père’’)

  • Faire la paix

  • Reconnaître le Seigneur et se nourrir

  • Redire Merci

  1. Être envoyé en mission

Le 6 mai 2011

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199. Temps de Noël

C’est le temps qui commence le 24 décembre au soir (se souvenir que le jour liturgique commence au coucher du soleil), qui se poursuit par la fête de la Sainte Famille, l’Épiphanie et se termine par le Baptême du Seigneur. C’est un temps de fête : on y marque les différents aspects de l’Incarnation : Jésus prend le temps de naître, de grandir comme tout enfant, d’apprendre et d’exercer un métier, avant de commencer l’annonce de la Bonne Nouvelle du Salut : Dieu nous sauve du mal.

Dieu a pris le temps alors que nous sommes dans un monde pressé, en recherche d’efficacité maximale. Apprenons de Dieu cette façon de ne pas brûler les étapes, de respecter la croissance humaine de nos frères et sœurs chrétiens, de vivre chaque moment présent, sans nous attarder dans hier qui n’est plus, ni demain qui n’est pas encore.

2 janvier 2015

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200. Temps ordinaire

C’est, croit-on, ce qui reste du temps liturgique quand on a retiré le temps consacré à l’Incarnation, (avent et temps de noël) et au mystère du Salut (Carême et Pâques).

En fait, ordinaire veut dire selon l’ordre, c’est-à-dire le temps ordonné, le temps normal du chrétien.

C’est le temps de l’Église, c’est-à-dire le temps des chrétiens. Pour quoi faire ?

  • La prière, le service et le témoignage.

  • La prière, pour se faire transformer par Dieu,

  • Le service, c’est la façon chrétienne de vivre,

  • Le témoignage, comme le dit St Pierre (1P 3,15) être prêt à « répondre à qui vous demande de l’espérance qui est en vous ».

Le 8 juin 2012

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201. Temps pascal

C’est le temps qui va du dimanche de Pâques au dimanche de la Pentecôte, soit sept semaines.

Ce temps commence par «la semaine en blanc ‘‘in albis’’, semaine ou les nouveaux baptisés, les néophytes portaient le public le vêtement blanc de leur baptême. Cette semaine, l’Église ‘‘bégaie’’ sa joie de Pâques, en fêtant chaque jour comme le jour de Pâques office du jour de Pâques, messes ‘‘de Pâques’’ qui passe avant les saints et les autres fêtes. Cette semaine se termine par le dimanche de la miséricorde où est célébrée la grâce du pardon de Dieu toujours offert.

Ensuite les 6 semaines suivantes sont toutes colorées de la joie de la Résurrection.

L’Ascension marquera le départ du Seigneur vers son Père et la Pentecôte célébrera le don de l’Esprit Saint à tous les disciples du Christ, c’est pourquoi on y célèbre souvent la confirmation des néophytes

Le 13 avril 2011.

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202. Tierce sexte none

Temps de prière court, à la 3ème, 6ème et 9ème heure du jour, soit à 9h, 12h et 15h. Ils sont prévus pour ceux qui suivent une règle contemplative (monastères …)

Il est demandé aux prêtres de prendre un de ces 3 temps de prière au milieu de la journée.

Ces temps de prière sont composés :

  • d’une hymne, choisie selon le temps liturgique et l’heure

  • de 3 psaumes ou morceaux de psaumes pour les psaumes très longs

  • d’un texte bref de la Parole de Dieu

  • d’une prière de conclusion.

12 juillet 2013

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203. Toussaint

Sens

C'est la fête de tous les saints, connus ou inconnus qui n'ont pas de date assignée. C'est la multitude que décrit la lecture du livre de l'Apocalypse : ''j'ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.'' . Nous pouvons espérer y être et retrouver ceux qui nous ont précédé et qui nous suivront dans la fidélité au Christ.

Histoire

Au départ (II°-V° siècle), on ne célébrait que les martyrs connus localement. On a commencé progressivement à vouloir célébrer tous les martyrs, qui étaient donc en partie inconnus, faute de liste centralisée comme aujourd'hui. Puis on a continué en y associant les saints connus localement aussi.

En 610, le pape Boniface IV fixe la fête au 13 mai. Il fait à cette date transférer solennellement les reliques des catacombes de Rome dans le Panthéon qui devient l'église Ste Marie des martyrs. Puis Grégoire III déplace la fête au 1er novembre. C'est en 835 que le pape Grégoire IV l'étend à toute l'Église ; enfin, c'est Pie X qui en fait une fête solennelle.

Cette date du 1er novembre coïncide avec une ancienne fête païenne de l'Europe du nord, inconnue à Rome, celle du dieu Samain.

Le lendemain 2 novembre est jour de prière pour les défunts de nos familles . C'est une autre histoire et pour une prochaine fois.

21 Octobre 2016

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204. Transfiguration du Seigneur

Après l’annonce de la Passion et la réaction de Pierre, l’Évangile (Mt 17, 1-8 & Mc 9, 2-10 & Lc 9, 28-36) décrit la Transfiguration du Seigneur. Les points clé de ce récit :

  • L’annonce de la Passion,

  • La présence de Moïse et d’Élie, dont on ne connait pas la tombe, indice de résurrection,

  • La voix du Père, dont la nuée manifeste la présence (cf. Ex 14,21),

  • Le message : Jésus est le Fils bien aimé.

  • Jésus apparait dans la vérité de sa condition de Fils de Dieu.

Les mêmes Pierre Jacques et Jean seront présents à Gethsémani lors de la
Passion : ils ne seront à même de comprendre le sens de tout cela qu’après la Résurrection que cet évènement annonce.

La fête de la Transfiguration est très ancienne dans l’Orient chrétien. Elle fut très tôt fixée au 6 août, en plein été. En Occident, après avoir été longtemps fête locale, elle fut constituée fête universelle après la victoire en 1456 des milices hongroise sur l’armée turque qui assiégeait Belgrade, 3 ans après la chute de Constantinople.

Nous fêtons la transfiguration le même jour que les chrétiens byzantins, coptes et syriens

04/07/2014

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205. Transsubstantiation

C’est le terme scholastique pour désigner la transformation du pain et du vin en corps et sang du Christ. Malheureusement, le mot ne nous parle plus directement et nous risquons de perdre de la compréhension de ce que nous disons et pensons de la présence du Christ. Quand nous faisons ce que le Christ nous a laissé comme signe de sa présence, il est réellement, quoiqu’invisiblement là, offert à son Père et offert à nous.

Mais ce n’est pas le Christ d’avant la Résurrection, lié au contraintes humaines, c’est le Ressuscité qui est là, même quand les portes sont fermées.

Jn 20,19 Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Alors, avec la Résurrection, même le pain et le vin ne sont plus seulement ce qu’ils semblent être. Et cela concerne notre vie :

Jn 6,54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

Alors, comme le dit St Paul, si l’Esprit a ressuscité Jésus, l’Esprit nous ressuscitera, nous aussi (Rm 8,11)

29 avril 2016

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206. Triduum pascal
/1

C’est la transcription en Français d’une expression latine : tres dies, signifiant 3 jours, déclinée à l’accusatif. Ce sont :

  • le Jeudi Saint, Repas du Seigneur

  • le Vendredi Saint mort de Jésus en croix

  • et le Samedi Saint, résurrection de Jésus-Christ.

C’est le centre de l’année liturgique ; ce sont les 3 jours source de notre foi. Les temps de prière de ces 3 jours sont différents du reste de l’année liturgique, avec

  • Le repas du Seigneur et le lavement des pieds

  • L’office de la Croix, et

  • La veillée Pascale.

C’est pour vivre plus profondément ces 3 jours que nous parcourons le chemin du Carême.

7 mars 2015

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207. Triduum pascal
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En latin tres : « trois » et dies : « jour ».

Le Triduum pascal, qui va de la messe du soir le Jeudi saint (le jour commence au coucher du soleil !) au dimanche de Pâques inclus, est le pivot de l’année liturgique. De la Cène à la Résurrection il y a bien trois jours dont le Seigneur Jésus a parlé :

Mt 12 39 Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne sera donné que celui du prophète Jonas. 40 Car Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits ; de même, le Fils de l’homme restera au cœur de la terre trois jours et trois nuits.

Jn 2 (après avoir chassé les marchands du temple,) 18 Les Juifs interpellèrent : Jésus « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? » 19Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »

Unis dans ces trois jours, la Cène, la Passion et la Résurrection, qu’il ne faut jamais séparer constituent la Pâque, le passage du Seigneur Jésus, qui nous ouvre le chemin de la « maison ».

D’après Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés
Le 4 avril 2012

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208. Triduum pascal
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Le centre et le sommet de l’année liturgique.

En trois jours (tri-duum) nous fêtons

  • Jeudi Saint : l’institution de l’eucharistie « faites ceci en mémoire de moi », avec ses conséquences dans l’organisation de l’Église : les évêques et les prêtres président au nom du Christ le « mémorial » : chaque messe est une actualisation de ce repas ;

  • Vendredi Saint : l’amour de Dieu poussé jusqu’à accepter de mourir pour nous en Jésus : Jésus – Dieu donne sa vie par amour pour chaque être humain ;

  • Samedi Saint : la Résurrection qui seule donne force et sens comme le dit Saint Paul à l’institution du « Repas du Seigneur » et à la mort sur la Croix : « si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi, et vaine notre espérance.

Ces trois évènements sont intimement liés l’un à l’autre, et chaque dimanche, nous sommes appelés à les rendre actuels dans notre vie

15 avril 2014

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209. Vêpres

Du latin vespera = soir

Cet office du soir est composé

  • d’un hymne, choisi selon le temps liturgique et/ou la fête du jour,

  • de deux psaumes

  • d’un cantique du Nouveau Testament,

  • d’un texte bref de la Parole de Dieu,

  • du Cantique de Marie,

  • d’un temps de louanges et d’intercession,

  • de la prière du jour.

Cet office se conclut par la bénédiction et l’envoi.

Nota : les fraternités monastiques de Jérusalem commencent cet office par le rite très ancien du lucernaire : on allume des cierges pour signifier que Jésus est la lumière pour traverser la nuit et arriver au jour

Jésus priait les psaumes, comme les juifs le faisaient et le font encore.

Voir le mot Bréviaire pour une vue d’ensemble.

Le 10 mai 2013

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210. Vigile

En latin : vigilia = veille nocturne, garde de nuit, vigilance, poste de garde.

Depuis les origines de l’Église, le jour commence au coucher du soleil.

Les fêtes les plus importantes commencent par un temps de prière du soir qui commence la fête (pour nous du lendemain), d’abord pour Pâque avec la veillée pascale, mais aussi plus modestement avec un office de Vêpres particulier, les premières vêpres de la fête, ou vigiles, la veille au soir pour les jours de solennité, jours importants, mais moins que Pâque.

C’est ainsi que nous nous préparons, vigilants, attentifs, à célébrer ces jours, par exemple, la Transfiguration, le 6 août ou l’Assomption le 15 août.

10 juillet 2015

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211. Visitation

31 mai : Visitation de la Vierge Marie. C’est la fête qui clos le mois dédié à Marie.

Luc nous raconte que Marie voulut partager l’Annonce de l’Ange avec sa cousine Élisabeth, enceinte comme elle. Elle ne pouvait pas encore la partager avec Joseph qui, pour le moment, n'aurait pu la comprendre. Et Jean-Baptiste partage cette allégresse en tressaillant dans le sein de sa mère.

La fête de la Visitation commémore la sainte Rencontre de deux enfants à naître et le Magnificat qui jaillit du cœur de Marie.

En 2015, la fête de la Visitation tombait le même jour que la Solennité de la Sainte Trinité, c’est pourquoi nous n’avons pas fêté la Visitation cette année.

5 juin 2015

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